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Washington a menacé l’Iran de répercussions économiques très grandes.

Zoé Barbier

US President Donald Trump delivers remarks during a meeting with cryptocurrency executives in the Roosevelt Room of the White House in Washington, DC, on August 19, 2026. (Photo by Jim WATSON / AFP)
Donald Trump ©AFP

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran paraît être au point mort six mois après les premiers bombardements. C’est pour cette raison que ce mercredi, Donald Trump a annoncé des mesures économiques « terribles » sur tout pays qui ferait des affaires avec l’Iran. Des paroles qui ont ensuite été appuyées ce jeudi par Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor, qui a affirmé dans une interview accordée à CNBC que « le plus fort effort d’isolation économique de l’Histoire » allait être mis en place.

Mais quel impact exactement pourrait résulter de ces propositions et de ces actions ?

Pour l’instant, peu d’informations sont connues sur les détails exacts de ce qui sera mis en place par les États-Unis. En effet, Scott Bessent prévoit une conférence de presse ce lundi 24 août pour en discuter davantage. Néanmoins, l’Iran a longtemps fait face à des sanctions économiques et a donc réussi à montrer sa résistance face à celles-ci.

Washington affirme cependant que la « pression économique maximale » qui va être mise en place limitera la capacité des Iraniens « à projeter leur puissance via leurs alliés. Cela signifiera qu’ils ne peuvent plus payer leurs soldats, qu’ils seront confrontés à une inflation substantielle ». Selon Bessent, la stratégie est prouvée et approuvée et devrait donc également fonctionner avec l’Iran.

J.D Vance décrit cette stratégie comme une nouvelle phase du conflit et estime que les sanctions économiques sont les meilleurs moyens disponibles.

Un aveu de faiblesse ?

Malgré la confiance des responsables américains, il est important de noter que pratiquement depuis le début de la République Islamique en 1979, l’Iran a fait face à de nombreuses sanctions américaines. La pression a d’ailleurs déjà augmenté pendant le premier mandat de Donald Trump avant d’être de nouveau relevé d’un cran avec l’opération « Economic Fury » démarrée pendant le conflit actuel.

L’Iran est désormais un habitué des stratégies économiques américaines. Cela fait donc dire à un expert interrogé par la BBC que Washington est frustré par l’état actuel des choses : « C’est en réalité une reconnaissance du fait que les États-Unis sont pour ainsi dire enlisés dans cette guerre. Ce n’est qu’un outil de plus utilisé par les États-Unis. Nous n’avons pas vu l’administration définir une stratégie claire, que ce soit sur le plan militaire ou économique. La question de savoir ce que les États-Unis cherchent à obtenir reste sans réponse. »

Washington se retrouve donc face à une dichotomie. En effet, malgré la pression économique, l’Iran ne semble pas vouloir s’arrêter et selon CNN, même si cette pression est grande, ce sont les États-Unis qui se retrouvent politiquement sous tension.

Dépendance à la volonté des autres pays

Selon Michael Parker, un spécialiste des sanctions économiques interrogé par la BBC, cette nouvelle stratégie serait une tentative de la part des États-Unis d’élargir le rayon des sanctions en visant d’autres pays qui font des affaires avec l’Iran. En effet, les autorités américaines ont bien répété que les pays tiers étaient « soit avec nous, soit contre nous ». Régulièrement, ces pays dépendent, d’une manière ou d’une autre, du dollar américain.

La manière dont l’Iran réagirait à ces nouvelles mesures est pour l’instant incertaine mais les experts estiment que les Iraniens sont habiles pour détourner les sanctions, comme par exemple avec l’utilisation de navires fantômes : « Quelles que soient les sanctions imposées, ils trouvent toujours un nouveau moyen de les contourner », a d’ailleurs déclaré un responsable du contrôle des exportations et des sanctions à la Bourse de Londres. Selon un expert interrogé par CNN, l’Iran serait prêt à « supporter des difficultés économiques bien plus importantes ».

Malgré tout, il est important de préciser qu’en imposant des sanctions à d’autres pays, l’Iran « n’a pas entièrement le contrôle sur cette situation », a déclaré Parker. « La capacité de l’Iran à contourner ou à éviter les sanctions dépend, en grande partie, de la volonté d’autres pays et d’institutions financières de lui accorder l’accès au système bancaire officiel. »

L’efficacité des sanctions va donc dépendre de la volonté des pays visés. Selon certains experts, cette fameuse volonté ne serait d’ailleurs pas très présente. Notamment avec la Chine.

La Libre