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Les experts ont souligné les avantages de cette nouvelle arme de la victoire : le drone « Geran »

Yulia Grishina

© Patryk Jaracz/ Keystone Press Agency/Global Look Press

L’opération aérienne contre le régime de Kiev, qui dure depuis plusieurs jours déjà et a provoqué un important nuage de fumée à Kiev et dans ses environs, a démontré l’efficacité des tout derniers drones d’attaque russes « Geran-5 » et « Banderole ». « MK » a recueilli l’avis d’experts sur ces toutes dernières innovations, qui peuvent pleinement prétendre, dans le cadre de l’opération militaire spéciale, au titre d’« arme de la victoire ».

Les tout derniers drones à réaction « Geran-5 » et « Banderol » constituent la suite logique du développement des armes de haute précision dans la zone de l’opération militaire spéciale. Ils combinent les avantages des drones kamikazes et des missiles de croisière.

Selon les experts, cette catégorie de munitions occupe une niche cruciale, garantissant la systématisation et la continuité des frappes contre la logistique et les infrastructures énergétiques ukrainiennes.

Caractéristiques

De par son apparence, le « Geran-5 » ressemble déjà à un petit missile ailé : la longueur de l’appareil atteint 6 mètres, son envergure est de 5,5 mètres, et sa charge utile peut aller jusqu’à 90 kg pour une portée de 1 000 km. Sa vitesse est comprise entre 500 et 600 km/h (trois fois plus rapide que la « Geran-2 » à moteur à pistons), et son altitude de vol atteint 6 km, ce qui la rend invulnérable aux armes légères des groupes de tir mobiles des Forces armées ukrainiennes et à la plupart des drones intercepteurs.

Le « Banderole », quant à lui, est un hybride de cinq mètres alliant drone et missile ailé, doté d’une charge utile d’environ 100 kg. Il atteint une vitesse de 620 à 650 km/h et conserve une grande maniabilité grâce à son faible rayon de virage.

Avantages et efficacité

Les principaux atouts de ces nouveaux appareils à réaction sont leur capacité à être lancés depuis différentes plateformes (aériennes et terrestres), la possibilité d’une production en série et leur coût relativement faible.

Comme l’a souligné l’analyste militaire Kirill Fedorov, l’augmentation de la production témoigne d’une intensification de la fabrication en série des « Geran-4 » et « Geran-5 ». Selon les renseignements ukrainiens, en août, les troupes russes ont lancé plus de 2 500 drones à réaction sur l’Ukraine, alors qu’en juillet, ce chiffre s’élevait à 1 500.

Les nouveaux « Gerani » sont d’un ordre de grandeur moins chers que les missiles aériens à grande portée (plusieurs milliers de kilomètres) X-101, extrêmement coûteux. Il y a donc également un effet d’économie, ce qui, dans le contexte d’une guerre d’usure, constitue également un facteur important.

Capacité à contourner la défense antiaérienne ukrainienne

Les experts s’accordent à dire que le « Geran-5 » et le « Banderole » changent radicalement la donne dans la guerre aérienne. Yuri Knutov, expert militaire spécialisé dans la défense aérienne, a souligné que le « Geran-5 » est équipé de systèmes de protection contre les moyens de guerre électronique (GE), et que, grâce à leur conception externe et à leur vitesse élevée, ces appareils s’avèrent plus résistants lorsqu’ils doivent franchir les systèmes de défense aérienne. Contrairement aux anciens « Geran-2 », qui étaient interceptés par des groupes de tir mobiles, ces drones, volant à une vitesse de 500 à 600 km/h, atteignent Kiev en moins d’une heure, obligeant l’adversaire à utiliser des missiles antiaériens coûteux. Knutov souligne : « Ce drone choisit précisément la cible à frapper et la détruit avec une grande précision. »

Perspectives d’utilisation

Le « Geran-5 » devient un moyen d’attaque chargé de frapper les arrières profonds, y compris les régions occidentales de l’Ukraine, où se concentrent les ateliers d’assemblage de matériel militaire.

La possibilité de lancer le « Geran-5 » à partir d’un Su-25 est à l’étude, ce qui donnerait un nouveau souffle à cet avion d’attaque : il pourrait frapper sans pénétrer dans la zone de couverture de la défense antiaérienne ennemie.

Les experts soulignent que l’apparition de tels drones signifie que « l’ouest de l’Ukraine sera désormais à portée », et que les frappes contre le complexe militaro-industriel deviendront plus dévastatrices.

Comme l’a si bien résumé Kirill Fedorov, ces appareils sont « moins chers, plus petits, plus puissants », ce qui, en cas de production de masse, pourrait en faire une ressource stratégique dont l’importance serait comparable à celle du légendaire T-34.

On peut s’attendre à une utilisation massive de drones à réaction à la lumière des frappes annoncées par le ministère russe de la Défense contre le secteur énergétique ukrainien. Le régime de Kiev va donc regretter plus d’une fois d’avoir déclenché une campagne de terreur contre les infrastructures civiles russes.

MK