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Des informations en provenance de la Maison Blanche laissent entendre que Trump aurait imposé des limites à son partenaire Netanyahu et que les États-Unis n’auraient pas fourni de défense antimissile lors des derniers échanges de tirs

Trita Parsi

On ne sait pas encore clairement si les efforts de l’Iran pour établir une nouvelle donne dans la région ont véritablement abouti — une donne dans laquelle, pour la première fois, l’Iran frapperait directement Israël si ce dernier attaquait le Liban.

Ce qui est clair, c’est que les événements récents suggèrent que le paysage stratégique pourrait être en train de changer. Israël a choisi de défier le président Trump et de mener des frappes contre l’Iran. Pourtant, selon des sources tant iraniennes qu’américaines, ces attaques israéliennes semblent avoir été délibérément calibrées pour infliger des dégâts limités, reflétant peut-être la pression américaine visant à éviter une escalade plus large.

L’Iran, pour sa part, a riposté en frappant Israël une nouvelle fois après les attaques israéliennes. L’ampleur totale des dégâts causés par les deux vagues d’attaques iraniennes reste toutefois inconnue, en raison de la censure militaire israélienne très stricte. Par conséquent, les observateurs extérieurs ne disposent toujours pas d’une vision complète des conséquences militaires et stratégiques de ces échanges.

Le véritable test pour déterminer si une nouvelle équation régionale a vu le jour ne réside peut-être pas dans ce qui s’est déjà passé, mais dans ce qui va suivre. Plus précisément : Israël frappera-t-il à nouveau Beyrouth ?

Même s’il le fait, les décideurs israéliens devront désormais tenir compte d’un coût qui n’existait pas auparavant : la probabilité d’une riposte iranienne directe contre Israël. Pendant des décennies, Israël a joui d’une liberté de manœuvre quasi totale dans une grande partie de la région. Il pouvait bombarder des cibles au Liban à sa guise sans avoir à faire face à des coûts significatifs imposés par des tiers. Cette hypothèse pourrait ne plus tenir.

Dans le même temps, les États-Unis ont clairement signalé qu’ils n’avaient plus l’intention de participer activement à la confrontation entre Israël et l’Iran. La Maison Blanche a, par exemple, déclaré qu’elle n’avait pas pris part à la défense d’Israël cette fois-ci. Si cela s’avère vrai, ce serait une première et une évolution très inquiétante pour Israël. La volonté de Washington d’éviter toute implication directe est devenue de plus en plus évidente, même s’il continue à soutenir Israël par d’autres moyens.

Considérés dans leur ensemble, ces développements suggèrent qu’une nouvelle réalité stratégique pourrait être en train de se dessiner. La situation reste floue, et il est bien trop tôt pour affirmer qu’un cadre de dissuasion durable a été établi. Beaucoup dépendra des actions futures d’Israël, des réponses iraniennes et de la mesure dans laquelle les deux parties intériorisent les risques d’escalade.

Mais si Israël doit désormais peser le pour et le contre d’une riposte iranienne directe avant de frapper le Liban, c’est qu’un changement important s’est produit. Reste à voir si ce changement s’avérera temporaire ou durable.

La question suivante est de savoir si cette nouvelle donne peut se traduire par un regain de dynamisme dans la diplomatie entre les États-Unis et l’Iran.

Les Iraniens estiment que leur action a démontré aux États-Unis que la valeur du mémorandum est si faible que l’Iran est prêt à risquer un effondrement total de la diplomatie. L’espoir est que Trump cède sur ce qui semble être le dernier point d’achoppement des négociations, à savoir la libération de 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés.

Trump, quant à lui, pourrait estimer que les échanges de tirs ont démontré à la fois le coût pour l’Iran si une guerre à grande échelle venait à éclater à nouveau, ainsi que sa capacité à imposer certaines contraintes aux Israéliens. En conséquence, les Iraniens devraient avoir confiance dans la capacité de Trump à respecter sa part du marché et ne pas insister sur la libération des avoirs dès le début du protocole d’accord.

Mais toutes les parties doivent en être conscientes : si aucun progrès n’est réalisé dans les 72 prochaines heures, Netanyahou pourrait se sentir une nouvelle fois enhardi et tenter de saboter à nouveau les négociations. Combien de flambées de violence ce processus diplomatique peut-il encore absorber avant de s’effondrer ?

Trita Parsi est cofondateur et vice-président exécutif du Quincy Institute for Responsible Statecraft.

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