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Donald Trump deviendra-t-il le prochain Premier ministre d’Israël

Philip Giraldi

Si Donald Trump souhaite sérieusement se lancer dans une seconde carrière après avoir détruit les États-Unis et une grande partie du monde, il serait bien avisé de songer à devenir humoriste.Il dispose déjà d’un vaste répertoire de blagues grâce à ses improvisations farfelues quand il répond aux journalistes et au public. La plupart des remarques qui ne sont pas carrément mensongères sont insultantes et/ou incohérentes, et s’apparentent davantage à des observations humoristiques sur l’état déplorable de la politique américaine qu’à des commentaires dignes d’un chef d’État respecté.

Néanmoins, la vague et fugace conscience de sa fonction de président pour servir le peuple américain et la nation subsiste peut-être encore parfois dans le cerveau parfois partiellement fonctionnel de “The Donald”. La semaine dernière, il a dû décliner une invitation à assister au mariage de son fils, Donald Jr. avec la mondaine floridienne Bettina Pritzker.Il a auparavant empêché le couple de se marier à la Maison Blanche, puis confirmé ne pas assister à la cérémonie de mariage aux Bahamas, écrivant sur Truth Social :“Bien que je souhaite vivement être aux côtés de mon fils, Don Jr., et du nouveau membre de la famille Trump, sa future épouse Bettina, les circonstances actuelles et mon amour pour les États-Unis d’Amérique m’en empêchent. Je pense qu’il est important pour moi de rester à Washington, à la Maison Blanche, pendant cette conjoncture cruciale”.

On a d’abord supposé que ses velléités de “meilleure gouvernance” serait liées à ses propos ultérieurs :“Vous savez, ce n’est pas le bon moment pour moi. J’ai un problème appelé l’Iran, entre autres…” En réalité, cette déclaration est sans doute plus en rapport avec les préparatifs d’une nouvelle rencontre avec son maestro, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui cherche à obtenir une nouvelle audience à Washington, vraisemblablement pour vendre son nouveau plan de guerre au Moyen-Orient. Ou peut-être s’agit-il de collaborer avec son négociateur personnel sioniste et expert en immobilier, son gendre Jared Kushner flanqué du fidèle non moins négociateur immobilier Steve Witkoff, pour parvenir à un accord sur le détroit d’Ormuz ou à un cessez-le-feu, sujet qui semble faire l’objet de discussions au Pakistan avec les Iraniens. Toutefois, selon certaines sources, il aurait plutôt prévu de jouer au golf sur son parcours de Bedminster, dans le New Jersey. Selon les estimations, il aurait joué au golf 128 fois depuis son entrée en fonction en janvier dernier, pour la modique somme d’environ 140 millions de dollars lâchés par les contribuables en frais de transport et de sécurité. On estime que ses parties de golf auront coûté plus d’un milliard de dollars à la fin de son mandat.

Outre le fait de tricher au golf, une de ses spécialités, Trump réfléchirait en réalité à ce qu’il fera après la prochaine élection présidentielle, s’il ne parvient pas à violer le vingt-deuxième Amendement de la Constitution, qui interdit à un même individu d’être élu plus de deux fois à la présidence. Il s’est toutefois récemment tourné vers l’étranger en quête d’un poste de choix qui saurait apprécier ses qualités. Inévitablement, c’est Israël qui lui est venu à l’esprit comme la destination appropriée pour devenir chef d’État ou chef de gouvernement, puisqu’il a déjà servi les intérêts de cette nation par l’intermédiaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu, “meilleur copain et allié le plus proche” des États-Unis.

D’une certaine manière, Donald pourrait prendre ses fonctions immédiatement après le départ de Netanyahu, car il a toujours montré une soumission totale à Israël depuis son accession au trône.Quant à la nécessité d’être effectivement juif pour occuper un tel poste, moi-même et de nombreux autres observateurs pensons que Trump s’est opportunément converti au judaïsme en 2017. La semaine dernière, il a lui-même évoqué son avenir dans l’État juif, en citant ses excellents taux de popularité en Israël. S’adressant aux journalistes rassemblés devant la Maison Blanche, il a déclaré :“Je suis actuellement à 99 % en Israël. Je pourrais me présenter au poste de Premier ministre ! Peut-être irai-je ensuite en Israël”.

Il est certain que Trump a servi de marionnette à Israël, d’où sa popularité dans ce pays autrement plus grande que celle de son prédécesseur, Joe Biden, qui a assisté, les bras croisés, à l’aggravation du génocide à Gaza, tout en finançant, armant et soutenant politiquement les criminels de guerre juifs. Le président Trump s’est montré beaucoup plus coopératif en rencontrant personnellement Netanyahu et en exauçant tous ses vœux, allant même au-delà du comportement ignoble de son prédécesseur, ce pauvre type du Parti démocrate. En effet, une législation actuellement en cours d’examen au Congrès traiterait, pour la première fois de l’histoire américaine, l’engagement dans une armée étrangère comme étant juridiquement et légalement équivalent à l’engagement dans les forces armées américaines, mais uniquement si cette armée étrangère est israélienne. La résolution 8445 de la Chambre des représentants, parrainée par les députés républicains Guy Reschenthaler (Pennsylvanie) et Max Miller (Ohio), modifierait la législation existante afin que les Américains qui s’engagent dans les Forces de défense israéliennes (FDI) soient traités “de la même manière que les membres des forces armées” des États-Unis. On estime que 20 000 citoyens américains actuellement en service ou ayant déjà servi dans l’armée israélienne devraient bénéficier de ces mesures, réduisant ainsi considérablement l’écart entre Israël et les États-Unis en matière de droits et d’avantages.

On pourrait raisonnablement faire valoir que les citoyens américains ayant servi dans l’armée israélienne devraient plutôt faire l’objet d’une enquête pour leur éventuelle implication dans des crimes de guerre. Mais compte tenu de tous les avantages accordés à l’État juif, Trump considère sans doute qu’il serait logique de devenir le chef du gouvernement israélien, un choix potentiellement contesté par certains Américains qui estiment qu’il devrait plutôt être accusé de trahison, emprisonné ou expulsé. Voire les deux.

Le 19 mai, l’administration Trump a consolidé son soutien à Israël en publiant un document juridique qualifiant toute critique de l’État juif de crime fédéral passible d’une lourde peine de prison. Le procureur général par intérim et ancien avocat personnel de Trump, Todd Blanche, a promulgué une nouvelle loi sur la sédition sans l’aval du Congrès, institution de plus en plus marginalisée, comme l’exige pourtant la Constitution. Cette loi est unique en ce sens qu’elle ne concerne pas uniquement les attaques internes contre les États-Unis. Elle protège explicitement, outre le gouvernement américain, un gouvernement étranger, et ce dernier n’est autre, sans surprise, qu’Israël. Le communiqué de presse du ministère américain de la Justice indique notamment ce qui suit :“Le président Trump a clairement signifié que cette administration ne tolérera pas l’antisémitisme, et le ministère de la Justice s’engage à appliquer cette directive”.Elle présente une initiative intitulée “Tournée nationale de sensibilisation et d’action dans 15 villes”, qui parcourra bientôt les États-Unis pour lutter contre l’antisémitisme. Elle témoigne d’un engagement plus large à combattre l’antisémitisme, dans le cadre d’un projet politique national qui fait désormais officiellement de Washington le protecteur désigné d’Israël, tant aux États-Unis qu’à l’échelle internationale.Il faut bien avoir conscience que le ministère américain de la Justice, le ministère de la Défense et le département d’État, qui comprend le Bureau de surveillance et de lutte contre l’antisémitisme dirigé par l’envoyé spécial ayant statut d’ambassadeur, le rabbin Yehuda Kaplan, soutiennent déjà activement Israël.

Le département d’État et la Maison Blanche se sont aussi montrés particulièrement engagés dans le soutien à Israël avec l’ambassadeur Mike Huckabee comme représentant des États-Unis en Israël. Ce dernier est un sioniste chrétien affiché qui soutient davantage les intérêts israéliens que ceux des États-Unis. Or, comme les États-Unis adoptent désormais la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) concernant l’antisémitisme, toute critique d’Israël peut être interprétée comme antisémite par les agences fédérales américaines. Il va sans dire que les critiques portant sur le génocide de la Palestine et de son peuple par Israël, l’ingérence d’Israël dans le fonctionnement et le recrutement des universités américaines, son influence sur les procédures de recrutement et les politiques relatives aux avantages sociaux des gouvernements d’États tels que le Texas et la Floride, ou encore son ingérence directe dans les élections américaines par le biais de financements et de la manipulation des médias, ont toutes été passées sous silence, chose impensable dans tout autre pays.

Sans oublier la récente défaite ciblée et orchestrée du représentant républicain américain Thomas Massie, battu par un adversaire financé à hauteur de 32 millions de dollars par des groupes comme l’AIPAC, preuve de la puissance du lobby israélien. Les assassinats de dirigeants étrangers par Israël ne servent pas davantage l’intérêt national américain. Tel-Aviv s’en prend également aux Américains, comme les 34 marins de la marine américaine qui ont péri en juin 1967, lorsque l’État hébreu s’est entendu avec le président Lyndon B. Johnson pour couler le navire de renseignement USS Liberty, opérant dans les eaux internationales de la mer Méditerranée. Israël est également soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat de Charlie Kirk qui a osé critiquer Israël, ainsi que dans celui du président John F. Kennedy qui voulait mettre fin au programme nucléaire illégal d’Israël. On peut également évoquer la conviction très plausible qu’Israël disposait d’informations préalables sur les attentats du 11 septembre, ou qu’il y a effectivement participé.

Par ailleurs, la passion de Trump pour Israël est indéniablement liée à son grand ami Jeffrey Epstein, lui-même considéré comme un agent du Mossad qui collectait des informations compromettantes sur des Américains susceptibles d’influencer la politique étrangère des États-Unis au Moyen-Orient. Un programme qui semble avoir très bien fonctionné avec l’actuel président, qui continue de dissimuler les documents concernant l’affaire Epstein. Toute pensée, question ou déclaration factuelle pouvant être considérée comme hostile à Israël par les sionistes entourant Trump — qui tient à dissimuler l’affaire — est désormais qualifiée d’antisémitisme et ne sera pas tolérée par le gouvernement américain. Le régime Trump n’est clairement qu’une conspiration contrôlée et orchestrée par les sionistes et n’a aucune intention de permettre la diffusion d’informations factuelles sur l’État juif.Si vous contestez ou critiquez le régime, Trump vous attaquera en vous qualifiant de “débile” ou de “faible QI”, et des mesures seront prises pour vous faire taire, à l’instar de Stephen Colbert, Thomas Massie, Marjorie Taylor Greene et tant de ceux qui ont défié le lobby israélien et les politiciens corrompus.

Philip M. Giraldi, titulaire d’un doctorat, est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative à but non lucratif de type 501(c)3 (numéro d’identification fédéral n° 52-1739023) qui milite en faveur d’une politique étrangère américaine au Moyen-Orient davantage axée sur les intérêts nationaux.

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