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Accord cadre libano-israélien, Désarmement, Etats-Unis, Israël, Liban, occupation, partition

L’accord prétendument négocié par les États-Unis sur le Liban est présenté sous le prétexte de rétablir la sécurité. Pourtant, ses dispositions visent principalement à désarmer la résistance, à consolider l’occupation israélienne et à créer les conditions d’un conflit interne. Cette voie se heurte à d’importants obstacles juridiques, politiques et populaires au sein même du Liban.
Nournews : Après plusieurs jours de prétendues négociations aux États-Unis, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé que Tel-Aviv et Beyrouth étaient parvenus à un accord-cadre. Les architectes de cet arrangement – du gouvernement libanais pro-occidental à Israël en passant par les États-Unis – soutiennent que sa mise en œuvre rétablira la sécurité au Liban et dans l’ensemble de la région. Cependant, les éléments disponibles, en particulier le comportement des États-Unis et d’Israël à Gaza, soulèvent de sérieuses questions quant à ces affirmations.
De plus, le contenu de l’accord proposé semble moins viser à promouvoir la sécurité qu’à engager le Liban sur la voie d’un conflit interne tout en consolidant l’occupation israélienne. Dans le même temps, le peuple libanais, ainsi que les mouvements nationalistes et de résistance, continuent de souligner la nécessité de résister à ce qu’ils qualifient de complot américano-israélien.
Une initiative de sécurité ou un plan pour la guerre civile ?
Les États-Unis affirment vouloir renforcer les Forces armées libanaises et améliorer la sécurité du Liban en allouant une aide de 30 millions de dollars. Comparé aux dizaines de milliards de dollars d’aide militaire que Washington a fournis à Israël, ce montant ressemble toutefois moins à un soutien significatif qu’à une ironie amère.
Compte tenu des limites structurelles de l’armée libanaise, tout effort sincère visant à la renforcer nécessiterait des milliards de dollars sur plusieurs années pour la formation, la modernisation et la reconstruction de ses capacités opérationnelles. Par conséquent, le programme d’aide américain — même s’il est complété par des contributions de certains pays arabes et occidentaux — manque de crédibilité concrète et semble conçu pour poursuivre des objectifs allant au-delà de la sécurité du Liban.
Même les médias israéliens ont reconnu que l’un des principaux objectifs de l’accord est de pousser le gouvernement libanais à la confrontation avec le Hezbollah. Pour Israël, un conflit interne au Liban représente un scénario favorable, et en aggravant la polarisation entre les partisans du gouvernement et ceux de la résistance, il cherche précisément à faciliter un tel dénouement.
L’histoire même du Liban montre où une telle stratégie peut mener. La précédente guerre civile du pays a finalement ouvert la voie à l’avancée des forces israéliennes vers Beyrouth. Les détracteurs considèrent donc l’approche actuelle comme s’inscrivant dans le cadre plus large du projet du « Nouveau Moyen-Orient », associé à la vision sioniste s’étendant « du Nil à l’Euphrate ».
Consolider l’occupation sous le couvert de « zones pilotes »
Bien que Washington affirme que l’accord restaurera la pleine souveraineté du Liban, sa proposition de créer des « zones pilotes » et de transférer progressivement certaines zones à l’armée libanaise raconte une toute autre histoire. Étant donné que ces transferts n’auraient lieu qu’en fonction de la planification et de l’approbation israéliennes, tandis que d’autres zones resteraient sous occupation israélienne, cet arrangement institutionnalise de fait l’occupation dans le cadre du dispositif de sécurité proposé.
En d’autres termes, n’ayant pas réussi à atteindre ses objectifs sur le champ de bataille, Israël semble désormais utiliser cet accord pour légitimer son contrôle sur des zones stratégiquement importantes du sud du Liban. Les détracteurs font valoir que cela reflète son approche à Gaza, où le territoire sous contrôle israélien n’a cessé de s’étendre.
Il convient notamment de noter que l’accord ne prévoit aucun calendrier précis pour le retrait des forces israéliennes. Au contraire, des conditions telles que le désarmement complet du Hezbollah et la certitude absolue d’Israël qu’il ne subsiste aucune menace pour sa sécurité sont présentées comme des conditions préalables à tout retrait futur. L’expérience montre que de telles exigences de vérification pourraient devenir illimitées dans le temps, permettant de fait à l’occupation de se poursuivre indéfiniment.
Cette inquiétude est renforcée par des dispositions qui préserveraient, selon certaines sources, la liberté d’action de l’armée israélienne dans toute la zone de sécurité désignée face à toute menace perçue. Dans la pratique, cela laisserait les opérations militaires israéliennes largement sans restriction.
Par ailleurs, plutôt que de confier à l’armée libanaise la responsabilité de défendre la souveraineté nationale et de repousser toute agression, l’accord définit l’une de ses tâches principales comme étant le désarmement du Hezbollah, lui attribuant ainsi un rôle qui vient compléter les objectifs de sécurité israéliens.
Malgré cela, les dirigeants libanais pro-occidentaux présentent cet accord comme ouvrant la voie au retour des résidents déplacés dans le sud du Liban. Pourtant, des responsables israéliens ont publiquement déclaré que de nombreux résidents libanais ne seraient pas autorisés à revenir et ont évoqué l’intégration de ces zones dans le territoire sous contrôle israélien.
Le Hezbollah : un mouvement de résistance doté d’un statut juridique et d’une légitimité populaire
L’une des caractéristiques centrales de l’accord proposé réside dans le fait que des questions telles que le rétablissement de la pleine souveraineté du Liban, le renforcement de l’armée nationale et la reconstruction du pays sont reportées à une date indéterminée. Sa seule priorité immédiate est le désarmement du Hezbollah — ou, comme le décrivent ses détracteurs, le fait de rendre le Liban sans défense.
Cette approche soulève également des questions juridiques. Dans le cadre juridique et politique actuel du Liban, le Hezbollah bénéficie à la fois d’une reconnaissance légale et d’une légitimité populaire considérable. La doctrine de défense du pays repose depuis longtemps sur trois piliers : l’armée, le peuple et les armes de la résistance. Par conséquent, les opposants font valoir que toute tentative de désarmement du Hezbollah serait contraire à la législation en vigueur.
De plus, toute modification de ce cadre juridique nécessiterait un large consensus national au Parlement — un résultat qui semble peu probable compte tenu de l’opposition de forces politiques chiites, sunnites et chrétiennes importantes.
Le Hezbollah continue par ailleurs de bénéficier d’un soutien public considérable. À la suite des informations faisant état de l’accord proposé, des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses régions du Liban, les participants exprimant leur soutien aux armes de la résistance tout en protestant contre ce qu’ils considéraient comme une politique de compromis.
Pris dans leur ensemble, ces facteurs suggèrent que les négociations entre le gouvernement libanais et Israël se sont déroulées sans consensus juridique ou national large et reflètent plutôt les décisions d’une direction politique particulière. Les détracteurs affirment donc que l’accord manque à la fois de validité juridique et d’applicabilité pratique.
L’accord d’Islamabad : un cadre incontournable
En associant le gouvernement conciliant du Liban à ce projet d’accord, les États-Unis et Israël prétendent promouvoir la sécurité du Liban. Les détracteurs, cependant, soutiennent que cette initiative constitue une tentative infructueuse de contourner l’accord d’Islamabad.
Selon ce point de vue, l’accord en 14 points entre l’Iran et les États-Unis traite explicitement du Liban, de sa sécurité et de son avenir en tant que partie intégrante de l’entente plus large. Par conséquent, ils affirment que l’accord proposé, négocié par les États-Unis, sort du cadre juridique accepté et est donc dépourvu de légitimité.
Dans cette optique, ni les États-Unis ni Israël ne peuvent retirer le dossier libanais du cadre des 14 points ni recourir à des arrangements distincts pour légitimer la présence militaire israélienne. Les partisans de cette interprétation soutiennent que les États-Unis restent tenus, en vertu de l’accord d’Islamabad, de mettre fin à l’occupation israélienne, et qu’aucune initiative parallèle ne peut passer outre à cet engagement ni l’affaiblir.