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Trita Parsi

L’une des caractéristiques importantes de la guerre menée par Israël et Donald Trump contre l’Iran est qu’elle n’a jamais bénéficié du soutien du peuple américain. Lorsque George Bush a lancé son invasion illégale de l’Irak, le soutien restait fort, à 72 %. À mesure que la guerre se transformait en débâcle, ce soutien s’est effrité. En revanche, la guerre contre l’Iran ne bénéficiait, dès le départ, que du soutien de 27 % de la population américaine. Il a fallu quatre ans pour que le soutien à la guerre en Irak tombe au niveau très bas dont bénéficiait la guerre contre l’Iran dès le début.

Mais il y a une histoire qui n’a pas été racontée : l’opposition manifeste – bien que les chiffres exacts restent inconnus – au sein des rangs de l’armée américaine. Je ne parle pas de frustration, comme en témoignent les plaintes concernant les conditions de vie à bord de l’USS Abraham Lincoln, mais d’une véritable opposition.

Un exemple anecdotique est particulièrement révélateur. Un militaire américain basé dans le golfe Persique m’a envoyé une photo de ce que des soldats avaient écrit dans la poussière recouvrant les volets d’un avion. Je l’ai publiée sur Twitter il y a quelques jours. Elle est rapidement devenue virale.

Le thème commun qui ressort de ces gribouillages est la conviction que la guerre ne sert pas les intérêts des États-Unis, associée à l’affirmation qu’elle a été déclenchée au nom d’Israël.

Trita Parsi@tparsi

Cette image m’a été envoyée depuis le terrain. Ce sont des messages que des militaires américains du golfe Persique ont griffonnés sur la poussière d’un volet d’avion.

« Sois un type bien et fais ce qu’Israël te dit de faire »

« Opération Epstein Fury »

« Accord de paix n° 64 en vue… TOUT CELA POUR LA TERRE SAINTE »

Comme je l’ai écrit sur X, je ne dispose d’aucun point de référence pour comparer ces expressions aux sentiments des soldats américains lors de conflits précédents. Mais je les ai entendues suffisamment souvent de la bouche d’hommes et de femmes en uniforme pour croire qu’elles représentent une part non négligeable des militaires en service actif au Moyen-Orient.

De plus, même si des sentiments similaires ont pu exister lors de conflits antérieurs, il n’y avait manifestement pas à l’époque la volonté de les exprimer aussi ouvertement ou aussi sans détour.

Comme me l’a confié un militaire : « Ce que les médias ne comprennent pas lorsqu’ils comparent les conflits passés à celui-ci, c’est que cette opération n’est soutenue par aucun élan moral. Cela fait toute la différence pour les militaires déployés indéfiniment dans des lieux peu enviables. »

Cette citation recèle de nombreuses implications.

« Cette opération n’est soutenue par aucun élan moral. »

« Déployés indéfiniment dans des zones peu enviables. »

C’est précisément pour cette raison qu’il ne faut pas déclencher de guerres de choix — des guerres qui ne servent pas l’intérêt national. Car les premiers à reconnaître leur injustice seront les militaires, hommes et femmes, en première ligne.

Et lorsque leur moral s’effondre, la défaite n’est plus qu’une question de temps.

En d’autres termes : lorsqu’une guerre n’est pas soutenue par le moral des troupes, gagner signifie simplement y mettre fin. Il n’y a pas d’autre forme de « victoire » dans une guerre aussi injuste.

Trita Parsi