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Les factions de s’en tiennent à leur décision de riposter à l’agression saoudo-américaine, refusant toute indemnité financière ou tout règlement diplomatique en échange du sang versé par les membres des « Mobilisations populaires ». Cela coïncide avec une initiative gouvernementale visant à contenir l’escalade et à ouvrir un dialogue sur l’armement des factions, alors que la menace d’une riposte persiste.

Al-Zaydi a affirmé, lors d’un entretien téléphonique avec le président français, que « la fin du mois de septembre prochain constitue la date butoir pour le retrait des forces de la coalition d’Irak » (source : Internet)

Bagdad | Le délai accordé par la résistance irakienne avant de riposter à la dernière agression saoudienne et américaine contre les positions des « Forces populaires » ne semble pas avoir été définitivement écoulé, mais plutôt faire l’objet d’une sorte de test politique. Alors qu’une riposte militaire était attendue à l’expiration du délai fixé par les factions à minuit entre jeudi et vendredi derniers, la décision de la reporter a été prise en réponse à des appels politiques, au premier rang desquels celui du président de l’organisation « Badr », Hadi al-Amiri. Cela a coïncidé avec une initiative gouvernementale visant à contenir l’escalade et à relancer les canaux de dialogue concernant l’armement des factions et l’avenir de leurs relations avec l’État.

Toutefois, ce report n’a pas pour autant laissé entrevoir un recul des factions quant à l’option d’une riposte, puisque le secrétaire général du mouvement « Al-Nujaba », Akram al-Kaabi, a réaffirmé que « l’option diplomatique » avec l’Arabie saoudite était vaine, appelant à une « riposte militaire appropriée » en hommage aux membres des « Mobilisations populaires » tombés lors de l’agression menée par Riyad et Washington. Dans le même esprit, dans une brève déclaration à « Al-Akhbar », un dirigeant du mouvement a affirmé que « la riposte est inévitable, et qu’il n’y a pas de place pour les négociations ou la diplomatie », menaçant que « l’Arabie saoudite recevra une leçon sévère », tout en indiquant que des médiateurs avaient tenté de faire obstacle à la riposte en échange d’argent, « mais cela ne nous dissuadera pas de venger le sang des martyrs » ; il convient de noter que certaines plateformes avaient relayé des informations selon lesquelles l’Arabie saoudite aurait proposé une indemnisation de cinq millions de dollars pour l’agression.

La résistance lie la levée de l’embargo sur les armes après septembre au retrait des forces turques et à la mise en place de systèmes de défense aérienne

Face à ce discours d’escalade, le gouvernement poursuit ses efforts pour ce qu’il appelle « empêcher que l’Irak ne devienne un théâtre de confrontation régionale ». Dans ce cadre, le chef du gouvernement, Ali al-Zaydi, lors d’un entretien téléphonique avec le président français Emmanuel Macron, que «le 30 septembre prochain constitue la date butoir pour le retrait des forces de la coalition d’Irak», tout en soulignant l’importance d’établir des relations équilibrées avec les pays voisins, de ne pas permettre que le territoire irakien soit utilisé pour menacer la sécurité de ces États, et de privilégier le dialogue sur les questions régionales et internationales.

Il semble que la question des armes de la résistance sera au cœur de ce dialogue. En effet, le gouvernement a fixé à la fin du mois de septembre la date butoir pour ce qu’il appelle « le contrôle exclusif des armes par l’État », tandis que les forces politiques et civiles réclament l’achèvement de la mise en place des institutions de sécurité et le respect du calendrier annoncé. Mais parvenir à un accord sur cette question ne semble pas aisé, d’autant plus que certaines factions subordonnent tout accord sur les armes à des conditions liées à la souveraineté irakienne, au retrait des forces américaines et turques, et à la possession par l’Irak de systèmes de défense aérienne ; des conditions dont les observateurs estiment qu’il sera extrêmement difficile de les mettre en œuvre dans un délai ne dépassant pas deux mois.

L’universitaire et chercheur en sciences politiques, Majash’a al-Tamimi, a déclaré à « Al-Akhbar » que la prochaine étape pourrait être marquée par un « dialogue global » entre le gouvernement et les chefs de factions, estimant probable que l’Iran intervienne dans la question du « contrôle des armes », ainsi que « la possibilité d’une intervention de l’autorité religieuse suprême de Najaf dans l’organisation du travail et des mouvements des factions », selon lui. Al-Tamimi estime que le dialogue sera la voie la plus probable pour régler ce dossier, tout en précisant que « les complications sont importantes », notamment au regard des conditions posées par la résistance concernant le retrait des forces turques et le renforcement des capacités de défense aérienne irakiennes.

Quant à l’homme politique indépendant Omar al-Nasser, il estime que « les factions partent d’une philosophie selon laquelle tout accord doit s’accompagner de nombreuses garanties et que la protection de la souveraineté relève de la responsabilité du gouvernement ». Dans un entretien accordé à « Al-Akhbar », M. Al-Nasser estime que « l’État doit ouvrir un dialogue avec toutes les parties et aborder ce dossier en s’éloignant de la logique de confrontation », prévoyant que « la diplomatie sera la voie privilégiée au cours de la prochaine phase et que tout bombardement visant les pays du Golfe sera évité ».

En ce qui concerne précisément cette question, le gouvernement tente de montrer son « sérieux » dans la prévention des attaques visant les pays du Golfe. En effet, l’« Agence de lutte contre le terrorisme », en collaboration avec l’« Agence nationale de renseignement », a mené une opération de sécurité à Bagdad qui a abouti, selon le porte-parole du gouvernement, Haider al-Aboudi, au démantèlement d’une cellule composée de trois personnes appartenant à l’une des factions, ainsi qu’à la saisie de drones destinés à mener des attaques en dehors de l’Irak. Cette opération a coïncidé avec un renforcement du niveau de préparation sécuritaire et de l’état de préparation au combat dans tout le pays.

Dans le même contexte, certaines forces politiques s’efforcent de porter le dossier de la récente agression devant le pouvoir législatif. Le chef du groupe parlementaire « Sadikoun », Uday Awad, a ainsi annoncé avoir déposé une demande visant à convoquer le chef du gouvernement, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, le président de la « Commission des Mobilisations populaires » ainsi que les chefs des services de sécurité nationale et des renseignements, et à former une commission d’enquête conjointe chargée d’examiner la question. Cela a coïncidé avec la réponse de la « Commission des mobilisations populaires » aux accusations portées contre son président, Faleh al-Fayyad, concernant l’existence d’informations préalables sur les frappes saoudo-américaines. La Commission a démenti ces accusations, affirmant avoir informé ses unités, deux jours avant l’attaque, de la nécessité de faire preuve de la plus grande prudence, et qu’une enquête avait été ouverte concernant le « 30e régiment », qui a subi le plus grand nombre de pertes.

Al Akhbar