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par Elijah J Magnier

La guerre illégale autorisée par les États-Unis et Israël contre l’Iran était censée restaurer la dissuasion, renforcer la domination et la crédibilité américaine, et achever l’ascension d’Israël comme centre stratégique incontesté du Moyen-Orient, non seulement comme puissance régionale mais comme une « superpuissance » autoproclamée. Elle visait également à entraîner les pays du Golfe dans une confrontation avec l’Iran. Au lieu de cela, elle a exposé les limites de la puissance et de la planification américaine, approfondi les doutes sur la fiabilité de Washington et brisé la croyance selon laquelle la supériorité militaire israélienne pouvait imposer un nouvel ordre régional par la normalisation des États voisins. Elle a également confirmé le rôle du Golfe, dirigé par l’Arabie saoudite, comme force de stabilisation plutôt que comme participant volontaire à une guerre non désirée imposée à la région sans le consentement de ses principaux dirigeants.
La guerre s’est transformée en une impasse coûteuse sans vainqueur clair : des dégâts tactiques infligés à l’Iran, une prudence stratégique dans le Golfe, un embarras politique pour le duo américano-israélien et une opportunité régionale s’accumulent. L’échec des armées américaines et israéliennes à soumettre l’Iran ou à renverser la République islamique va remodeler les équilibres mondiaux pendant des années. Il a accéléré la poussée de l’Asie occidentale et centrale vers la dédollarisation, affaiblit l’aura de supériorité d’Israël et sévèrement entamé le mythe de l’invincibilité américaine-israélienne.
Surtout, cette guerre a élargi le fossé entre destruction et victoire. Washington et Tel-Aviv ont prouvé qu’ils pouvaient détruire, mais pas dicter les résultats. Ils peuvent infliger de lourds dégâts, mais pas imposer une capitulation. La force seule ne garantit plus le succès politique face à un pays comme l’Iran, prêt à riposter et à absorber les coups d’État.
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