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Cet essai traite de la polycrise, phénomène par lequel l’ordre mondial est frappé par des crises simultanées touchant l’économie, la politique, les relations sociales, la géopolitique et la nature. L’essai utilise la métaphore opposant les « pommes pourries » au « tonneau pourri » pour expliquer son argumentation. L’explication des « pommes pourries » considère la polycrise comme une série de crises isolées, ce qui laisse intact l’idéal du libre marché et disculpe le capitalisme. L’explication du « tonneau pourri », quant à elle, considère que la polycrise est le fruit d’un système et remet en cause l’idéal du marché libre, identifiant le capitalisme comme la cause première. L’ère néolibérale (de 1980 à nos jours) a fait émerger la polycrise, et cette crise ravive ouvertement la question posée par Luxemburg : « Le socialisme ou la barbarie ? » Il reste beaucoup à faire si la société veut éviter que la barbarie ne se reproduise. Il s’agit notamment d’expliquer de manière convaincante les défauts du capitalisme, d’articuler l’avenir du socialisme et de briser l’emprise sur la politique qui empêche ces questions de faire surface. Un proverbe chinois dit : « Un voyage de mille li commence par un premier pas. » C’est vrai, mais nous devons également veiller à ce que ce premier pas aille dans la bonne direction. Reconnaître la polycrise et admettre qu’elle est le produit du « mauvais tonneau » du capitalisme permet de faire les deux.
Palley, Thomas (2026): Capitalism and the polycrisis: bad apples or bad barrel?
FMM Working Paper Nr. 125, 40 Seiten