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Une guerre secrète fait rage en France, et cette guerre n’a rien à voir avec les manifestations des Gilets Jaunes ou la réforme des retraites. C’est une guerre d’algorithmes, de pièges de la dette municipale et d’un État policier tellement obnubilé par les bots russes et des Youtubeurs algériens qu’il en a oublié l’éléphant cuirassé dans la pièce : BlackRock.

Depuis des mois, le discours officiel de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) et de Viginum — l’organisme français de surveillance du cyberespace — se concentre exclusivement sur les ingérences étrangères provenant de Russie et de Chine. La police politique française est devenue particulièrement habile à traquer les fermes à trolls supposées liées au Kremlin. C’est même devenu une priorité absolue vu l’engagement total de la France dans la guerre en Ukraine contre la Russie. Mais un évènement extraordinaire se produisit: alors que la vigilance francaise avait les yeux rivés vers l’Est, un véritable coup d’État au ralenti a été orchestré depuis l’Ouest, se cachant à la vue de tous sous le prétexte de la « modernisation des infrastructures ».

L’analyse systématique et algorithmique des tendances électorales municipales en France par le plus grand gestionnaire d’actifs au monde n’est qu’un aspect de ce coup d’État de la technostructure internationale contre les derniers vestiges de la souveraineté française. Pour comprendre cette ingérence, il faut remonter au cycle municipal 2020-2026. Rien de spectaculaire. Il n’y a pas eu de piratage d’emails ou d’interférence dans le clientélisme politique et les petits calculs locaux caractérisant la pratique politique en France. À la place, il y avait Aladdin.

Pour les non-initiés, Aladdin est le système d’exploitation de gestion des risques de BlackRock. Il s’agit d’un réseau neuronal alimenté par l’IA qui ne se contente pas d’analyser les marchés : il modélise les risques géopolitiques, l’exposition climatique et, surtout, les schémas de comportement des électeurs liés aux rendements des obligations municipales. Si les engagements financiers d’une ville semblent fragiles, Aladdin le sait avant même le chef de cabinet du maire. Les médias on en très peu parlé et certains ont totalement nié le fait accompli pour des raisons liées à la monopolisation des médias par des milliardaires dont le cahier de charge est le populisme et la démagogie pour créer l’antagonisme, les clivages et les divergences, une recette sociétale et médiatique US éprouvée depuis les années 1960.

C’est là que le « détournement » a commencé. Au cours des trois dernières années, BlackRock, grâce à un réseau complexe de contrats de conseil en matière d’ESG (environnement, social et gouvernance) et de dons « pro bono » de logiciels d’urbanisme à des villes de taille moyenne comme Dijon, Reims et Grenoble, a réussi ce dont le FSB russe ne pouvait que rêver : exercer une influence directe et structurelle sur l’appareil administratif de la République française. Ce fait passé sous silence est d’une magnitude historique.

Le dispositif de surveillance français est conçu pour intercepter les signaux de commandement et de contrôle. Il recherche des preuves irréfutables : un virement bancaire, une réunion secrète à l’Hôtel Matignon. Mais BlackRock n’avait pas besoin de rencontrer un candidat. L’entreprise s’est contentée d’ingérer des millions de données.

Les municipalités de France, submergées par une lourde bureaucratie et les obligations liées à la transition écologique, ont accepté avec empressement la suite logicielle « gratuite » de BlackRock — commercialisée sous le nom anodin d’une filiale européenne — pour modéliser leurs réseaux de transition énergétique. En échange, ces villes ont intégré l’intégralité de leurs flux de données administratives dans l’écosystème Aladdin.

Résultat: BlackRock dispose désormais d’un modèle détaillé et en temps réel de la santé financière et sociale de pratiquement tous les grands arrondissements français. L’entreprise sait précisément quels quartiers sont à deux doigts de se révolter à la moindre hausse d’impôts. Elle sait exactement quels projets d’infrastructure, s’ils sont retardés ou annulés, entraîneront un revirement de l’opinion des électeurs. Il ne s’agit pas simplement d’informations ; c’est le code source du corps politique.

Le point faible de la police politique française réside dans le fait qu’elle définit l’ingérence comme une atteinte à l’intégrité électorale par le biais de fausses informations. Or, lors des élections législatives anticipées de 2024 et des élections municipales de début 2026, l’ingérence ne s’est pas produite sur X ou Telegram. Elle s’est produite sur le marché obligataire et au service de l’urbanisme de la mairie.

Voici un scénario modèle démontrant ce processus : à l’approche des débats parlementaires controversés de 2025 sur un impôt sur la fortune visant les grands gestionnaires d’actifs, les notations de crédit de plusieurs circonscriptions clés, bastions de la coalition présidentielle, se sont mystérieusement détériorées, sans justification macroéconomique évidente. Les algorithmes de risque d’Aladdin, déjà intégrés aux principaux établissements bancaires français tels que BNP Paribas et le Crédit Agricole, ont affiché le « rouge » pour ces circonscriptions. Les fonds se sont taris. Cet « ajustement technique » a entraîné par exemple l’annulation d’un programme de rénovation de logements sociaux dans la 13e circonscription du Nord — un siège qui, trois semaines plus tard, est passé à l’opposition avec une marge infime de 0,8 %.

Attention, on ne parle pas de politique mais de techniques d’interférence électorale de 3e génération et elles ne viennent pas de l’Est ou du Sud mais de l’Ouest.

S’agissait-il d’une manœuvre délibérée ? La DGSI ne surveillait même pas les terminaux sur lesquels tout cela s’est déroulé. Elle recherchait des agents du SVR (renseignement extérieur de la Fédération de Russie). BlackRock n’a pas piraté le dépouillement des votes ; il a piraté les conditions matérielles qui déterminent le résultat du vote.

L’ironie cruelle, c’est que Viginum dispose de l’un des outils de surveillance des réseaux sociaux les plus sophistiqués d’Europe. Ils sont capables de remonter la piste d’un mème de désinformation jusqu’au fuseau horaire précis de son auteur. Mais ils n’ont aucune emprise sur le rééquilibrage algorithmique des portefeuilles qui façonne la réalité empirique sur le terrain.

L’ingérence de BlackRock est passive-agressive, tout à fait légale et d’une efficacité redoutable. Elle ne vous dit pas pour qui voter. Elle se contente de retirer les capitaux nécessaires à la concrétisation des promesses des dirigeants en place, transformant ainsi le fossé de la déception en arme pour déclencher un revirement populiste. L’État profond français, avec ses hiérarchies napoléoniennes rigides et très conservatrices, ne peut concevoir un adversaire qui porte un costume et travaille sur des terminaux Bloomberg plutôt que sur des machines à chiffrer.

Le président Macron a un jour évoqué un bouclier de souveraineté européen contre les prédateurs économiques. Mais ce bouclier est inutile face à un grand prédateur qui possède déjà l’usine qui fabrique ce bouclier. Les liens étroits entre BlackRock et le Trésor français (la gestion de la stratégie d’émission de dette post-COVID de la France en a été le point de départ) ont créé une mainmise réglementaire si totale que les autorités de surveillance sont de fait neutralisées. Elles ne peuvent pas enquêter sur le gestionnaire d’actifs sur lequel le ministère des Finances s’appuie pour maintenir les coûts d’emprunt français en dessous de 4 %.

Le constat est aussi accablant qu’étrange et même digne d’une politique-ficton clairement dystopique.

Nous assistons à une prise de contrôle de la politique électorale française par Blackrock.

Les candidats ne sont plus seulement en concurrence les uns avec les autres. Ils sont en concurrence avec un démon algorithmique qui a déjà intégré la probabilité de leur succès et qui négocie activement le contrat à terme de leur échec.

BlackRock se moque bien des opinions culturelles de Marine Le Pen ou d’un Jordan Bardella. Ce qui l’intéresse, c’est leur prime de volatilité et rien de plus. Les vastes portefeuilles obligataires de BlackRock détiennent des dizaines de milliards d’euros de dette souveraine et municipale française. La stabilité politique fait baisser les rendements, ce qui est préjudiciable à l’activité lorsqu’on commercialise également des produits liés à la volatilité. Une dose contrôlée et gérable de chaos politique – un score élevé du RN qui ébranle l’establishment sans pour autant aboutir à une prise de pouvoir effective – constitue le scénario idéal qui permet aux équipes chargées des options de BlackRock de faire fortune.

Les algorithmes de notation ESG et les modèles de risque municipal de BlackRock pénalisent discrètement les communes affichant des indicateurs élevés d’intégration des immigrés, en les classant comme « zones à risque pour la cohésion sociale ». Cela prive ces communes d’un accès au crédit à des conditions abordables. Le désespoir grandit. Une focalisation sur les faits divers et la délinquance était un outil d’appoint à cet effet. Le programme anti-immigration du RN gagne naturellement du terrain. BlackRock ne finance pas directement le RN. Il n’en a pas besoin. Il fabrique le désespoir concret qui alimente la base électorale du RN, puis vend à découvert la prime de risque politique qui en découle. Il s’agit d’un charcutage électoral algorithmique basé sur la cote de crédit.

Les élections municipales françaises de 2026 n’ont pas été  » remportées » par le RN (Rassemblement National), les socialistes ou Renaissance, le parti de Macron. Elles ont été pondérées, filtrées et validées par un tableau de bord de gestion des risques situé dans une tour de verre à New York. La police politique est toujours à la recherche d’un pirate informatique. Elle devrait plutôt chercher un vendeur à découvert.

Nonobstant la longue tradition française en matière de fraude électorale, laquelle n’est pas le sujet ici, ce n’est pas l’espionnage qui a compromis l’intégrité du scrutin en France mais le fait d’avoir confié cette responsabilité à un contrat de licence logicielle que personne n’a pris la peine de lire. Et comme il ne s’agit pas d’une bombe, mais d’un contrat, la DGSI ne sait pas comment le désamorcer.

Et ce n’est pas fini. Ce problème comporte trois autres aspects que la classe politico-médiatique française refuse d’aborder.

Il s’agit de l’instrumentalisation délibérée et cynique de l’extrême droite française radicalement domestiquée et exploitée depuis plus de quarante ans, une campagne de guerre hybride de bas niveau cognitif menée contre l’Algérie par le biais de mercenaires numériques sous-traitants pour Palantir exploitant les biais et les phobies de la DGSE, et l’humiliation ultime : comment l’ensemble de l’appareil du renseignement français est pris en otage par une licence logicielle de la Silicon Valley.

BlackRock détient d’importantes participations dans des entreprises du secteur de la défense et d’autres sociétés liées aux opérations militaires d’Israël, et certains articles publiés par l’Organisation des Nations Unies ont cité BlackRock parmi les grands gestionnaires d’actifs faisant l’objet d’une surveillance particulière en raison de ces investissements.

Or, depuis quelques mois, un nouveau acteur s’ingère de plus en plus dans le processus électoral en France. Des révélations du Canard Enchaîné selon lesquelles une campagne de manipulation en provenance d’Israël aurait visé plusieurs candidats de partis politiques lors des élections municipales ont déclenché un début de prise de conscience d’un phénomène largement amorcé à travers des techniques d’ingérence sophistiqués et disposant de la logistique lourde d’une technostructure plus puissante que les États nation.

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