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Tout cela repose sur la technologie iranienne, l’Iran transférant son savoir-faire et supervisant les chaînes de production sur le territoire yéménite.
Patricia Marins

Les Houthis ont réussi à frapper un navire saoudien situé à environ 1 000 kilomètres de leur bastion habituel. Le groupe houthi yéménite, aligné sur l’Iran, a pris pour cible le pétrolier saoudien Amzan au large de Yanbu, un important port pétrolier situé au nord de la mer Rouge, en Arabie saoudite. La distance entre le nord du Yémen, contrôlé par les Houthis, et les eaux au large de Yanbu est d’environ 1 000 à 1 100 kilomètres. Cela confirme ce que j’ai écrit il y a peu de temps au sujet de l’arsenal yéménite et de ses capacités.
L’utilisation d’un missile balistique à longue portée a été confirmée par les Houthis. Cependant, des analystes de la sécurité maritime et des agences de renseignement occidentales émettent l’hypothèse que l’annonce par les Houthis d’un missile balistique n’est que de la propagande, et qu’ils ont en réalité utilisé une version améliorée du missile de croisière Quds-4. En effet, contrairement à un missile balistique qui s’élève dans l’espace, un missile de croisière vole à basse altitude, un peu comme un petit avion à réaction.
Et pourquoi certains analystes et agences de sécurité se sont-ils trompés ? Parce que le projectile a frappé la partie supérieure du pont principal, provoquant un incendie à la surface. Les missiles de croisière, tels que ceux des familles Quds ou Paveh, volent à basse altitude et à l’horizontale, frappant généralement le flanc de la coque. Un impact provenant directement du dessus est la signature typique d’un missile balistique rentrant dans l’atmosphère selon un angle quasi vertical. De plus, les navires de guerre occidentaux et les radars de défense aérienne opérant dans la région ont enregistré la signature thermique et la trajectoire parabolique d’un missile balistique lancé depuis le nord du Yémen.
Pourquoi cet émoi ? En lançant des frappes précises à 1 000 kilomètres de distance aussi loin au nord, les Houthis démontrent concrètement qu’ils sont capables d’imposer leur blocus naval autoproclamé contre la navigation saoudienne sur l’ensemble de la mer Rouge.
Et oui, le navire était en mouvement lorsqu’il a été touché. Le suivi du navire a confirmé que l’Amzan naviguait d’Ain Sukhna, en Égypte, vers le port saoudien de Yanbu lorsque l’attaque a eu lieu.