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Etats-Unis, Iran, position du camp de la compréhension, position du camp de la confrontation, visite de Munir à Téhéran
By Kourosh Ahmadi
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a annoncé dimanche que le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, arriverait à Téhéran lundi. Cette annonce fait suite à deux entretiens téléphoniques entre Munir et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, mercredi et samedi.
Il s’agira de la quatrième visite de Munir à Téhéran cette année. Munir est une personnalité qui a su gagner l’intérêt, le respect et la confiance de Trump, tout en établissant de bonnes relations de travail avec les responsables à Téhéran. Il ne fait guère de doute qu’il est désormais la figure la plus importante parmi les différents médiateurs. Par conséquent, la visite de M. Munir à Téhéran dans le contexte actuel constitue une nouvelle positive et significative, et pourrait bien être la dernière tentative avant ce que les États-Unis qualifient d’« opération économique » et de « guerre économique ».
Deux questions principales se posent désormais : 1. Se rend-il à Téhéran de sa propre initiative ? 2. Transmet-il un message de la part de Trump ? Si cette visite a lieu à la demande de Trump et vise à transmettre un message, son importance serait d’autant plus grande.
À l’heure où certains responsables à Téhéran ont manifesté leur intérêt pour entamer un nouveau cycle de négociations visant à relancer le protocole d’accord, une autre question se pose : le message éventuel de Trump pourrait-il favoriser un processus positif ?
Les points de discorde qui ont conduit à la suspension de la mise en œuvre du protocole d’accord sont relativement clairs. Le principal désaccord porte sur les interprétations maximalistes des deux parties concernant l’article 1 — la cessation de la guerre sur tous les fronts — et l’article 5 — la gestion du détroit d’Ormuz.
Selon l’interprétation iranienne de l’article 1, Israël doit mettre fin à ses attaques contre le Hezbollah et retirer ses forces du Liban. L’interprétation iranienne de l’article 5 est telle que sa mise en œuvre exigerait que l’Iran exerce son contrôle et sa souveraineté sur l’ensemble du détroit d’Ormuz.
Les États-Unis ont des interprétations différentes. Ils considèrent que l’article 1er ne concerne que la gestion des hostilités au Liban, tandis qu’ils interprètent l’expression « gestion future du détroit » figurant à l’article 5 conformément aux dispositions de l’article 42 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Washington fait valoir que l’objectif de l’article 5 est de rétablir dans le détroit la situation qui existait avant la guerre et de gérer les questions liées à la réglementation du trafic et à la sécurité maritime.
Parallèlement, nous assistons à deux autres évolutions importantes.
Le premier concerne les informations faisant état d’un recentrage de la politique américaine, qui passerait des opérations militaires à des opérations économiques et à la guerre économique. Le discours américain de ces dernières semaines s’est largement concentré sur la nécessité d’aller au-delà des sanctions, celles-ci étant présentées comme un simple élément d’une nouvelle politique. Les États-Unis s’appuient désormais principalement sur un blocus naval, tout en évoquant la possibilité d’un blocus terrestre et en faisant pression sur les pays pour qu’ils mettent fin à leurs relations économiques et financières avec l’Iran.
Le secrétaire au Trésor américain devait préciser lundi si Washington avait également l’intention de supprimer les dérogations aux sanctions existantes et de chercher à empêcher l’Iran d’utiliser les infrastructures de transport des pays voisins. Il reste à voir quelles nouvelles mesures les États-Unis devaient annoncer lundi et ce que Trump pourrait attendre de ces pays.
Lorsque les États-Unis appellent les pays à ne pas coopérer avec l’Iran, quelles sont les limites d’une telle exigence ? Reste-t-elle dans le cadre des sanctions et des réglementations y afférentes, ou va-t-elle au-delà ? De plus, par exemple, les entreprises chinoises qui n’avaient pas encore fait l’objet de sanctions vont-elles désormais être visées ?
L’autre développement important concerne les affirmations américaines selon lesquelles des pétroliers seraient autorisés à traverser le détroit d’Ormuz par une route dite « route obscure » près des côtes omanaises, transportant entre 10 et 15 millions de barils de pétrole.
Si ces informations reposent sur une part de vérité et que, parallèlement, les pressions exercées par des pays amis ont conduit l’Iran à autoriser le passage de ses cargaisons de pétrole par le détroit, l’efficacité de la « carte du détroit d’Ormuz » pourrait s’en trouver réduite.
La relative stabilité des cours du pétrole et la baisse de 3 dollars enregistrée hier pourraient indiquer que certaines des prévisions formulées par des experts proches des responsables iraniens étaient peut-être erronées et que la situation a pu créer des difficultés pour le pays.
Dans ces circonstances, la question est de savoir s’il est possible de remédier à la situation qui s’est créée à la suite des événements du 7 juillet et de la suspension de la mise en œuvre du protocole d’accord.
Les deux parties sont-elles prêtes à procéder à certains ajustements et à faire preuve d’une certaine souplesse dans leurs positions ? Si les deux parties étaient disposées à modérer dans une certaine mesure leurs interprétations maximalistes des articles 1 et 5 du protocole d’accord, serait-il possible de relancer ce dernier et de reprendre sa mise en œuvre ?
La question est désormais de savoir si, compte tenu de l’accent mis par certaines personnalités du « camp de la compréhension » — notamment le président Masoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et l’ancien président Mohammad Khatami — sur la gravité de la situation actuelle et la nécessité de négociations, on peut espérer voir évoluer le paysage politique intérieur iranien vers une plus grande souplesse.
La question la plus importante est toutefois la suivante : que se passe-t-il au sein du « camp de la confrontation » ? Certaines personnalités de ce camp ont-elles également assoupli leurs positions dans une certaine mesure ?
Si l’on prend la chaîne publique IRIB comme indicateur, la réponse à cette question reste négative.