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Au Cameroun, le pape Léon a mis en garde contre une « poignée de tyrans ». À Washington et à Jérusalem, la bellicosité et les scandales persistent. À Madrid, Pedro Sanchez a appelé à l’arrestation de Netanyahou.
Dr Digby James Wren

Les zones catholiques romaines du globe sont vastes. À Madrid, Pedro Sanchez a appelé à l’arrestation de Benjamin Netanyahu. Le message de Rome a également trouvé un écho dans l’hispanosphère et la lusosphère d’Amérique latine, au Mexique, au Venezuela, en Colombie, au Brésil et à Cuba. Les 20 % de citoyens américains qui parlent espagnol recoupent également les 20 % qui se déclarent catholiques.
Le président américain Trump a publié des images de lui-même en tant que divinité tandis que le vice-président américain JD. Vance, récemment converti au catholicisme, a effrontément « clarifié » le message du pape pour ses fidèles. Alors que les États-Unis passent de l’hégémonie à l’imperium, la doctrine Donroe vise la domination de l’hémisphère occidental, de l’Arctique à l’Antarctique.
Pour la quasi-totalité des économies émergentes du Sud, les épicentres de l’instabilité sécuritaire et économique mondiale se situent à Washington et à Jérusalem. Pour la majorité mondiale, la mise en œuvre du projet impérial américain présente toutes les caractéristiques du colonialisme et de l’impérialisme de la fin du XIXe siècle. Le renouveau impérialiste du président Trump, ou « âge d’or », est une répétition des agressions passées mises en œuvre par l’expansion territoriale, l’acquisition de ressources, le déterminisme technologique, les attaques économiques et l’interruption des chaînes d’approvisionnement.
À Jérusalem, Benjamin Netanyahu dirige le massacre de civils et la destruction massive de villes, villages et hameaux afin de créer des zones tampons pour le Grand Israël. Du Nil à l’Euphrate et à travers les sept mers d’antan, Israël poursuit sans relâche sa primauté militaire et technologique régionale. Cependant, l’ombre du conflit de Suez de 1956 plane lourdement sur l’agression actuelle des États-Unis et d’Israël contre six voisins régionaux et sur les tentatives visant à assurer la domination américaine sur les chaînes d’approvisionnement mondiales en énergie et en technologies. Pour les alliés des États-Unis en Europe, au Japon, en Corée du Sud, en Australie et au Canada, l’accent reste mis sur le transport maritime d’énergie et de matières premières et sur le renforcement de leurs économies structurellement menacées, qu’ils imputent de plus en plus à Washington.
Les membres du BRICS+, l’Égypte, la Turquie et l’Arabie saoudite se sont réunis au Pakistan pour négocier un règlement pacifique avec l’Iran, également membre du groupe. Soutenu par les autres membres que sont la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil et l’Indonésie, le groupe peut s’inspirer des succès de l’Organisation de coopération de Shanghai : recherche du consensus, avantages mutuels, respect de la souveraineté, de la Charte des Nations unies, etc. En effet, Xi Jinping a présenté quatre principes ou propositions pour étayer les efforts diplomatiques.
- Rester attaché au principe de coexistence pacifique : promouvoir une architecture de sécurité commune, globale, coopérative et durable.
- Rester fidèle au principe de la souveraineté nationale : veiller à ce que la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale des pays soient pleinement respectées, sans ingérence extérieure.
- Rester fidèle au principe de l’état de droit international : faire respecter l’autorité du droit international pour éviter un scénario de « loi de la jungle ».
- Rester attaché à une approche équilibrée du développement et de la sécurité : favoriser le développement et la sécurité régionaux par le dialogue et le partage des opportunités de développement.
Le soutien de la Chine aux négociations de paix s’appuie sur une action diplomatique de grande envergure et sur son rôle central au sein de l’économie mondiale. Pour la Chine, le groupe BRICS+ représente la voie la plus claire vers un cadre de sécurité multipolaire englobant les principales lignes de communication maritimes (SLOC) du monde et, en particulier, l’Asie occidentale.
Pour la mise en place d’une nouvelle architecture de sécurité régionale, les puissances moyennes d’Asie occidentale que sont l’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Iran et la Turquie trouvent leur place au sein du forum BRICS+. La réunion des ministres des Affaires étrangères du BRICS+ prévue en mai 2026 à New Delhi constituera la prochaine étape dans l’élaboration d’une nouvelle architecture de sécurité régionale et la recherche d’un consensus pour sa mise en œuvre. Les quatre principes de la Chine, les dix points de l’Iran et les 20 points exigés par les États-Unis sont tous des éléments pertinents à prendre en considération lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du BRICS+.
Au Cameroun, où la région anglophone, qui englobe les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, était en conflit avec le gouvernement camerounais contrôlé par les francophones, qui luttait pour empêcher les anglophones de faire sécession. Les « forces militaires camerounaises se sont engagées dans des combats directs contre les séparatistes et leurs sympathisants ». Plus de 6 000 morts et environ 700 000 réfugiés ont été recensés depuis le début de la crise.
Les facteurs décrits ci-dessus ont désormais convergé pour mettre en lumière les contradictions inhérentes au colonialisme français et britannique, à l’empire américain et à l’expansionnisme sioniste. Pour la majorité mondiale, les séquelles du colonialisme et, plus spécifiquement, l’agression américaine et israélienne, sont de plus en plus perçues comme une tentative désespérée d’enrayer la transition mondiale vers la multipolarité, l’essor des économies émergentes et l’accélération du déclin « occidental ».
NB : Le Dr Digby James Wren est président de BRCP Geopolitical Risk Advisory, éditeur de The Chair Media Group et professeur invité à l’ICES, en France.