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Donald Trump, Le détroit d’Ormuz, le pétrole de venezuela, promesse de pétrole pour demain

NOURNEWS – Trump a annoncé ce qu’il qualifie d’accord pétrolier historique avec le Venezuela, permettant aux États-Unis d’accéder à plus de 65 milliards de barils des réserves du pays, alors même que le discours de Washington sur le retour à la normale des exportations de pétrole via le détroit d’Ormuz ne correspond ni à la réalité sur le terrain ni à la pression croissante sur les marchés des produits raffinés. Cela a rendu nécessaire la mise en place d’un discours alternatif pour aider à gérer la crise énergétique.
Trump a désormais joué une nouvelle carte sur le marché pétrolier : le Venezuela. Le président américain a annoncé ce qu’il qualifie de « plus grand accord pétrolier de l’histoire », affirmant que grâce à cet accord, Washington a obtenu l’accès à la majeure partie des plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières prouvées du Venezuela et que cette évolution pourrait faire baisser considérablement les prix de l’essence pour les Américains.
Mais l’importance de cette annonce ne réside pas seulement dans le Venezuela lui-même ; le moment choisi est encore plus déterminant. Trump a fait cette promesse ambitieuse à un moment où la crise du détroit d’Ormuz reste non résolue du point de vue du marché de l’énergie. Ces dernières semaines, le gouvernement américain s’est efforcé de donner l’impression que les flux de pétrole en provenance du golfe Persique et transitant par le détroit d’Ormuz s’étaient largement rétablis, en utilisant des chiffres bien supérieurs aux estimations des sociétés de surveillance du trafic maritime. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a même évoqué environ 9 millions de barils de pétrole transitant chaque jour par le détroit. Mais les données de Kpler et de LSEG indiquaient des chiffres bien inférieurs.
Les données officielles brossent également un tableau différent. Sur la base des données de Vortexa, l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) estime que seuls 4,9 millions de barils par jour de pétrole et de liquides pétroliers ont transité par le détroit d’Ormuz au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025, avant le début de la crise.
Même les données sur le trafic maritime de fin août ne laissaient entrevoir aucun signe de retour à la normale à Ormuz. Reuters, citant Kpler, a rapporté que moins de 20 navires de fret avaient transité par Ormuz au cours du week-end du 24 août, tandis que les données de l’UKMTO indiquaient que le nombre de transits enregistrés était inférieur d’environ 90 % aux niveaux d’avant-guerre.
C’est là que le Venezuela prend toute son importance politique et économique.
Si le discours selon lequel « le détroit d’Ormuz est revenu à la normale » ne parvient pas à modifier les réalités du marché, Washington a besoin d’un discours complémentaire : un discours axé non pas sur le pétrole transitant aujourd’hui par le détroit d’Ormuz, mais sur celui qui devrait arriver sur le marché à l’avenir.
L’accord avec le Venezuela recèle précisément ce potentiel. Trump a mis l’accent sur les vastes réserves du pays et a promis une baisse des prix des carburants, mais la transformation des réserves de pétrole en production et en approvisionnement effectifs n’est pas un processus immédiat. Selon la partie vénézuélienne, l’accord actuel s’étend sur 25 ans, avec pour objectif initial de porter la production à environ 1,5 million de barils par jour à partir de 17 gisements stratégiques. Le Financial Times, en revanche, a fait état de concessions de 100 ans pour ces 17 gisements, un écart qui suggère que les détails juridiques et opérationnels de l’accord ne sont pas encore tout à fait clairs.
Même si l’objectif de production de 1,5 million de barils par jour est atteint, ce volume ne pourra pas remplacer à court terme les flux habituels transitant par le détroit d’Ormuz. Son importance réside davantage dans son effet psychologique et dans la manière dont il façonne les anticipations du marché. Les analystes ont également souligné qu’une augmentation significative de la production vénézuélienne prendra du temps et n’aura pas d’impact immédiat sur les cours du pétrole.
Le problème principal ne réside toutefois pas uniquement dans le pétrole brut. La crise d’Ormuz a exercé une pression intense sur les marchés des produits raffinés. Reuters a fait état d’une baisse significative des importations asiatiques de produits tels que le diesel, le kérosène et l’essence, tandis que les marges de raffinage du diesel à Singapour ont augmenté de 226 % depuis le début de la guerre. Aux États-Unis, les raffineries ont également été soumises à une pression inhabituelle pour contribuer à combler une partie de la pénurie mondiale de produits raffinés.
Pour Trump, le défi ne consiste donc pas simplement à gérer le marché pétrolier ; il s’agit également de gérer la façon dont l’opinion publique américaine perçoit la situation énergétique. Si les prix de l’essence et du diesel restent élevés, les discours officiels sur le retour à la normale dans le détroit d’Ormuz ne pourront pas masquer indéfiniment le fossé entre la réalité et les affirmations, d’autant plus qu’il ne reste qu’environ deux mois avant les élections de mi-mandat.
Dans ces circonstances, le Venezuela constitue un atout politique et économique intéressant : de vastes réserves, un potentiel d’investissement américain et la promesse d’un approvisionnement pétrolier accru à l’avenir. Mais cela n’a rien à voir avec une augmentation immédiate de l’offre pétrolière.
Trump a d’abord cherché à présenter les flux pétroliers du détroit d’Ormuz comme normaux. Aujourd’hui, il met le pétrole vénézuélien sur la table comme future source d’approvisionnement du marché. La différence peut se résumer en un point : le marché a besoin de pétrole réel aujourd’hui, et non pas simplement d’une promesse de pétrole pour demain.
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