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Le communiqué du groupe parlementaire du Hezbollah a dissipé le climat d’optimisme qui avait entouré la visite du président de la République Joseph Aoun à Washington. Le parti a réaffirmé ses lignes rouges et ne s’est pas contenté de déclarer que la visite n’avait apporté aucun gain en matière de souveraineté, mais a réitéré son refus de toute approche liant le retrait israélien ou la reconstruction au désarmement. Il a réitéré son appel à donner la priorité à l’obligation pour Israël de se retirer complètement et de mettre fin aux agressions, avant d’entamer tout débat interne sur la stratégie de défense ou l’exclusivité des armes.

Il semble que le Hezbollah soit confronté à une phase de confrontation politique et estime que Washington tente d’imposer une nouvelle équation reposant sur le lien entre le retrait israélien, le soutien économique et la reconstruction, d’une part, et le désarmement de la résistance, d’autre part. D’où le refus explicite du groupe parlementaire de toute négociation directe avec Israël ou de toute formule susceptible de reproduire l’accord-cadre sous sa forme antérieure, car le parti considère qu’une telle voie confère à l’occupant des gains politiques avant même qu’il n’ait rempli ses engagements sur le terrain.

D’autre part, le communiqué du groupe parlementaire a mis en évidence les failles du discours des autorités concernant le rétablissement de la souveraineté de l’État par le déploiement de l’armée dans certaines localités du Sud. Il a ainsi affirmé que « l’armée s’est déployée dans des zones que les forces israéliennes n’avaient pas occupées au départ, tandis que l’occupant est resté sur ses positions et que les opérations d’incursion, les bombardements et la destruction des villages frontaliers se sont poursuivis », ce qui signifie, selon la vision du parti, qu’il est prématuré de parler d’un succès sur le terrain et que l’Autorité tente de présenter une image médiatique qui ne reflète pas la réalité sur le terrain.

Ces prises de position interviennent alors que certaines informations indiquent que la rupture entre le président de la République et le Hezbollah persiste, contrairement à ce qui circule au sujet de médiations ou de contacts non officiels. L’appel téléphonique passé par le président de l’Assemblée nationale, Nabih Berri, au président Aoun a toutefois brisé le mur de la rupture entre eux. Berri a semblé soutenir l’initiative présidentielle, tout en souhaitant fixer un plafond clair aux attentes. Il a toutefois contré la position de Berri, qui se distingue de celle du Hezbollah, dans la mesure où le président du Parlement refuse de s’opposer au président de la République, mais n’adopte pas pour autant l’approche américaine qui fait de la question des armes une condition préalable à tout règlement.

Al Akhbar