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par Larry C. Johnson
Je suis tombé aujourd’hui sur quelque chose d’assez étrange en interrogeant l’un des moteurs de recherche basés sur l’IA au sujet de la conquête de territoires ukrainiens par la Russie en 2026. Voici ce qu’affirmait l’agence chinoise KIMI :
Les données provenant de multiples sources — notamment les déclarations officielles ukrainiennes, les groupes de réflexion occidentaux et les observateurs indépendants ukrainiens — suggèrent que l’Ukraine a repris nettement plus de territoire que la Russie n’en a conquis au cours du premier semestre 2026, grâce à la contre-offensive menée dans le sud. Cependant, le rythme des avancées ukrainiennes a ralenti depuis le printemps, et la Russie a enregistré de légers gains nets ces derniers mois (juin-juillet). Le bilan net global pour l’ensemble de l’année semble jusqu’à présent toujours favorable à l’Ukraine, mais l’écart et les chiffres exacts dépendent fortement de la méthodologie utilisée.
Voilà… Selon l’IA, l’Ukraine est en train de gagner la guerre sur le terrain. Je tiens à souligner que vous trouverez cette même propagande sur GROK ou Claude. L’effort de propagande occidental porte ses fruits sur le plan des opérations d’information. Même les programmeurs chinois qui ont créé KIMI relaient la propagande occidentale.
Permettez-moi donc de vous présenter le bilan réel pour 2026. La Russie a commencé l’année 2026 avec le rapport de Gerasimov à Poutine annonçant la libération de Pokrovsk (Krasnoarmeysk) — le centre logistique de Donetsk assiégé depuis près de deux ans — et de Vovchansk, dans la région de Kharkiv. Jusqu’en novembre 2025, le ministère de la Défense avait fait état d’une série ininterrompue de prises de contrôle, notamment Petrovskoye dans la RPD et Tikhoye et Otradnoye à Dnipropetrovsk.
Au printemps 2026, l’agence TASS a rapporté que les forces russes avaient libéré 63 localités entre mars et mai 2026 — 20 en mars, 16 en avril et 27 en mai, le mois le plus prolifique. La répartition par région était la suivante : 21 dans la région de Kharkiv, 19 dans la RPD, 14 à Soumy, six à Zaporijia et trois à Dnipropetrovsk. Moscou présente les avancées réalisées à Soumy et à Kharkiv comme la mise en place d’une « zone de sécurité » le long de la frontière russe.
Au début de l’été (juin), Gerasimov a indiqué que les forces russes poursuivaient la libération du « Donbass et de la Novorossiya », progressant sur tous les fronts. La 3e armée avançait vers Slaviansk et Kramatorsk — libérant Piskunovka, atteignant la périphérie de Nikolaïevka, et se trouvant, selon les informations, à moins de 5 km de la limite est de Kramatorsk, la prise de Krasny Liman (Lyman) étant annoncée pour très prochainement.
Le groupement tactique Ouest avançait sur un large front ; dans la région de Kupyansk, après avoir repoussé les tentatives ukrainiennes de percer vers l’ouest de Kupyansk, des unités d’assaut progressaient vers l’ouest en direction de Shevchenkovo. Dans la région de Dobropolye, au nord de Krasnoarmeysk, des combats ont eu lieu à Dobropolye et Annovka ; Lenina (nom ukrainien : Mirnoye) a été prise, tandis que Shevchenko, Krasnoyarskoye et Svetloye auraient été libérées.
En juillet, l’agence TASS a recensé 32 localités libérées, dont 22 — soit plus de 68 % — se trouvaient dans la région de Kharkiv et dans la RPD. Par groupe de combat : le groupe Nord en a pris dix, le groupe Centre huit, le groupe Ouest six, le groupe Est cinq et le groupe Sud trois. Les événements les plus marquants du mois ont été la libération de Konstantinovka dans la RPD par le groupe de combat Est et la prise de Belitskoye par le groupe de combat Centre. Konstantinovka est l’une des quatre villes de la ceinture de forteresses de Donetsk.
À l’heure actuelle, les Russes mènent l’offensive contre la dernière grande agglomération de Donetsk encore aux mains des Ukrainiens — la ceinture Konstantinovka–Druzhkovka–Kramatorsk–Slaviansk — parallèlement à la zone frontalière de Soumy/Kharkiv et à la consolidation de leurs positions à Zaporijia et Dnipropetrovsk.
Parallèlement aux opérations terrestres dans l’est de l’Ukraine, la Russie a mis fin, depuis le 22 juillet, à la capacité de l’Ukraine à mener des opérations maritimes et commerciales depuis Odessa et Nikolaïev. Les agriculteurs ukrainiens ne pourront plus exporter leurs produits via les ports de la mer Noire, ni recevoir les approvisionnements occidentaux qui circulaient autrefois librement via Odessa. La voie d’approvisionnement maritime vitale de l’Ukraine est coupée et ne sera pas rétablie avant la fin de la guerre.
Enfin, il y a les attaques quotidiennes de missiles et de drones russes sur Kiev et d’autres centres logistiques et militaires ukrainiens clés. La destruction des usines et des entrepôts est en train de saigner l’Ukraine à blanc. L’Occident persiste à présenter la guerre en Ukraine comme une croisade au seuil de la victoire, mais les réalités sur le terrain racontent une histoire radicalement différente et sinistre… L’Ukraine est en train de perdre.
Sonar21