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Par Robert Inlakesh
L’Axe de la Résistance, mené par l’Iran, a mis à profit sa puissance collective pour relever avec succès tous les défis qui se présentaient à lui.
L’objectif de la guerre contre l’Iran était d’ouvrir la voie au « Grand Israël » et à la domination totale des États-Unis et d’Israël en provoquant un changement de régime, mais l’issue de cette guerre vient peut-être d’enterrer ce projet pour toujours.
Le retour en force sans précédent du Hezbollah, combiné à la performance impressionnante de l’Iran, a bouleversé le rapport de force de manière si spectaculaire que les Israéliens sont remis à leur place.
Dès le début de l’attaque contre l’Iran, il était clair que l’objectif était de renverser la République islamique et, par la même occasion, de remporter la « victoire totale » sur les « sept fronts » que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’engageait à atteindre depuis plus de deux ans. Très rapidement, la riposte militaire de l’Iran, suivie de sa stratégie soigneusement calibrée impliquant ses alliés régionaux, a réduit à néant l’objectif de changement de régime.
Dans un récent sondage d’opinion réalisé auprès du public israélien, environ 92 % de la population a déclaré croire que l’Iran est sorti vainqueur de la guerre. Si l’on compare ce résultat aux différents sondages d’opinion menés à la suite de la première guerre de douze jours menée par Israël en juin 2025, le contraste ne pourrait être plus frappant. La majorité des Israéliens avait non seulement soutenu la guerre contre l’Iran l’année dernière, mais s’était également montrée satisfaite de la manière dont elle avait été menée.
Cette fois-ci, l’Iran utilise la menace de la poursuite des hostilités et de la fermeture du détroit d’Ormuz comme armes pour s’assurer une victoire qui est devenue un cauchemar politique pour les Israéliens.
En vertu du protocole d’accord (MoU) actuel, les États-Unis ont cédé à l’Iran sur d’innombrables points : Téhéran encaissera des milliards de droits perçus sur les navires transitant par le détroit d’Ormuz, récupérera ses avoirs gelés, verra toutes les sanctions levées et aura même accès à un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars.
Si les États-Unis tenaient ces engagements, l’Iran serait alors en mesure de prospérer économiquement pour la première fois depuis sa révolution islamique de 1979. Cependant, les retombées économiques ne constituent même pas la plus grande réussite.
Alors que les Israéliens avaient réussi à surfer sur la vague de l’illusion, en utilisant les coups portés au Hezbollah en 2024 comme preuve d’une victoire historique contre l’Axe de la Résistance dirigé par l’Iran, ce discours s’est désormais effondré. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a réussi, au cours des derniers mois, à dissuader efficacement toute action israélienne au Liban par la menace de la force. Même si les Israéliens cherchent à contester cela, il a pour l’instant réussi à instaurer un équilibre de dissuasion dans lequel Tel-Aviv craint de bombarder la capitale libanaise.
Sur le terrain, le Hezbollah a réussi à porter des coups dévastateurs à l’armée israélienne, l’entraînant profondément dans le sud du Liban et recourant à des tactiques de guerre asymétrique qui ont suscité le dégoût de l’opinion publique israélienne envers ses dirigeants et entraîné une perte de confiance dans la capacité de l’armée à défendre les colonies du nord.
Une réalité qui commence désormais à s’imposer, alors qu’Israël échoue à maintes reprises à s’emparer de zones telles que les collines d’Ali Al-Taher, se résignant plutôt à trouver un moyen de récupérer les restes calcinés de ses soldats, piégés à l’intérieur de chars détruits qui se trouvent toujours en territoire contrôlé par le Hezbollah.
L’Axe de la Résistance, mené par l’Iran, a mis à profit sa puissance collective pour relever avec succès tous les défis qui se présentaient à lui. Cela inclut la coordination avec Ansarallah au Yémen pour fermer le détroit de Bab al-Mandab à la navigation israélienne, allant même jusqu’à menacer de le bloquer complètement en cas de nouvelle escalade du conflit.
Les États arabes du Golfe ont également pris conscience des changements dans la dynamique du pouvoir régional, les nations voisines tentant de rétablir leurs relations avec Téhéran. Cela semble même concerner les Émirats arabes unis, qui bombardaient activement l’Iran il y a encore quelques mois à peine. Aujourd’hui, le modèle d’Oman, qui est resté relativement neutre – certains diront qu’il penchait en faveur de l’Iran – pendant le conflit, semble être le plus favorable parmi les États du CCG.
Israël avait espéré que la guerre entraînerait l’effondrement, ou à tout le moins l’affaiblissement considérable de l’État iranien, ce qui aurait conduit tous les États arabes à s’aligner pour normaliser leurs relations avec lui et les resserrer. Au contraire, cette guerre semble dissuader tout effort futur de normalisation.
Le projet du « Grand Israël », visant à étendre les frontières du régime israélien, reposait sur l’effondrement de l’Axe de la Résistance dirigé par l’Iran, ou tout au moins sur son affaiblissement. La seule véritable option susceptible d’aider Israël à survivre aujourd’hui est de garantir une solution à deux États, mais même cela pourrait conduire à un chaos interne en raison de la radicalisation de la société israélienne.
La solution à deux États est l’issue favorable à Israël. La seule autre option est qu’ils continuent à mener des guerres sans fin qu’ils ne peuvent pas gagner, jusqu’à ce qu’ils atteignent le point de l’effondrement total,