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Contrainte de constater l’échec cuisant de son programme de formation de rebelles modérés en Syrie, l’administration Obama a annoncé vendredi qu’elle y mettait fin et se concentrerait désormais sur la fourniture d’armes à des groupes triés sur le volet.
Lancé au début de l’année par les États-Unis, le programme de formation et d’équipement, doté de 500 millions de dollars, devait concerner environ 5000 rebelles syriens par an pour combattre en Syrie les djihadistes du groupe État islamique (EI). Ce fut un véritable fiasco : il n’a permis de former que quelques dizaines de combattants.Ce revirement devrait donner du grain à moudre aux détracteurs de Barack Obama qui dénoncent avec de plus en plus de véhémence ses atermoiements sur la Syrie au moment où la Russie, qui multiplie les frappes depuis dix jours, se positionne comme un acteur incontournable dans le conflit.
« Nous faisons une pause sur la formation menée jusqu’ici », a résumé, en termes diplomatiques Christine Wormuth, sous-secrétaire à la Défense.Concrètement, l’armée américaine abandonne la formation d’unités d’infanterie et travaillera désormais avec les groupes sur le terrain qui se battent déjà contre EI.
Livraison d’armes Selon le Pentagone, les États-Unis fourniront des équipements et des armes à des chefs de groupes sélectionnés et à leurs unités pour qu’ils puissent mener des attaques concertées dans des zones contrôlées par le groupe État islamique.
« Est-il préférable de placer ces gars dans des programmes de formation pendant des semaines ou de les laisser combattre sur le terrain en leur offrant plus de soutien ? Je pense que la bonne réponse est la deuxième et c’est ce que nous allons faire », a résumé Brett McGurk, conseiller de M. Obama chargé de la lutte contre EI. « C’est une situation changeante, complexe, nous devons faire preuve de flexibilité », a-t-il ajouté.La Maison-Blanche est restée évasive sur le matériel qui serait livré, évoquant des équipements « de base ».
Mais quelles que soient les armes envisagées, comment s’assurer qu’elles ne tombent pas dans de mauvaises mains ? « Dans de nombreux cas, nous travaillons avec ces groupes depuis plusieurs mois, nous avons un haut degré de confiance en eux », a avancé Mme Wormuth.Le programme d’aide aux rebelles syriens du Pentagone n’est pas le seul soutien apporté par Washington à ces groupes : la CIA a aussi fourni des armes à des rebelles syriens à partir de 2013, et entraîné certains d’entre eux.