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Géopolitique, guerres sans fin, Satire, Stratégie, tous vaincus, tous vainqueurs

Bienvenue à nouveau, chers lecteurs, pour un nouvel épisode de « Conflit mondial : la suite non officielle dont personne ne voulait ».
Nous sommes le 6 août 2026, et si vous avez une impression de déjà-vu, c’est parce que nous sommes coincés dans la même boucle géopolitique depuis 2020.
Préparez votre pop-corn et votre monnaie indexée sur l’inflation exponentielle (officiellement elle demeure « maîtrisée ») : c’est parti.
La « Guerre de l’Infini » (et on ne parle pas du film Marvel)
Commençons par là où nous commençons toujours et où toutes les civilisations ont commencé : le Moyen-Orient. On a été tentés de rédiger une analyse détaillée de la situation entre les États-Unis et l’Iran, mais honnêtement, à quoi bon ? Le scénario est déjà écrit. D’après nos sources, nous sommes dans un état de « ni guerre, ni paix » depuis de longs mois maintenant. Comme l’a si bien dit le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, il s’agit moins d’un cessez-le-feu que d’un « feu atténué ».
La guerre en Iran en quelques mots :
28 février 2026 : les États-Unis et Israël lancent une guerre surprise contre l’Iran. La victoire est proclamée dès les premières 24 heures mais les choses se compliquent très vite et des missiles et des drones tombent sur une dizaines de pays de la région;
Juin 2026 : Un « cessez-le-feu » est signé, que personne ne respecte.
8 juillet 2026 : les États-Unis reprennent leurs frappes car, apparemment, « cessez-le-feu » n’est qu’un mot français sophistiqué pour dire « pause ».
Illustrant parfaitement cette absurdité, le dessin satirique de Dave Whamond montre deux soldats posés sur un symbole de l’infini. L’un d’eux s’exclame : « La guerre en Iran est finie ! On a gagné ! » L’autre répond : « Il faut qu’on attaque l’Iran encore une fois ! » .
On ne pourrait pas inventer une histoire pareille… mais apparemment, on peut continuer à la vivre, indéfiniment. C’est la nouvelle normalité.
La gueule de bois économique
Le problème ne réside pas seulement dans le conflit physique ou cinétique ; c’est l’effondrement économique qu’il déclenche. La décision de l’Iran de bloquer le détroit stratégique d’Ormuz a provoqué une onde de choc dans l’économie mondiale. Il ne s’agit plus seulement de prix élevés du pétrole. Il s’agit de pénuries d’engrais qui entraînent des crises alimentaires. Il s’agit de l’effondrement des « cellules pétrochimiques de la civilisation fossile ». Les piliers du capitalisme mondial tel qu’il s’est développé durant les 150 dernières années sont ébranlés.
Une analyse décrit la situation avec un poétisme brutal : « La première tempête a déjà frappé. Ormuz est bouclé. Vingt millions de barils sont bloqués chaque jour. Le gaz est immobilisé derrière les missiles. Bientôt, les puits pousseront leurs premiers râles d’agonie ; demain, ils reprendront du service, affaiblis. »
Traduction : la situation est déjà grave, mais elle va encore empirer, et de beaucoup. Mais bon, au moins, les compagnies pétrolières se portent bien, n’est-ce pas ? C’est l’essentiel.
L’ordre mondial : « Sous une nouvelle direction » (qui n’est autre que l’ancienne)
Le conflit est en train de redessiner l’ordre mondial, mais pas comme l’espéraient les gens fort bizarres que l’on désigne pudiquement par « les néoconservateurs » (ils n’ont jamais été conservateurs). La guerre a convaincu de nombreux États arabes du Golfe que le CCG ou Conseil de Coopération du Golfe est aussi inutile que la presque défunte « Ligue des États Arabe » (Requiescat in Pace/RIP)
Qui sort gagnant ? Peu de gens. Dans un monde où les anciens acteurs se disputent le dernier baril de pétrole, les nouveaux acteurs tentent simplement de mettre en place des chaînes d’approvisionnement en passant par leur propre territoire.
Qui est perdant ? L’Europe. Comme d’habitude. L’UE est enlisée dans un cercle vicieux où elle ne cesse de « suivre la situation avec inquiétude ». À ce stade, « suivre la situation avec inquiétude » devrait être la devise officielle de l’Union européenne. Ce sont comme ces enfants qui regardent une bagarre dans la cour de récréation, effrayés à l’idée de s’en mêler (ils tapent quand même celui qui a terre quand personne ne regarde) , mais trop fascinés pour partir.
Au risque de paraître cyniques, la situation actuelle ressemble moins à de la géopolitique qu’à une gigantesque opération de trollage coordonnée. Nous vivons dans une réalité où :
- Le conflit est perpétuel. Personne ne gagne, mais tout le monde revendique la victoire. C’est le cas des États-Unis et de l’Iran, de la Russie et de l’Ukraine et de tous les autres protagonistes de conflits de moindre envergure dans le monde.
- La diplomatie est une farce. Les « cessez-le-feu » ne sont que des pauses pour recharger les armes et les stocks de munitions, payés à 600% leurs prix.
- Les économies sont prises en otage. La chaîne d’approvisionnement mondiale est prise en otage, et c’est l’Iran qui tient d’arquebuse.
La réalité est tellement absurde que la seule réaction sensée est de réfléchir à un nouvel éloge de la folie adapté au 21e siècle.
Conclusion : en attendant le prochain cycle
Nous voici donc en août 2026. Les « guerres sans fin » que nous critiquions ici même dans les années 2010 se sont propagées partout. Il ne s’agit plus seulement de l’Afghanistan ; c’est désormais l’ensemble du système mondial qui est concerné. Les acteurs changent, mais le cycle reste le même : attaquer, riposter, négocier, rompre l’accord, attaquer à nouveau.
On dirais bien que nous sommes désormais dans la phase finale, mais cela impliquerait qu’il y ait une fin. Nous ne sommes pas dans la phase finale. Nous sommes dans le « jeu infini », et la seule règle est que le jeu ne s’arrête jamais.
On reviendra la semaine prochaine avec la même histoire, probablement juste avec une date différente.