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Ibrahim Al-Amine

Ruines endommagées par l’attaque israélienne contre la ville de Tyre (Ali Hashishou)
  • Comment la question du retrait du Sud s’est-elle retrouvée au cœur des négociations ?
  • L’Arabie saoudite mène la campagne d’incitation et appelle Aoun et Salam à s’en tenir au désarmement

Beaucoup de choses se sont passées au cours des dernières 48 heures. Tout a commencé avec l’annonce par le président américain Donald Trump de son accord sur le projet de protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Il a toutefois semblé précipité dans cette annonce avant que les derniers détails ne soient finalisés. Par la suite, il a informé les différentes parties que l’accord américain visait à geler les opérations militaires et à revenir à la trêve déclarée entre les deux camps.

Parallèlement, des pourparlers approfondis avaient débuté au Qatar. Le médiateur pakistanais n’a pas quitté la scène, mais les États-Unis se sont retrouvés dans le besoin de Doha à ce stade. Et lorsqu’on négocie avec une personnalité comme Trump, les choses ne se déroulent pas nécessairement selon un seul scénario. Il veut un accord, et il le veut rapidement. Cela n’a rien à voir ni avec la Coupe du monde, ni avec les préparatifs du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, ni même avec les prochaines élections de mi-mandat. Trump, toujours impliqué dans le monde de la finance et des affaires, subissait en effet une pression croissante de la part des marchés. Mais la pression la plus forte venait cette fois-ci des pays de la région eux-mêmes.

Il ne faudra pas attendre longtemps avant que les informations relatives au réseau de communication qui a été actif dans la région ces derniers temps ne soient révélées. Il est vrai que les médias dominés par les États-Unis et les pays du Golfe tentent de confiner le débat à un cadre précis, et que leurs responsables s’engagent à ne pas mettre en lumière les répercussions de la guerre sur les pays du Golfe eux-mêmes. Cependant, Trump constatait chaque jour le fossé grandissant entre les pays du Golfe eux-mêmes, et recevait régulièrement des messages de l’Arabie saoudite, du Qatar et du Koweït appelant à l’arrêt de la guerre. Plus important encore, il a commencé à entendre, même avec étonnement, que ces pays désignaient désormais Israël comme une source d’inquiétude et de danger.

Conscient des difficultés rencontrées par l’armée américaine dans la gestion des opérations militaires pendant la guerre, Trump a tenté de rejeter la responsabilité sur certains pays du Golfe. Des militaires à Washington ont rapporté que les pays du Golfe avaient demandé aux États-Unis, environ vingt jours après le début de la guerre, de réduire l’utilisation de leur territoire dans le cadre des opérations militaires. Cela a coïncidé avec l’envoi par le Qatar, le Koweït et l’Arabie saoudite de messages répétés à l’Iran lui demandant de cesser toute activité militaire dans un certain nombre de bases et d’aéroports.

Il est vrai que les Émirats arabes unis sont restés en marge et que leurs dirigeants se sont engagés dans la guerre aux côtés d’Israël, mais ceux-ci ont également pris conscience que les dégâts dépassaient leurs estimations, et des voix ont commencé à s’élever parmi les dirigeants de Ras al-Khaïmah, de Sharjah et même de Dubaï, tandis que la Banque centrale d’Abou Dhabi déployait des efforts considérables pour fournir les liquidités nécessaires afin d’empêcher l’effondrement du marché des investissements. Pendant ce temps, Trump s’employait à définir le cadre général de l’accord qu’il souhaitait.

Il a exigé que le protocole d’accord comporte une référence claire au dossier nucléaire, incluant un engagement de l’Iran à ne pas posséder d’arme nucléaire et à se montrer disposé à approfondir les discussions sur l’avenir du programme nucléaire. Il a également insisté pour qu’une clause explicite garantisse le maintien du détroit d’Ormuz ouvert à la navigation sans restriction. En contrepartie, il était prêt à faire des concessions. Il a ainsi annoncé que le blocus imposé à l’Iran prendrait fin immédiatement. Bien qu’il soit resté prudent concernant la question des fonds iraniens gelés, il était conscient que tout accord sérieux nécessiterait un mécanisme permettant à Téhéran d’accéder à une partie de ces fonds. C’est pourquoi il a présenté des propositions à cet égard, qui se sont heurtées à un refus catégorique de la part de l’Iran.

Lorsque Trump a exprimé sa colère et ordonné des opérations de provocation dans le golfe Persique et la mer d’Oman, il n’a pas pris en compte le fait que l’Iran était prêt à ce scénario, voire désireux de cette escalade. Ce qui a conduit à une nouvelle montée des tensions.

Le président américain a été surpris par le relèvement par Téhéran du plafond de ses exigences financières, le montant proposé atteignant 50 milliards de dollars. À ce stade, les Qataris sont entrés en médiation avec des propositions visant à trouver une issue qui préserve la face de toutes les parties et permette à Téhéran d’obtenir près de la moitié de la somme demandée, soit environ 24 milliards de dollars, par le biais de mécanismes dont les médiateurs ne jugent pas nécessaire de dévoiler les détails pour l’instant, et d’une manière qui ne place pas Trump dans la position de celui qui a fait une concession directe. En contrepartie, ce dernier s’est engagé à ce que, en échange de la garantie de l’ouverture du détroit d’Ormuz à la navigation internationale et de l’absence de taxes ou de frais imposés aux navires de passage, les États-Unis s’orientent vers la levée des restrictions imposées aux exportations de pétrole et de gaz iraniens, même si ce n’est que de manière pratique et non officielle dans un premier temps, ce qui donnerait à l’Iran l’occasion d’écouler les importantes quantités de pétrole et de gaz accumulées au cours des trois derniers mois et d’en tirer d’énormes recettes financières.

Quelle est la place d’Israël dans cet accord ?

Tout cela se passait alors que la position d’Israël dans l’accord à venir restait très floue. Il est frappant de noter ce qu’a rapporté l’un des participants aux négociations, qui a déclaré avoir demandé avec étonnement : « Se pourrait-il que Trump en soit à un stade où il ne tient pas Israël au courant de tout ce qui se passe ? ».

Cette question découlait de l’impression dominante chez toutes les parties, de l’Iran aux États-Unis en passant par le Pakistan et plusieurs pays du Golfe, selon laquelle l’accord comporte des gains importants pour l’Iran, tandis qu’Israël semble être le grand perdant. Certains participants ont même eu l’impression que Washington ne se contentait pas de contenir les répercussions de la guerre, mais procédait en même temps à une révision plus large de sa stratégie dans la région.

C’est précisément à ce moment-là que la question israélienne est revenue avec force sur le devant de la scène, alors que la discussion abordait la question libanaise. Lors de la précédente série de contacts, les Américains et les Iraniens négociaient sous la pression du terrain, tandis que le médiateur pakistanais n’était pas très présent. Et lorsqu’il a été convenu que le Liban serait inclus dans le cessez-le-feu, Trump n’était pas convaincu que l’Iran avait le droit d’imposer une telle condition. Il savait également que le cessez-le-feu n’était pas un prélude à un accord global avec Téhéran, ce qu’il considérait comme une raison suffisante pour maintenir le dossier libanais en dehors de l’accord.

Le rôle du Qatar dans les négociations s’est renforcé et a contribué à résoudre le problème des fonds gelés, tandis que Trump a entendu les demandes répétées des pays du Golfe visant à mettre fin à la guerre contre l’Iran

Par ailleurs, un autre facteur est entré en jeu : l’illusion répandue dans certains cercles américains selon laquelle il serait possible de tirer profit de la situation au Liban en lançant un processus de négociation indépendant des négociations avec l’Iran. Cette opinion a rapidement trouvé des partisans au Liban, aux États-Unis et même en Arabie saoudite.

Et lorsque Israël a annoncé qu’il n’était pas concerné par la trêve du 8 avril et s’est empressé de commettre le massacre du « mercredi noir », il pensait que les choses se dérouleraient selon ses calculs. Trump, à ce moment-là, ne s’y opposait pas.

De même, l’Arabie saoudite soutenait cette option, contrairement à tout ce qui avait été avancé au Liban concernant un changement de position de Riyad face au déroulement des événements. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan, soutenait, de manière directe et continue, la voie tracée par les présidents Joseph Aoun et Nawaf Salam. Tout ce que Riyad a ajouté à ce stade, c’est de s’efforcer de nouer une relation plus solide avec le président de la Chambre des députés, Nabih Berri, dans le but de contenir toute « colère interne » que le Hezbollah pourrait exprimer. La position saoudienne est restée identique à celle des États-Unis, et les deux parties ont continué à faire savoir à Aoun et Salam que le désarmement du Hezbollah sur l’ensemble du territoire libanais devait rester une condition sine qua non de tout accord.

Mais Ben Farhan a essuyé un revers ailleurs. Il comptait en effet sur le succès des efforts visant à convaincre le président syrien Ahmad al-Sharaa d’intervenir dans la guerre au Liban, ce qui aurait permis à l’Arabie saoudite de recevoir « ce qui correspond à sa position » au-delà de ses frontières méridionales. Les Saoudiens ont appris qu’une nouvelle escalade pourrait entraîner la destruction de l’oléoduc reliant la région orientale à la mer Rouge, et que les ports saoudiens de la mer Rouge risquaient d’être complètement paralysés.

Avec le temps, les Américains ont commencé à réaliser que l’Iran prenait très au sérieux le dossier libanais, et des militaires américains ont pris l’initiative de transmettre cette conclusion directement à la Maison Blanche ; certains d’entre eux sont même allés, pour la première fois, parler ouvertement de l’échec de la campagne israélienne contre le Hezbollah à atteindre les objectifs qui lui avaient été fixés. Ces évaluations ont coïncidé avec des rapports en provenance de Beyrouth indiquant une forte exagération dans la description des divisions internes libanaises, telle que la présentent les partisans de la guerre contre le Hezbollah, accompagnés d’un « avertissement marquant » selon lequel la poursuite d’une politique de pressions croissantes pourrait entraîner des pertes plus importantes. Néanmoins, le courant le plus proche d’Israël a continué à gagner du terrain au sein des cercles décisionnels américains, que ce soit en intensifiant les pressions politiques sur le Liban ou en continuant à considérer les agressions israéliennes comme des mesures justifiées et nécessaires.

À mesure que les discussions sur les termes de l’accord entre Washington et Téhéran avançaient, la sensibilité du dossier libanais est apparue de plus en plus clairement. Très vite, un certain nombre de médiateurs et de responsables participant aux contacts se sont convaincus que le Liban pouvait, à tout moment, devenir la bombe à retardement susceptible de faire capoter l’accord.

La manœuvre israélienne

Dans les premiers documents des négociations entre les États-Unis et l’Iran, Washington avait accepté d’inclure le Liban dans le point relatif à la cessation des hostilités. Mais la discussion s’est rapidement compliquée autour de la nature de la formulation requise : s’agissait-il d’un cessez-le-feu ou d’une fin de la guerre ? Les Américains ont vite compris que l’Iran poussait à l’adoption d’une définition unifiée de toutes les guerres en cours dans la région, c’est-à-dire la « fin de la guerre » avec toutes les obligations et mesures sur le terrain que cela implique.

Pendant ce temps, Israël avait de plus en plus le sentiment que les États-Unis voulaient lui faire payer une partie du prix de l’accord. Il savait que le débat ne portait plus sur la cessation de l’agression contre l’Iran, cette question ayant été réglée très tôt, et qu’on lui demandait de reconnaître publiquement son engagement envers ce que les Américains auraient obtenu concernant le front iranien. Mais Tel-Aviv a continué à camper sur sa position selon laquelle le Liban devait rester en dehors de tout accord avec Téhéran. Au cours des discussions, les médiateurs ont constaté qu’Israël avait demandé aux Américains de se contenter d’annoncer un cessez-le-feu au Liban, son pari sur ce point reposant sur deux éléments :

Premièrement, l’annonce d’un cessez-le-feu sur la base d’un arrêt des opérations militaires des deux côtés, sans qu’Israël ne s’engage à prendre d’autres mesures, tout en conservant une liberté d’action totale. Selon cette vision, elle pourrait attendre un court laps de temps avant de rallumer le front par divers moyens permettant de reprendre la guerre sans que l’Iran ait la capacité ou la justification d’intervenir directement.

Deuxièmement, que les autorités à Beyrouth s’engagent dans cette voie. Or, il semble que les présidents Joseph Aoun et Nawaf Salam se trouvent dans la « situation la plus risquée », car il s’avère qu’ils sont impliqués au plus haut point dans une bataille visant non seulement à éloigner l’Iran du Liban, mais aussi à chasser le Hezbollah du Liban lui-même. Toutes les mesures et actions prises par ces deux hommes, depuis les décisions du 2 mars, en passant par la voie des négociations directes et les engagements concernant les installations du parti, jusqu’aux mesures internes qui ont visé le parti et ses partisans, ainsi que les pressions exercées sur les déplacés, vont dans le sens de cette voie.

C’est le problème de Trump !

Lors de discussions en marge, les médiateurs ont entendu de la part de la partie iranienne que l’argument récurrent avancé par l’administration américaine, selon lequel elle n’est pas en mesure de contraindre Israël à un accord global, ne convainc personne. Les médiateurs qataris et pakistanais ont d’ailleurs exprimé une conviction similaire, ce qui a poussé les États-Unis à chercher une issue.

La nature des discussions qui ont eu lieu entre Washington et Tel-Aviv à ce stade nécessite encore un examen approfondi. Mais d’après ce qui est parvenu aux médiateurs, certaines personnalités les plus proches de la position israélienne auraient été écartées du dossier des négociations, ou du moins leur rôle aurait été réduit. En revanche, le courant dirigé par le vice-président J.D. Vance et le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio a commencé à renforcer sa présence dans les discussions, partant du principe que les intérêts américains ne peuvent rester entièrement otages des exigences israéliennes.

Le pouvoir aide l’ennemi à manœuvrer pour séparer les fronts, à conserver sa liberté de mouvement et à rester dans le sud jusqu’à ce qu’un accord direct soit conclu avec le Liban officiel, tandis que les négociations à Washington se poursuivent sans garanties

Dans les échanges de correspondance, Téhéran a affirmé que la fin de la guerre au Liban englobe tout ce qui touche à la guerre et à ses conséquences. Dans cette optique, la poursuite de l’occupation israélienne constitue une forme de guerre et pourrait être à l’origine d’une reprise des combats, car Israël trouvera toujours un prétexte pour reprendre les bombardements et les assassinats sous le couvert de la lutte contre les menaces sécuritaires, ce qui entraînera inévitablement une riposte de la résistance au Liban, relançant ainsi le cycle de la confrontation.

La position iranienne ne s’est pas limitée à cette interprétation politique. Téhéran a ajouté que le haut commandement iranien, sous les directives directes du Guide suprême Mojtaba Khamenei, considère qu’il n’est pas possible de laisser le Hezbollah seul dans une nouvelle guerre. Par conséquent, si les combats reprennent au Liban, l’Iran se verra contraint de revenir à la confrontation, même s’il doit l’affronter directement et seul face à Israël, ce qui aura des répercussions profondes sur l’ensemble du processus de règlement en cours avec les États-Unis.

Bien sûr, il serait naïf de croire que les États-Unis ont décidé d’abandonner Israël. Mais, pour la première fois, des voix se font entendre au sein de la Maison Blanche pour rappeler qu’Israël ne se résume pas au gouvernement de Benjamin Netanyahou. Au fil du temps, le débat s’est intensifié sur l’influence des calculs et des élections internes israéliens sur les décisions du gouvernement, ainsi que sur le fait que les agissements de Tel-Aviv menacent désormais réellement, et non plus seulement en théorie, le sort de tout accord avec l’Iran.

Au plus fort des pressions, les Américains ont commencé à évoquer une formule de compromis pour le dossier libanais, selon laquelle les États-Unis garantiraient l’engagement d’Israël à un cessez-le-feu total, parallèlement à l’exercice de pressions intenses pour que les négociations directes entre le Liban et Israël aboutissent à un accord de sécurité conduisant à un retrait israélien complet des territoires libanais occupés.

Cependant, des discussions parallèles se déroulaient en marge des négociations, et parmi les informations rapportées dans ce contexte, il a été rapporté que le Hezbollah avait fait savoir aux Iraniens qu’un cessez-le-feu, sans aucune autre mesure concrète, ne résoudrait pas le fond du problème, et que l’inclusion de la question du retrait israélien dans le protocole d’accord constituait une condition essentielle, et qu’il offre à l’Iran une garantie politique et juridique lui permettant de se considérer comme non liée par l’accord si les États-Unis ne s’engagent pas à mettre en œuvre le retrait dans un « délai raisonnable ». Il a également été question de la nécessité pour Washington de garantir, pendant la durée du cessez-le-feu, qu’Israël mette fin aux opérations de démolition, de destruction et de rasage dans les zones occupées, qu’il n’entrave pas le déploiement de l’armée libanaise dans les zones adjacentes, et qu’aucun obstacle ne soit dressé au retour des habitants des villages libérés dans leurs foyers.

La nouveauté réside dans le fait que Washington a accepté d’ajouter la mention relative au retrait à la clause concernant le Liban, ce qui devrait être consigné dans le document sur lequel repose l’accord qui doit être annoncé. Toutefois, les détails supplémentaires liés à la phase de transition sont toujours en cours de négociation et devraient être finalisés lors de prochains cycles de pourparlers. À ce stade, un ensemble d’échéances s’est imposé à toutes les parties.

Le drone intelligent du Galilée

Hier, alors que les forces d’occupation étudiaient les moyens d’intensifier leur offensive terrestre en direction de Telli Ali al-Tahir et de la région de Majdal Zoun, la résistance a lancé une salve de drones en direction des forces israéliennes. L’un d’entre eux a pénétré dans l’espace aérien palestinien et a explosé sur un site israélien situé à quelques centaines de mètres de la frontière. Mais le message est bien passé. L’ennemi a rapidement compris le message et a estimé, comme par le passé, que le Hezbollah était tombé dans le piège. Il a jugé que l’heure de la vengeance avait sonné et qu’il fallait porter un coup à l’accord avec l’Iran. Avant même que Washington n’ait eu le temps de réagir, l’ordre a été donné au commandement militaire de frapper la banlieue sud et de cibler un centre vide du Hezbollah, et l’armée de l’air a été chargée de mener une vaste série de raids sur les zones du sud et de détruire le plus grand nombre possible de maisons.

Peu de temps après l’annonce du bombardement de la banlieue, la situation s’est complètement renversée. Il n’a pas fallu longtemps à Donald Trump pour prendre conscience des nouvelles inquiétantes en provenance de la région. Le bombardement de la banlieue n’était pas un événement anodin pour lui. Et comme les choses se passent parfois de manière très simple, Trump a demandé ce qu’avait fait le Hezbollah, et lorsqu’il a pris connaissance de la situation, il s’est empressé de réprimander Netanyahou, mais cela ne s’est pas arrêté là. Il devait en effet s’empresser de contenir la position iranienne.

De l’après-midi jusqu’au soir, les médiateurs ont travaillé sans relâche pour transmettre des demandes à la direction iranienne afin qu’elle ne riposte pas contre Israël, affirmant que cette riposte était exactement ce que voulait Israël, que Trump était prêt à garantir qu’Israël ne réitérerait pas son geste, et qu’il était prêt à accélérer la signature de l’accord et à hâter les mesures de mise en œuvre. Mais il a appris par les médiateurs que les Iraniens voyaient les choses différemment. Ils estiment que Netanyahou n’a agi ainsi qu’après s’être concerté avec Trump, et que ce dernier semble incapable de garantir l’accord.

Pendant au moins deux heures, les voix se sont élevées avec force. Les téléphones n’ont cessé de sonner dans toutes les capitales. Jusqu’à ce que vienne la proposition en or de Trump : « Bon, nous allons retarder la signature du protocole d’accord, j’accepte de repousser la date à vendredi prochain, et je m’efforcerai d’imposer à Israël des mesures immédiates, mais à condition que l’Iran ne riposte pas. »

Au fil du temps, des informations ont filtré dans les médias concernant le tir de roquettes depuis le Liban en direction de Kiryat Shmona. Personne ne s’est intéressé à ces nouvelles. Mais Trump était en train de négocier avec l’Iran le prix à payer pour empêcher sa riposte contre Israël. C’est alors qu’il a entendu la phrase la plus cruelle, celle qui lui demandait de faire ce qui était le plus difficile : l’Iran a exigé l’arrêt des bombardements sur tout le sud et pas seulement sur la banlieue !

Trump s’est empressé de réagir sur le fond. Il a tweeté qu’il avait demandé à Netanyahou de cesser les bombardements sur l’ensemble du Liban. Il a repris contact avec les médiateurs en attendant la réaction de l’Iran. Mais ce dernier a déclaré que la seule chance de sauver la situation était que, tant que l’accord était finalisé et que le différend sur la date de signature était réglé, le plus important était désormais de commencer immédiatement à appliquer la décision de cessez-le-feu, une mesure qui concerne exclusivement le Liban.

Trump a dû communiquer rapidement et intensément avec Netanyahou, ce dernier étant pris au piège d’une crise multilatérale. Mais Israël ne semble pas en mesure de tenir tête très longtemps, surtout lorsqu’il s’agit de la sécurité nationale des États-Unis. C’est pourquoi Netanyahou a dû tenter d’obtenir de meilleurs résultats. Il a donc dit à Trump qu’il accéderait à sa demande, mais qu’il souhaitait le rencontrer rapidement, et qu’il pouvait le rejoindre en Europe pour s’entretenir avec lui, car il fallait discuter de la situation. Mais Trump ne s’intéressait qu’à la première étape : va demander à ton armée de mettre fin immédiatement à la guerre au Liban… et tout ira bien !

Al Akhbar