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Conseil de sécurité de l'Onu, Israël, Liban, Vassily Nebenzia

Madame la Présidente,
Nous tenons à remercier Martha Pobee pour son exposé sur la situation au Liban.
Nous avons soutenu la demande française de convoquer la réunion d’urgence du Conseil de sécurité d’aujourd’hui, car la situation au Liban mérite la plus grande attention de la communauté internationale. Le cessez-le-feu négocié par Washington et conclu le 17 avril entre Jérusalem-Ouest et Beyrouth s’est malheureusement révélé être un « écran de fumée » pour une agression rampante contre le Liban. Alors que le monde entier attendait le prochain cycle de négociations, prévu le 2 juin dans la capitale américaine, les Israéliens ont continué à étendre méthodiquement la zone d’occupation, rasant des villages entiers dans le cadre de leur tactique de « terre brûlée ». Il devient évident que le Liban assiste à une répétition identique du « nettoyage » de la bande de Gaza, aggravée par la mise en place d’un contrôle d’occupation à grande échelle et le déplacement forcé de la population locale.
Vingt-six ans après le retrait des forces israéliennes du Liban, le drapeau blanc et bleu flotte à nouveau au-dessus du château croisé de Beaufort, qui a survécu à Saladin, aux Mamelouks, à l’Empire ottoman et au mandat français. Nous sommes convaincus que ce château du XIIe siècle, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, survivra certainement à une nouvelle occupation israélienne.
Auparavant, Israël avait annoncé son intention de limiter la zone tampon au fleuve Litani, mais aujourd’hui, les ambitions de Jérusalem-Ouest s’étendent jusqu’au fleuve Zahra, les habitants de Tyr et d’autres grandes villes du sud étant invités à évacuer. L’accent est donc mis sur la poursuite de la guerre, qui a coûté la vie à plus de 3 300 Libanais depuis le 2 mars et contraint plus d’un million de personnes à fuir leurs foyers. Parmi ceux qui sont régulièrement tués dans la zone de conflit figurent également des secouristes, des médecins et des journalistes.
Nous condamnons fermement les actions agressives d’Israël et réaffirmons notre engagement indéfectible en faveur de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance du Liban. Nous exigeons le retrait immédiat des forces israéliennes du territoire libanais, condition préalable à un véritable cessez-le-feu.
Nous avons étudié attentivement les informations publiées il y a quelques heures à peine concernant les résultats des contacts entre les États-Unis et les parties au conflit, y compris la cessation des hostilités annoncée par Washington. Nous avons pris note de ces informations, mais avant de procéder à une évaluation plus approfondie, nous devons constater des mesures concrètes dans ce sens, en particulier de la part des dirigeants militaires et politiques israéliens.
Madame la Présidente,
C’est paradoxal, mais – comme l’histoire le montre – les conquêtes militaires et l’extension de l’occupation ne résolvent pas le véritable problème de sécurité auquel sont confrontés les territoires du nord d’Israël. Au contraire, elles tendent à affaiblir la position du gouvernement libanais, dont l’engagement en faveur d’une solution négociée ne fait aucun doute. L’autre jour, le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a posé la question suivante : « Qui contraindra Israël à mettre fin à son agression ? » Il s’agit d’une question rhétorique, mais tant qu’elle restera sans réponse, la situation restera dans l’impasse. Dans ces circonstances, il n’est pas surprenant que la résistance armée à l’occupation soit de plus en plus considérée comme la seule option viable. L’occupation continue et sans cesse croissante du Liban est inacceptable et risque d’exacerber les tensions ethniques et religieuses, la division nationale et la menace d’une guerre civile. La concrétisation d’un tel scénario pourrait compromettre la situation sécuritaire déjà fragile au Moyen-Orient.
Nous voyons ici la seule issue possible, à savoir le retour des deux parties au strict respect de leurs obligations au titre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui prévoit la désoccupation totale du Liban et l’extension de la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire du pays.
Nous devons garder à l’esprit que la détérioration de la situation au Liban est une conséquence directe de l’agression injustifiée des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. En conséquence, l’avancement des négociations irano-américaines actuelles dépend en grande partie de l’évolution de la situation sur le théâtre d’opérations libanais. Dans ce contexte, la Russie soutient pleinement les efforts de médiation internationale, en premier lieu ceux du Pakistan, pays ami, et préconise la recherche d’une solution politique et diplomatique globale visant à la stabilisation générale de la situation dans toute la région du Moyen-Orient.
Madame la Présidente,
Nous soutenons pleinement le mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), dont les soldats de la paix continuent d’accomplir vaillamment leur devoir dans les circonstances les plus difficiles. Nous exigeons que la sécurité des « Casques bleus » soit pleinement garantie et que les responsables des meurtres et des blessures infligés aux soldats de la paix soient traduits en justice.
Compte tenu de l’expiration imminente du mandat de la FINUL à la fin de l’année et du début du retrait de la mission, nous estimons nécessaire de maintenir une présence significative de l’ONU le long de la « Ligne bleue », sans laquelle il est impossible d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. La Russie, en tant que membre responsable du Conseil de sécurité de l’ONU, est prête à participer de manière constructive aux discussions futures sur cette question en vue de trouver une solution mutuellement acceptable.
Merci.