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NOURNEWS – Le cinquième anniversaire du retrait américain d’Afghanistan est l’occasion de revenir sur deux décennies d’occupation, de crimes, d’engagements non tenus et de conséquences de l’intervention étrangère, tout en soulignant une nouvelle fois la nécessité de localiser la sécurité et de renforcer la convergence régionale.
Ces journées coïncident avec le cinquième anniversaire du retrait précipité et humiliant des forces armées américaines d’Afghanistan, un départ qui est intervenu après deux décennies d’occupation, d’intervention militaire et d’énormes coûts humains et financiers, et qui s’est finalement achevé sans que Washington n’ait pu consolider la structure politique de son choix à Kaboul. Les événements de ces cinq dernières années ont, d’une part, mis en évidence la nécessité pour les dirigeants afghans, avec les talibans au centre, de se concentrer sur l’unité nationale, de mettre en place un gouvernement inclusif et de répondre aux revendications sociales et économiques de la population. D’autre part, ils ont souligné l’importance de la convergence entre les pays de la région, des relations de bon voisinage et de la coopération pour résoudre les problèmes du pays. Parallèlement, l’examen des raisons de l’occupation et de ses conséquences offre à la région des enseignements importants sur la nécessité de localiser la sécurité.
Afghanistan : du prétexte de la lutte contre le terrorisme à l’héritage de l’occupation
Les États-Unis ont lancé leur guerre et leur occupation de l’Afghanistan en 2001, invoquant les attentats du 11 septembre. Les comptes rendus publiés sur l’émergence d’Al-Qaïda ont également mis en évidence le rôle des politiques menées par les États-Unis et leurs alliés pendant la Guerre froide, ainsi que leur soutien à des groupes armés en Afghanistan – une politique dont les conséquences ont par la suite constitué l’un des défis de sécurité les plus importants au monde. Washington s’est toutefois engagé dans une guerre sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, qui s’est poursuivie pendant deux décennies et a fait des milliers de morts.
Par ailleurs, le cas de l’Afghanistan ne s’est pas limité au conflit militaire. De nombreux rapports ont fait état de violations des droits des civils, d’opérations meurtrières et de comportements contraires aux normes humanitaires. La tragédie de l’aéroport de Kaboul, survenue dans les derniers jours du retrait des forces américaines, suivie d’une frappe aérienne américaine qui a tué les membres d’une famille, dont plusieurs enfants, a laissé une image amère de la fin de cette intervention. Le retrait s’est également déroulé dans des circonstances où un grand nombre d’Afghans ayant collaboré pendant des années avec les forces étrangères se sont retrouvés dans des conditions chaotiques et préoccupantes.
L’Occident est parti, mais ses engagements sont restés lettre morte
Cinq ans après le retrait américain, une part importante du discours médiatique occidental reste centrée sur le comportement des talibans, la situation des femmes, la pauvreté et la crise humanitaire en Afghanistan. Ces questions méritent sans aucun doute qu’on s’y attarde, mais elles ne peuvent être dissociées de l’héritage de deux décennies de guerre et d’intervention étrangère. La crise économique et humanitaire en Afghanistan n’est pas uniquement le résultat des événements des cinq dernières années, et on ne peut ignorer la responsabilité des pays intervenants, qui ont contribué à jeter les bases de cette crise.
Dans ce contexte, la principale critique porte sur un discours qui présente parfois la fin de la présence des États-Unis et de l’OTAN comme un simple « changement de système politique », sans accorder la même importance aux dimensions que représentent deux décennies d’occupation, les victimes civiles et les engagements non tenus par l’Occident. La question fondamentale est la suivante : si les droits de l’homme et la justice sont des normes universelles, pourquoi les responsables de violations généralisées des droits du peuple afghan n’ont-ils jamais été tenus pour responsables d’une manière à la hauteur des revendications de l’Occident en matière de droits de l’homme ?
De Kaboul à Gaza : le prix de l’impunité
L’absence de sanctions pour les crimes de guerre et les violations des droits des nations n’est pas seulement un problème appartenant au passé. Lorsque les responsables de crimes en Afghanistan quittent la scène sans avoir à rendre véritablement de comptes, cela envoie un message dangereux selon lequel les grandes puissances peuvent faire peser le coût de leurs interventions sur d’autres nations et s’en tirer sans être punies.
De l’Afghanistan aux événements en Syrie et en Irak, des crimes du régime israélien à Gaza et au Liban aux tragédies des guerres régionales, une question fondamentale demeure : pourquoi les droits de l’homme et le droit international ne s’appliquent-ils pas de manière égale à tous ? La persistance de ce double standard a soulevé de sérieuses interrogations quant à la crédibilité des revendications occidentales en matière de liberté, de justice et de droits de l’homme.
La sécurisation locale : la grande leçon de l’Afghanistan
Le retrait américain d’Afghanistan a révélé avant tout une réalité stratégique : aucune puissance étrangère ne peut être considérée comme le garant permanent de la sécurité d’un pays. L’abandon d’Ashraf Ghani et l’effondrement structurel du système que Washington avait passé deux décennies à tenter de consolider ont démontré que la dépendance en matière de sécurité vis-à-vis des puissances étrangères peut, en fin de compte, conduire également à une dépendance politique et économique.
Si les pays de la région souhaitent garantir une sécurité durable, ils n’ont d’autre choix que de renforcer leurs capacités propres et la coopération entre voisins. L’Afghanistan, tout en accordant une attention particulière aux besoins sociaux et économiques de sa population, doit également consolider l’unité nationale, mettre en place une gouvernance inclusive et éviter de mener une politique à deux vitesses entre l’Occident et ses voisins.
Les voisins de l’Afghanistan, notamment l’Iran, ont souligné à maintes reprises qu’ils ne considéraient pas la sécurité de ce pays comme distincte de la sécurité régionale. La différence fondamentale entre cette approche et les interventions des puissances extrarégionales réside dans le fait qu’elle vise une sécurité durable non pas par la domination et la dépendance, mais par la coopération, le respect mutuel, l’indépendance et les intérêts communs.
Le cinquième anniversaire du retrait américain d’Afghanistan n’est donc pas seulement un rappel de la fin d’une occupation ; c’est un avertissement selon lequel la sécurité régionale ne peut être confiée à des acteurs extérieurs.
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