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Mercredi 27 mai 2026 (89e jour de la guerre)
Talal Nahle
Le temps file à toute allure vers une explosion générale, tandis que les promesses américaines d’une paix imminente s’évanouissent. Trump et Rubio vendent l’illusion d’un « accord en or » pour apaiser les marchés pétroliers (qui oscillent autour de 98 dollars le baril de Brent). Pendant ce temps, la dure réalité que Washington élude est que les « fonds iraniens gelés » restent une carte de chantage, et que Téhéran — par la voix de son président et du conseiller du Guide suprême — a dissipé tous les doutes : « Le détroit d’Ormuz est le seul garant, et on ne fait pas confiance aux signatures américaines. »
Cependant, alors que la diplomatie s’enlise dans un bourbier de vetos (non à la cession d’uranium, non à la fin de la guerre sans résolution du dossier libanais), Israël a ouvert les portes de l’enfer sur lui-même en étendant ses opérations terrestres vers la « ligne rouge » dans le district de Nabatieh. Il ne s’agit pas ici d’un affrontement traditionnel ; nous sommes plutôt confrontés à un scénario où l’armée d’occupation est entraînée dans le « plus grand marécage », planifié avec passion par le Hezbollah depuis le début de la guerre.
Voici une analyse des dimensions de cette bataille terrestre acharnée, et de la manière dont Nabatieh et ses environs deviendront un « cimetière à ciel ouvert » qui fera échouer la stratégie d’usure israélienne :
Premièrement : le marécage de Nabatieh. … Le piège stratégique et la bataille de Kornet et d’Optics
L’offensive israélienne qui s’étend vers Nabatieh n’est pas une avancée tactique, mais une ruée suicidaire vers une terre brûlée préparée avec une extrême précision :
1. Le pays des embuscades et des pièges : le Hezbollah n’a pas adopté la posture d’un défenseur aléatoire ; il a attiré l’armée israélienne dans un environnement propice aux « arts de la guerre urbaine ». Nabatieh et ses environs constituent un réseau complexe de terrains bâtis et de zones ouvertes. Le Hezbollah, expérimenté dans la fabrication d’engins explosifs, la mise en place d’embuscades complexes et le lancement de roquettes lourdes « Burkan », maîtrise parfaitement l’utilisation des systèmes guidés « Kornet ».
2. L’échec de la carte de l’« évacuation aérienne » : Dans cet environnement complexe, l’armée d’occupation sera confrontée à un double cauchemar : une extrême difficulté à avancer et une impossibilité encore plus grande de mener des opérations d’évacuation. Toute tentative de faire appel à des hélicoptères pour secourir les morts ou les blessés (voire des prisonniers potentiels) les placera directement dans le « filet de chasse » aérien des MANPADS (systèmes de défense aérienne portables) et des drones kamikazes du parti.
3. La tactique israélienne d’encerclement préventif : L’ennemi prend conscience de l’ampleur de cet enfer, c’est pourquoi il recourt à une stratégie de « sécurité des flancs » avant toute pénétration en profondeur. Sa tentative d’atteindre les hauteurs stratégiques entourant la ville (vers l’ouest en direction de Choukine et Mayfadoun, vers l’est en direction de Kfar Tibnit et Kfar Remmen, et vers le sud en direction d’Arnoun et Yohmor), tout en se concentrant sur la protection de son flanc nord vers Sohmor et Maydoun pour atteindre Rihan et Sejoud (le point d’observation le plus élevé), est une tentative désespérée de créer une couverture de tir précédant les incursions de l’infanterie et des blindés.
Deuxièmement : le champ de bataille contredit les affirmations d’avancée… Les « incinérateurs de blindés » parlent
Les chiffres et les faits sur le terrain au cours des dernières 48 heures (en particulier à Zawtar El Charkieh, considérée comme la porte sud de Nabatieh) démolissent le récit israélien :
1. « Ababil » fait voler en éclats la doctrine blindée : la justification avancée par l’armée israélienne pour son incursion, à savoir « résoudre le problème des drones », est stratégiquement absurde. Les drones kamikazes (équipés de technologie à fibre optique et de viseurs thermiques) excellent dès que les forces se rapprochent et deviennent des cibles exposées.
2. Le bilan des opérations de fragmentation tactique : les communiqués d’hier et d’aujourd’hui (32 communiqués hier) font état d’un véritable massacre de véhicules blindés. Sept chars Merkava ont été détruits ou mis hors de combat en une seule journée (portant le total recensé à 259 chars), sans compter la destruction de Humvees, de véhicules de transport de troupes Namer, de bulldozers D9, de lanceurs du Dôme de fer (caserne Branit) et de postes de commandement. Le fait d’avoir déjoué les tentatives d’incursion dans le lit de la rivière à Zawtar (en attirant l’ennemi dans le complexe de reconnaissance et en l’engageant à bout portant avant de le forcer à battre en retraite) prouve que les lignes de défense avancées de la résistance restent cohésives et meurtrières.
Troisièmement : l’anéantissement par représailles et l’épuisement des options israéliennes
À la suite de cet effroyable échec opérationnel, Israël a recouru à une tactique de « terre brûlée » pour compenser ses pertes de blindés :
La ceinture de la mort : le recensement de 170 frappes aériennes et 25 frappes de drones, la perpétration de massacres (31 martyrs selon un premier bilan, parallèlement à l’obstruction continue de la défense civile à Maarakeh), et l’émission d’alertes d’évacuation hystériques visant 50 localités, toute la ville de Nabatieh, et les environs de Tyr, reflètent tous la volonté de Netanyahou et de Smotrich de détruire les infrastructures urbaines en représailles contre les drones du parti.
Division et reports de procès : Le vif désaccord entre Netanyahou (qui cherche des solutions pour protéger ses forces) et Smotrich (qui exige la démolition de Beyrouth), associé à l’annulation de l’audience de Netanyahou pour des raisons « de sécurité et diplomatiques », reflète l’ampleur du dilemme de leadership auquel est confrontée la coalition au pouvoir face à son échec sur tous les fronts (Gaza, Liban, Iran).
Conclusion et perspectives stratégiques (La chute de l’illusion) :
Nous sommes confrontés à un scénario de confrontation existentielle majeure, dans lequel la machine militaire de l’occupant va s’effondrer face à ce que le Hezbollah attend depuis le début de la bataille.
Le scénario le plus probable pour la phase à venir :
La diplomatie américaine continuera à tergiverser et à manœuvrer (comme l’a noté le sénateur Cory Booker, l’approche de Trump a renforcé la position de l’Iran). Pendant ce temps, le champ de bataille libanais, en particulier dans le secteur de Nabatieh et ses environs, sera le théâtre des combats les plus féroces.
Nous ne devons pas être surpris par l’ampleur des destructions que l’aviation israélienne infligera aux villages du sud pour présenter une « façade de victoire » à son opinion publique. En contrepartie, le monde doit se préparer à un « choc démographique militaire israélien ». Le nombre de morts dans les rangs de l’armée d’occupation va se multiplier de façon spectaculaire, et les scènes de Merkavas en feu deviendront monnaie courante. Plus dangereux encore, l’environnement de Nabatieh et son terrain, truffé d’embuscades en profondeur, pourraient faire tomber des « prisonniers » israéliens entre les mains de la résistance. C’est ce scénario qui bouleversera les négociations, forçant Trump et Netanyahu à mettre fin à la guerre selon les conditions de l’Axe victorieux.