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Moon Of Alabama

Pour sortir de l’impasse causée par le blocus américain imposé à son pays, l’armée iranienne a annoncé qu’elle restreindrait le trafic commercial à travers la mer Rouge, le golfe Persique et la mer d’Oman.

Cela ne demandera pas beaucoup d’efforts de la part de l’Iran. Quelques frappes de drones contre des navires civils près des pays du Golfe arabe et quelques menaces d’Ansarallah au Yémen contre des navires en mer Rouge suffiront à faire grimper les coûts d’assurance au point de rendre tout trafic dans ces zones non rentable.

La zone de danger dans la région du golfe Persique, de la mer d’Oman et de la mer Rouge s’est ainsi étendue à une zone beaucoup plus vaste.

Cette mesure bloquera une autre part importante des exportations de pétrole de la région.

L’Arabie saoudite avait contourné le contrôle du trafic imposé par l’Iran dans le détroit d’Ormuz en réacheminant le pétrole via son oléoduc est-ouest vers Yanbu, sur la mer Rouge. Quelque 4 à 5 millions de barils par jour sont exportés depuis ce point. La fermeture de la mer Rouge à son embouchure sud bloquera la majeure partie de ce trafic.


Marine Traffic montre un grand nombre de très grands pétroliers (VLCC) près de Yanbu, en attente d’être chargés. Avec la fermeture de la sortie sud de la mer Rouge au niveau de Bab al-Mandeb (la Porte des Larmes), ces pétroliers sont, comme je l’avais prédit il y a un mois, pris au piège. Ils sont trop grands pour s’échapper vers le nord par le canal de Suez.

La décision iranienne ne change pas la trajectoire du conflit. Elle ne fera que l’accélérer. Les énormes dommages économiques causés par l’attaque non provoquée des États-Unis et d’Israël contre l’Iran sont déjà inévitables. L’économie mondiale se dirige vers une grave dépression.

La pénurie d’approvisionnement en pétrole et en engrais sur les marchés entraînera une destruction massive de la demande. Dans le cas du pétrole, cela se traduira par une diminution de la circulation automobile, de l’utilisation de la climatisation et du nombre d’avions. Mais la pénurie d’engrais entraînera des famines et des décès à grande échelle.

Seule une fin immédiate du conflit peut empêcher le pire.

MOA