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Binyamin Netanyahou, Cessez-le-feu à Gaza, FDI, HCDH, Israël, prisonniers de Sde Teiman
Ce rapport sur la Palestine intervient alors qu’Israël intensifie le nettoyage ethnique en Cisjordanie et confirme que les actes de génocide commis par Israël se poursuivent à Gaza, malgré un cessez-le-feu nominal en vigueur depuis un an.
Par Brett Wilkins
Une commission d’enquête mandatée par les Nations unies a publié lundi un rapport détaillant les crimes contre l’humanité commis par Israël dans les territoires palestiniens occupés, tout en affirmant que le génocide perpétré par Israël se poursuit à Gaza, malgré un cessez-le-feu nominal en vigueur depuis un an.
« Israël a commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, notamment l’extermination, la persécution, la torture, le viol et d’autres formes de violence sexuelle dans les territoires palestiniens occupés, en prenant délibérément pour cible des civils palestiniens alors qu’il continue de commettre un génocide à Gaza », a déclaré le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) dans un résumé du rapport de 19 pages.
« À Gaza… les autorités et les forces israéliennes continuent de commettre des actes de génocide même après le soi-disant accord de cessez-le-feu, dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, le peuple palestinien », a déclaré le HCDH à propos du rapport, rédigé par la Commission d’enquête internationale indépendante d’ , mandatée par l’ONU, sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël.
« Les forces israéliennes ont également délibérément tué et infligé de graves préjudices physiques et psychologiques à des enfants en Cisjordanie — comme elles l’ont fait à Gaza —, commettant ainsi des persécutions fondées sur l’âge à l’encontre d’enfants palestiniens », constate le rapport. Plus de 21 500 enfants palestiniens, dont plus de 1 000 nourrissons, ont été tués à Gaza au cours des trois dernières années.
La commission a recensé des cas de viols et d’agressions sexuelles commis à l’encontre de Palestiniens, notamment dans la tristement célèbre prison de Sde Teiman en Israël, où, selon le rapport, un prisonnier « a été violé avec un bâton et contraint de se l’introduire dans la bouche jusqu’à ce qu’il vomisse ».
Des reportages antérieurs, notamment ceux du *New York Times*, avaient détaillé les violences sexuelles commises à l’encontre de prisonniers palestiniens, dont un homme décédé après avoir prétendument été sodomisé à l’aide d’une matraque électrique.
Le rapport de la commission a également confirmé que les forces israéliennes avaient commis des abus sexuels sur des militants de la flottille Global Sumud qui avaient été interceptés en haute mer et enlevés vers Israël, notamment un militant de sexe masculin qui a été violé avec un détecteur de métaux.
Ce rapport intervient alors que les forces israéliennes intensifient le blocus militaire et le nettoyage ethnique en Cisjordanie occupée, notamment par des expulsions et des démolitions de maisons à Hébron, à la suite du meurtre de deux soldats des Forces de défense israéliennes (FDI) par des Palestiniens résistant à près d’un demi-siècle d’occupation, et à la veille des élections israéliennes de mardi.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu — recherché par la Cour pénale internationale pour des crimes présumés contre l’humanité et des crimes de guerre à Gaza — tente de consolider le soutien à sa coalition d’extrême droite à l’approche des élections. Netanyahu et d’autres hauts responsables, notamment le ministre de la Défense Israel Katz, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir et le ministre des Finances Bezalel Smotrich, se sont engagés à annexer tout ou partie de la Cisjordanie et à procéder à un nettoyage ethnique à Gaza.
Netanyahu et les membres de son gouvernement ont également déclaré qu’Israël prévoyait de lancer la plus grande opération militaire en Cisjordanie depuis sa prise et son occupation lors de la guerre des Six Jours de 1967. L’occupation et la colonisation de la Cisjordanie sont toutes deux illégales au regard du droit international.
#Israël a commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans le territoire palestinien occupé #Palestine, alors que le #génocide se poursuit à Gaza, a déclaré aujourd’hui la Commission d’enquête des Nations unies sur le territoire palestinien occupé et Israël dans un nouveau rapport présenté à la #AGNU81. En savoir plus ?? https://t.co/mOJiTBLIDy https://t.co/6hm9dwJJbE — Organes d’enquête du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (@uninvhrc) 26 octobre 2026
Plus de 250 000 Palestiniens ont été tués ou blessés à Gaza depuis l’attaque menée par le Hamas en octobre 2023. Environ 1,9 million d’autres ont été déplacés de force, souvent à plusieurs reprises. Le comportement d’Israël à Gaza fait l’objet d’une plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice. Un arrêt n’est pas attendu avant 2029 au plus tôt.
Ce nouveau rapport montre à quel point l’ampleur des violences meurtrières s’est considérablement accrue en Cisjordanie. Six Palestiniens y ont été tués lors de frappes aériennes israéliennes entre 2008 et le 6 octobre 2023, contre 254 tués lors de bombardements aériens entre le 7 octobre 2023 et le 30 septembre 2026.
L’OCHCR a recensé 1 143 Palestiniens tués en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, entre le 7 octobre 2023 et le 9 octobre 2026. Au moins 250 des personnes tuées étaient des enfants.
« Le fait de tuer et de blesser intentionnellement des civils palestiniens et de détruire des habitations en Cisjordanie, combiné au refus persistant d’Israël d’assumer ses responsabilités, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à exterminer et à déplacer les Palestiniens et à leur imposer des conditions de vie invivables », a déclaré dans un communiqué Srinivasan Muralidhar, qui préside la commission d’enquête. « Parallèlement, l’extension du contrôle territorial d’Israël à Gaza continue d’entraîner la mort et des blessures parmi les civils palestiniens. »
La commission a également reproché à l’Autorité palestinienne de prendre pour cible les Palestiniens qui expriment leur désaccord avec ses politiques et ses actions, ainsi que son incapacité « à mener des enquêtes efficaces et impartiales sur les incidents ayant entraîné des décès et à garantir des recours efficaces, y compris une indemnisation financière aux victimes et aux membres de leur famille ».
Le rapport a conclu que les actions d’Israël visent en fin de compte à contrecarrer toute possibilité de création d’un État palestinien indépendant.
« La mainmise sur un maximum de terres tout en réduisant au minimum la population palestinienne en termes de taille, d’autonomie et de viabilité découle des politiques colonisatrices d’Israël et trouve ses racines dans des pratiques et des schémas d’action historiques, ce qui se traduit par un recours excessif et discriminatoire à la force meurtrière, provoquant le déplacement, les blessures et la mort de Palestiniens depuis des générations », a déclaré M. Muralidhar.
« Tenter d’assimiler la création d’un État palestinien à une menace pour l’existence d’Israël revient à bloquer toute tentative viable de concrétiser le droit des Palestiniens à l’autodétermination », a-t-il ajouté.
Brett Wilkins est rédacteur chez Common Dreams.