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Elia Dahan
Sceaux, rue des Coudrais, ce mardi. Le chocolatier vient d’inaugurer son nouvel atelier, presque trois ans jour pour jour après qu’un incendie a ravagé l’ancien. (LP/ED)
 Patrick Roger a inauguré ce mardi ses locaux rénovés après l’important sinistre qu’ils ont subi en 2014.

« Tintin, va chercher la nouvelle machine pour nettoyer le bas. » « Oui chef ! » Patrick Roger, le célèbre maître chocolatier, et son équipe, sont en train de reprendre leurs marques dans le nouvel atelier à Sceaux. Cela fait presque trois ans, jour pour jour, que l’atelier a été ravagé par un incendie. Ce dernier, d’origine accidentelle, certainement dû à une erreur humaine lors de travaux d’agrandissement, avait, en octobre 2014, endommagé près de 2000m² de locaux.

L’équipe a dû travailler pendant de longs mois dans un espace de 400m² qui avait été épargné par les flammes. Ce mardi, les locaux flambant neufs étaient inaugurés. « Il y a 1700m² qui ont été reconstruits quasiment à l’identique », indique Patrick Roger. Au centre du bâtiment, sous une impressionnante verrière, le cœur de la fabrique de celui qui a été sacré Meilleur ouvrier de France en 2000.

« Même quand je n’avais plus beaucoup d’espace je sculptais »Les tables en inox et marbre sont installées, prêtes à recevoir les plaques de chocolat et de pralinés. Au fond de l’atelier, la seconde passion du maître des lieux : la sculpture, en chocolat ou en métal. Des énormes chimpanzés en chocolat, bientôt dans les boutiques, côtoient des Empereurs marrons qui orneront les magasins à Noël. « Même quand je n’avais plus beaucoup d’espace je sculptais, explique l’artiste. Cela ne m’a pas empêché de créer une œuvre qui représente des éléphants comprimés dans une boîte de 4 m sur 5. »

Car rien n’arrête l’imagination de ce fils de boulangers originaire du Perche (Loir-et-Cher). Depuis son atelier, il peut toujours avoir un œil sur le potager qu’il cultive dans le jardin qui jouxte le bâtiment. Là-bas il puise les idées de ses futures créations. Pour Noël il propose ainsi des chocolats aux pâtes d’amande aux lentilles, aux haricots rouges, à la gentiane ou l’absinthe.

« Je retranscris ce que j’ai appris, confie Patrick Roger. Chez moi on ne mangeait pas de conserve, on tuait le cochon. J’essaye donc de travailler avec du local et les meilleurs produits. » Dès la semaine prochaine, toutes ses machines seront installées pour préparer au mieux les fêtes de fin d’année. Son prochain rêve : « avoir un très grand jardin pour pouvoir cultiver les herbes, les fruits avec lesquels je souhaite travailler. »

  leparisien.fr