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États-Unis, cessez-le-feu temporaire, guerre contre l'Iran, Irak, Iran, Négociations entre les États-Unis et l’Iran
Téhéran rejette une trêve temporaire, avertissant que les propositions de Washington n’offrent aucune protection contre une nouvelle agression ou une nouvelle escalade.

L’Iran a rejeté jeudi une proposition de cessez-le-feu transmise par le Premier ministre irakien au nom du président américain Donald Trump, a rapporté le New York Times, citant des responsables iraniens et irakiens, Téhéran refusant d’accepter un accord temporaire n’offrant aucune garantie contre de nouvelles agressions américaines.
Cette évolution intervient alors que Trump continue de menacer d’une escalade de l’agression américaine, y compris d’éventuelles frappes contre des infrastructures iraniennes stratégiques.
Ces responsables, s’exprimant auprès du NYT sous couvert d’anonymat en raison du caractère sensible des discussions relatives à la sécurité nationale, ont indiqué que la visite du Premier ministre Ali al-Zaidi en Iran faisait suite à sa récente rencontre avec Trump à la Maison Blanche.
Les responsables iraniens ont indiqué que les détails de la proposition de cessez-le-feu n’étaient pas immédiatement connus. Ils l’ont toutefois décrite comme la seule proposition actuellement à l’étude et ont précisé que Téhéran n’était pas disposé à accepter un accord temporaire qui laisserait en suspens la question du contrôle du détroit d’Ormuz.
En effet, l’Iran fait valoir que les actions répétées des États-Unis ont démontré une tendance à revenir sur leurs engagements et à utiliser les négociations comme un outil tactique plutôt que comme la base d’engagements durables. Les responsables iraniens citent fréquemment le retrait de Washington en 2018 du Plan d’action global conjoint (JCPOA), alors même que le respect de ses obligations par l’Iran avait été vérifié à l’époque par des inspecteurs internationaux, comme preuve que les engagements américains peuvent être remis en cause par un changement politique.
L’Iran soutient également que l’allègement des sanctions a souvent été retardé, limité ou remplacé par de nouvelles restrictions, renforçant ainsi une stratégie de « double jeu » dans laquelle l’engagement diplomatique va de pair avec une pression économique et militaire continue. Du point de vue de Téhéran, accepter de nouvelles propositions américaines sans garanties concrètes et exécutoires risque de reproduire les expériences passées où des concessions ont été faites mais où les avantages réciproques promis ne se sont pas concrétisés. En conséquence, les dirigeants iraniens soutiennent que la confiance doit se mériter par des actions vérifiables plutôt que par de simples assurances diplomatiques.
Une délégation irakienne s’entretient avec de hauts responsables iraniens
M. Al-Zaidi serait arrivé à Téhéran avec une délégation de hauts responsables irakiens et aurait eu des entretiens avec le président iranien Masoud Pezeshkian, le négociateur en chef de l’Iran, le général de brigade Mohammad Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
S’exprimant à la télévision d’État, M. Araghchi a déclaré que l’Iran et l’Irak partageaient de nombreux intérêts économiques, politiques et sécuritaires, ainsi que des relations bilatérales étroites, ajoutant que cette visite revêtait une importance particulière compte tenu des développements régionaux actuels.
M. Araghchi affirme que le différend va au-delà des échanges de messages
M. Araghchi a indiqué que M. al-Zaidi lui avait fait part de ses « points de vue et impressions » suite à ses discussions à Washington, mais a souligné que les canaux de communication entre Téhéran et Washington n’étaient pas le cœur du problème.
« Le problème ne réside pas dans la transmission de messages », a-t-il souligné. « Le problème, c’est la vision des États-Unis, qui est illogique, cupide et dominatrice. »
Les tensions entre l’Iran et les États-Unis n’ont cessé de s’intensifier ces dernières semaines, les forces américaines ayant mené des attaques contre des infrastructures iraniennes, notamment des voies ferrées, des aéroports, des ponts et des ports maritimes. L’Iran a, à son tour, lancé des frappes de représailles à l’aide de missiles balistiques et de drones contre des cibles militaires américaines à travers l’Asie occidentale.
Il convient de noter que l’Iran a déclaré à plusieurs reprises que les bases militaires et les actifs économiques américains dans la région du Golfe avaient été utilisés pour lancer des actes d’agression contre l’Iran, y compris des frappes ayant fait des victimes civiles. Dans ce contexte, l’Iran considère toute action contre ces installations comme une riposte à des activités militaires hostiles provenant de ces bases ou rendues possibles par celles-ci.
L’Iran met en garde contre une guerre régionale plus vaste si Trump intensifie ses agressions
Deux responsables iraniens ont déclaré au New York Times que les forces armées iraniennes se préparaient à l’éventualité d’une guerre plus vaste si le président Donald Trump mettait à exécution ses menaces de frapper Téhéran et les infrastructures critiques du pays.
Ces responsables ont indiqué que toute agression américaine de ce type inciterait l’Iran à étendre sa riposte à l’ensemble de la région, notamment en ciblant Tel-Aviv et en coordonnant avec ses alliés yéménites la fermeture du détroit de Bab al-Mandab, un corridor maritime clé reliant la mer Rouge aux voies de navigation mondiales.
Par ailleurs, soulignant l’unité et la détermination du peuple iranien face à l’agression américaine, des partisans se sont rassemblés jeudi sur la place Azadi à Téhéran pour manifester leur soutien aux dirigeants et aux forces armées du pays, tandis qu’un véhicule militaire transportant des missiles balistiques de fabrication iranienne était exposé lors du rassemblement.