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Moon Of Alabama

Dimanche soir, vers 20 h 35 UTC, le président Donald Trump a annoncé que la marine américaine aiderait les navires présents dans le golfe Persique à franchir le détroit d’Ormuz.

Sal Mercogliano, qui anime la chaîne « What’s Going on With Shipping », indique qu’à peu près au même moment, deux navires commerciaux battant pavillon américain, tous deux faisant partie de la réserve de transport des États-Unis, quittaient le golfe et ont depuis atteint la mer d’Oman. La compagnie maritime Mersk a confirmé qu’un de ses navires avait quitté le golfe Persique.

Mercogliano explique que les États-Unis ont très probablement affecté des officiers de réserve de la marine à bord de ces navires. Ceux-ci étaient équipés de matériel de communication sécurisé permettant de coordonner leurs mouvements. En quittant le golfe Persique, les deux navires ont très probablement longé la côte omanaise au sud du détroit d’Ormuz.

Les États-Unis ont en outre affirmé que deux de leurs destroyers étaient entrés dans le détroit d’Ormuz. L’Iran affirme avoir repoussé un navire militaire américain en tirant sur lui. Aucune de ces affirmations n’a été confirmée.

Les États-Unis ont également affirmé avoir détruit 5 à 7 (les sources divergent) vedettes rapides du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), probablement à l’aide d’hélicoptères, laissant entendre que celles-ci s’apprêtaient à attaquer les navires protégés par la marine américaine. L’Iran réfute ces allégations et affirme que les États-Unis ont attaqué deux petits cargos civils. (Il y en a à tout moment des centaines dans le détroit.)

Le grand « Projet Liberté », annoncé par Trump, était censé permettre la circulation dans le détroit d’Ormuz. Mais il semble désormais qu’il s’agisse d’une opération spéciale ponctuelle visant à faire sortir du golfe Persique seulement deux des quelque 900 navires bloqués.

Parallèlement à cette opération, l’Iran a renforcé son contrôle sur les flux pétroliers quittant le golfe Persique. Les Émirats arabes unis (EAU) disposent d’un oléoduc qui leur permet de transporter du pétrole depuis leurs champs pétroliers occidentaux jusqu’au port de Fujaïrah, sur la côte orientale, à l’extérieur du détroit d’Ormuz. Celui-ci a été utilisé pour exporter quelque 2 millions de barils par jour malgré le blocus d’Ormuz.

Hier, l’Iran a publié une carte qui inclut désormais Fujaïrah dans la zone qu’il bloque. Dans le même temps, plusieurs missiles iraniens ont été tirés sur des installations des Émirats arabes unis. Un drone iranien a frappé Fujaïrah, provoquant l’incendie d’installations pétrolières. Deux navires liés aux Émirats arabes unis ont également été attaqués, l’un d’entre eux brûlant toujours.

Les Émirats arabes unis, cet émirat arrogant, ont récemment quitté l’OPEP, l’organisation dirigée par les pays arabes. Ils se sont alliés à Israël et aux États-Unis et ont pris part à leur attaque contre l’Iran. Attaquer les Émirats arabes unis dans la situation actuelle permettra à l’Iran de gagner des points de sympathie auprès des autres nations arabes du Golfe.

Mais cela aggrave également la situation de l’approvisionnement en pétrole pour le reste du monde.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est actuellement en visite en Chine, le plus gros client de l’Iran en matière de pétrole.

Cette visite intervient quelques jours seulement après que la Chine a empêché les sanctions américaines de toucher ses raffineries qui traitent des produits iraniens :

Dans un communiqué publié samedi, le ministère chinois du Commerce a déclaré que les sanctions restreignaient « de manière abusive » les relations commerciales entre les entreprises chinoises et les pays tiers, « en violation du droit international et des normes fondamentales régissant les relations internationales ».

Le ministère du Commerce a déclaré avoir émis un « arrêté d’interdiction » stipulant que les sanctions « ne seront ni reconnues, ni appliquées, ni respectées », qualifiant cet arrêté de mesure visant à « préserver la souveraineté nationale, la sécurité et les intérêts de développement ».

« Le gouvernement chinois s’est toujours opposé aux sanctions unilatérales qui ne sont pas autorisées par l’ONU et qui n’ont aucun fondement en droit international », a ajouté le ministère.

Il ne s’agit pas d’une mesure anodine, mais d’une déclaration qui ne manquera pas d’attirer l’attention de Washington :

la Chine teste sa capacité à cesser de considérer la coercition extraterritoriale américaine comme une condition habituelle du commerce mondial et à commencer à rendre le respect de cette coercition juridiquement dangereux en Chine même.

C’est le coup d’envoi donné par la Chine pour contrer les tentatives américaines de contrôler l’approvisionnement énergétique mondial.

Cette initiative intervient dix jours avant la visite du président Trump en Chine. C’est un message indiquant que les États-Unis ne peuvent plus faire pression sur la Chine et qu’ils doivent être conscients que la Chine et d’autres pays, comme l’Iran, sont bel et bien capables de riposter.

MOA