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système Sol-Air iranien équivalent au 2K12 KUB soviétique (SA-6), suspecté d’avoir abattu un drone MQ-1 US fin mai 2026.

Les forces israéliennes ont traversé le Litani et pris le contrôle du château stratégique du château médiéval de Beaufort (ou Alshaqif, occupé par les israéliens de 1985 à 2000), dans le sud du Liban, marquant ainsi leur avancée la plus profonde depuis le début du conflit, tandis que les États-Unis ont frappé des cibles iraniennes, notamment des radars, des installations de défense aérienne et des sites militaires, après que l’Iran a abattu avec succès un drone militaire américain MQ-1.

Sans surprise, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré qu’un cessez-le-feu au Liban était indissociable de tout accord, en accusant les États-Unis de se joindre à Israël pour violer le cessez-le-feu. L’Iran a imputé la prolongation des négociations aux exigences changeantes de Washington et a averti que l’Iran prendrait toutes les mesures nécessaires pour défendre sa sécurité.

Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a déclaré que sa Force aérospatiale avait frappé une base aérienne qu’il a qualifiée de responsable d’une récente attaque américaine contre une tour de télécommunications à Bandar Sirik, dans la province d’Hormozgan, affirmant que toutes les cibles avaient été détruites et avertissant que de nouvelles frappes entraîneraient une riposte « totalement différente ».

Ciblé par la propagande adverse, le président Pezeshkian a répondu aux rumeurs concernant sa démission, affirmant qu’il resterait en poste tant qu’il serait en vie dans un contexte très délicat où l’Iran fait face aux ennemis.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré qu’il n’y avait actuellement aucune négociation sur le nucléaire avec les États-Unis. Le Président US Donald Trump vient de réitérer pour la 75e fois consécutive depuis février 2026 que l’Iran ne devrait pas avoir la bombe [atomique].

Les dirigeants iraniens, dont le ministre des Affaires étrangères Araghchi, réaffirment que tout cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran est subordonné à l’arrêt immédiat des opérations israéliennes au Liban, tandis que Téhéran nie avec constance la poursuite des négociations sur le nucléaire et menace de riposter à la suite des frappes américaines contre ses sites de radar et de défense aérienne.

Il existe une forme particulière de folie diplomatique qui s’est emparée de Washington D.C. depuis près d’un quart de siècle. Il s’agit de l’hypothèse démentielle selon laquelle la République islamique d’Iran, une civilisation dont l’histoire se mesure en millénaires, se réveillera un jour et signera de son plein gré un document officialisant sa capitulation stratégique totale.

Soyons réalistes : Téhéran ne négociera jamais sa capitulation nucléaire. Ni le mois prochain, ni l’année prochaine, ni au cours de ce siècle, ni le siècle suivant.

Tant que Washington continuera d’exiger le démantèlement total, vérifiable et définitif du cycle du combustible nucléaire iranien, le conflit ne sera pas simplement dans l’impasse : il sera structurellement éternel. Et techniquement, il l’est déjà.

Depuis 2002, la position de négociation occidentale répondant à la paranoïa israélienne est une cible mouvante, conçue pour être manquée.

Au départ, on exigeait la suspension de l’enrichissement de l’uranium. L’Iran s’y est totalement conformé. Cela ne suffisait pas. On a exigé la suppression totale des centrifugeuses. Lorsque l’Iran a refusé, la ligne rouge s’est déplacée vers des calculs du « délai de rupture » que seul Washington avait le droit de définir.

Le Plan d’action global conjoint (JCPOA) de 2015 a démontré qu’il ne s’agissait pas d’une question nucléaire. L’Iran a littéralement coulé du béton dans le cœur de son réacteur à eau lourde d’Arak, a expédié 97 % de son uranium enrichi et a autorisé l’installation de caméras à l’intérieur de ses sites militaires les plus surveillés. L’AIEA a vérifié le respect des engagements à quatorze reprises.

Cela n’avait servi à rien. Les représentants israéliens continueraient à faire les pitres aux Nations Unies avec des pancartes sur l’imminence de la bombe iranienne (toujours à J-15 depuis 2002) et les lobbies pro-israéliens mettaient les bouchées doubles et une pression terrible sur les responsables US et occidentaux pour demander plus à l’Iran faute de l’attaquer frontalement.

Résultat ? Les États-Unis ont unilatéralement rompu l’accord de 2015 et assassiné le général qui combattait Daech, cette création d’Israël au Moyen-Orient.

Ce n’est pas une négociation. Il s’agit d’un cycle d’humiliation rituel où le statu quo final acceptable est toujours la « capitulation totale et absolue ».

Aucun État souverain doté du poids régional et de la mémoire historique de l’Iran n’acceptera cela. Les États-Unis démantèleraient-ils leur programme nucléaire si la Chine l’exigeait ? Videraient-ils leurs silos de missiles Minuteman à la demande de l’Europe ? L’absurdité de la question reflète l’absurdité de l’exigence imposée à Téhéran.

Les analystes américains attribuent souvent le refus de l’Iran de capituler à une théocratie irrationnelle ou à un entêtement idéologique. Il s’agit là d’une erreur d’interprétation totale et fatale. La culture stratégique iranienne contemporaine est marquée par une expérience profondément ancrée dans la psyché nationale : une guerre imposée et l’isolement, suivis des événements de 1953.

L’ombre de l’opération Ajax

Le coup d’État orchestré en 1953 par la CIA et le MI6, l’opération Ajax, qui a renversé Mohammad Mossadegh, élu démocratiquement, n’était pas un grief lointain et obsolète : c’est le traumatisme fondateur de l’État moderne iranien.

Pourquoi l’Occident a-t-il détruit la démocratie iranienne ? Parce que Mosaddegh a nationalisé le pétrole. La leçon tirée par l’establishment de Téhéran, tant laïc que religieux, était limpide : l’Occident ne respecte pas la souveraineté ; il respecte la dissuasion.

Durant les années 1980, pendant la guerre Iran-Irak, alors que Saddam Hussein utilisait massivement des armes chimiques contre les troupes iraniennes, où étaient donc passés les défenseurs occidentaux de la morale ? Les États-Unis et l’Europe ont détourné le regard, puisqu’ils fournissaient des armes, des renseignements satellitaires et les composants binaires des armes chimiques à Bagdad dans le cadre de la stratégie du double endiguement (affaiblissement mutuel de l’Irak et de l’Iran au profit stratégique d’Israël). Le Conseil de sécurité des Nations unies n’a jamais condamné une seule attaque chimique. La communauté internationale a donné une leçon brutale à l’Iran : les armes de destruction massive ne posent problème que si vous ne les possédez pas, mais que votre ennemi génocidaire en dispose. Et pour ceux qui dorment encore, Israël dispose d’armes nucléaires, biologiques et chimiques.

Aujourd’hui, les mêmes puissances qui ont armé et encouragé des attaques aux armes chimiques exigent que l’Iran démantelé le seul moyen de dissuasion qu’il n’ai jamais réussi à mettre en place. Du point de vue iranien, il ne s’agit pas de paranoïa mais d’une répétition de schéma et donc d’une constatation des faits.

Le paradigme de la bombe

L’obsession de Washington pour le paradigme de l’arme nucléaire unique ne tient pas compte du fait que l’Iran ne cherche pas à se doter d’une capacité immédiate de destruction de villes. D’ailleurs la fatwa de Ali Khamenei a interdit le développement d’une arme nucléaire ou même de ce que l’on appelle une bombe radiologique ou bombe sale. L’Iran met en œuvre une option japonaise : atteindre un seuil de maturité technologique. L’objectif n’est pas de voir un champignon atomique s’élever au-dessus de Tel-Aviv, ce qui reviendrait à un suicide national car l’ensemble des têtes nucléaires opérationnelles des États-Unis, de Grande-Bretagne et de la France s’abattaient directement sur son territoire. L’objectif initial était d’être à deux doigts de disposer d’un engin nucléaire, au cas où le pouvoir serait confronté à une intervention existentielle, à la manière de celle menée en Libye.

Cela semble tordu. Un autre acteur international aurait opté directement pour l’acquisition de l’arme nucléaire. Ce qui lui aurait épargné une agression externe. Mais le pouvoir bicéphale iranien a toujours été traversé par de nombreuses contradictions et un mode de pensée impossible à déchiffrer.

La République islamique a vu le colonel libyen Kadhafi remettre toutes ses centrifugeuses en 2003 en échange d’une reconnaissance internationale et quelques futilités livrées par avions présidentiels (inutiles à évoquer ici).

Treize ans après avoir livré ces centrifugeuses, démantelé tout son modeste programme nucléaire civil et cédé sur tous les points de contentieux, le dirigeant libyen a été traîné dans les rues de Syrte et sodomisé à la baïonnette tandis que les puissances occidentales bombardaient son pays depuis le ciel et la mer. Le calcul de survie du régime ne saurait être plus clair. L’exigence d’un enrichissement zéro est, aux oreilles des Iraniens, une invitation au suicide.

Nous assistons à un cercle vicieux. Les États-Unis exigent le démantèlement complet comme condition préalable à la levée des sanctions. L’Iran exige la levée définitive et irréversible des sanctions comme condition préalable à tout autre demande. Les États-Unis ne pourront jamais lever définitivement les sanctions, car l’architecture législative de la pression maximale rend leur démantèlement structurellement impossible. L’Iran ne pourra jamais procéder à un démantèlement complet, car le pouvoir considère la capacité de réserve comme sa seule garantie de survie. L’impasse est totale.

La chambre d’écho de l’échec

Ce qui frappe à ce sujet, c’est le refus de Washington de tirer les leçons de ses propres succès passés. La résolution des conflits nucléaires n’est pas impossible ; le désarmement, lui, l’est. Les États-Unis n’exigent pas de l’Inde, du Pakistan ou d’Israël qu’ils démantèlent leurs arsenaux nucléaires en croissance rapide. Ils gèrent la dissuasion. Le cas de la Corée du Nord montre que la capitulation totale relève de l’utopie, et pourtant, ils appliquent à Téhéran ce même modèle irréalisable avec une ferveur quasi religieuse.

Comme aucune issue n’est envisageable, l’état d’enlisement devient l’instrument permanent de la politique. Un Iran maîtrisé, soumis à des sanctions, mais en pleine avancée technologique, sert trop d’intérêts bureaucratiques — qu’il s’agisse de la vente d’armes aux monarchies du Golfe ou de l’image d’une fermeté à l’intérieur du pays. La négociation est devenue un village Potemkine où l’objectif n’est pas de parvenir à un accord, mais de mettre en scène le refus iranien.

Et c’est là que l’hypothèse la plus intéressante surgit: Trump pourrait utiliser cette situation pour contrer le chantage israélien contre lui et son épouse. Trump cède et agit par impulsions, affirme tout et son contraire, tweete presque n’importe quoi mais fait en sorte que tout s’enlise et qu’Israël n’obtient pas ce qu’il cherche depuis toujours. Cette hypothèse n’est pas aussi farfelue car elle relève moins de la théorie des jeux que des négociations entre businessmen véreux et corrompus qui se tiennent par le chantage et où la mauvaise foi est la loi première.

Cette hypothèse est à surveiller de près.

En fin de compte, pour comprendre pourquoi il s’agit d’un conflit sans issue, il faut accepter que l’Iran fonctionne selon une échelle de temps différente. Les rancœurs historiques évoquées dans la presse occidentale ne sont pas des émotions passagères ; elles constituent le fondement de l’identité de l’État iranien. L’accord anglo-persan de 1919, le coup d’État de 1953, la destruction d’un avion de ligne iranien par l’USS Vincennes en 1988 : ce ne sont pas là de simples notes de bas de page poussiéreuses. Dans le récit iranien, ils constituent une ligne continue et ininterrompue de trahisons occidentales.

Un pays qui continue de donner aux rues le nom des victimes du massacre d’un avion de ligne survenu en 1988 n’est pas un pays qui se remet d’un coup d’État. Il se souvient. Et tant qu’il se souviendra, il ne baissera pas les bras face aux promesses d’un pouvoir adverse auquel il ne fait fondamentalement pas confiance.

Le monde doit se rendre à une dure réalité : le JCPOA représentait le summum de ce qui était politiquement et techniquement réalisable. Nous ne verrons probablement plus jamais un accord aussi intrusif et restrictif. Si l’objectif diplomatique de l’axe Washington/Tel-Aviv reste l’élimination totale du savoir-faire nucléaire iranien, nous ne sommes pas du tout face à un processus de négociations mais face à un état de siège.

Et historiquement, les sièges ne se terminent pas par une poignée de main. Ils se terminent soit par l’effondrement d’un des camps, soit par la résistance indéfinie des remparts.

Au vu de l’évolution rapide des sites de centrifugation iraniens et de la solidité des structures de son pouvoir révolutionnaire, on parie sur les remparts jusqu’à l’émergence d’une surprise stratégique.

Strategika510