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Les mêmes personnes, le même projet, La même corruption. Une carte différente. Le même régime . Entre 8 et 11 trillions de dollars partis en fumée. Près de cinq millions de morts. Plus de 40 millions de personnes déplacées. Plus de 18 millions de personnes ayant fui leurs pays ont émigré en Europe occidentale et en Amérique du Nord.

Nous ne sommes pas complotistes. Nous ne sommes pas non plus des propagandistes du régime mondial actuel. Nous sommes des observateurs en guenilles désabusés et cyniques. Nous allons directement au fond du problème.

Que reste-il à commémorer du 11 septembre 2001? Rien. Indépendamment de toutes les considérations possibles, ce fut le début d’un désastre sans fin.

La « guerre mondiale contre le terrorisme »™® a coûté plus de 8 000 milliards de dollars, a causé la mort directe de plus de 900 000 personnes et a provoqué le déplacement d’au moins 38 millions de personnes dans les régions géopolitiques ciblées. . Le projet « Costs of War » de l’université Brown estime le nombre de victimes indirectes en Irak, en Afghanistan, en Syrie, au Yémen et au Pakistan à 3,8 millions, ce qui porte le total à un nombre compris entre 4,5 et 4,7 millions d’êtres humains. L’Afghanistan est de nouveau sous le joug des talibans. L’Irak n’est plus qu’une coquille vide qui a donné naissance à Daech. La Libye, théâtre de l’intervention « intelligente » de l’administration Obama, est déchirée par une décennie et demie de guerre civile.

Comme en 2001, l’Afghanistan de 2026 est toujours sous contrôle des Talibans. Il aura fallu vingt ans de guerre et des trillions de dollars pour parvenir à ce résultat inchangé.

Les États-Unis sont engagés depuis six mois dans une nouvelle guerre contre l’Iran — déclenchée le 28 février 2026, sans autorisation du Congrès, sans le soutien de l’OTAN et sans résolution de l’ONU. Le prix du baril de Brent dépasse les 100 dollars à la suite des attaques des Houthis contre des installations pétrolières saoudiennes et leur prise de contrôle de toute la côte où se situe détroit stratégique de Bab-Al-Mandeb. L’avant-poste de la CIA à Riyad a été pratiquement détruit par une frappe iranienne. Les bases américaines de Bahreïn, du Qatar, d’Arabie saoudite, de Jordanie et du Koweït ont toutes été touchées. Le détroit d’Ormuz reste bloqué. Et il n’y a pas de stratégie de sortie. Deux des detroits stratégiques les plus importants pour l’économie mondiale demeurent bloqués.

Voilà ce que ces 25 années nous ont apporté. Ce n’est qu’un constat patent que n’importe quel individu peut dresser.

Le schéma de ces guerres sans fin et au final sans finalité, n’est pas partisan. Il est structurel.

La même structure du pouvoir qui a décidé d’envahir arbitrairement l’Afghanistan en 2001 — avant même que les cendres ne se soient déposées sur Ground Zero —et qu’aucune preuve ne lie à ce jour l’Afghanistan aux attaques, prend encore aujourd’hui les mêmes décisions. Les noms changent. Le parti change. Le pays bombardé change. La logique, elle, ne change jamais : une hégémonie militarisée, imposée par une guerre permanente, dissimulée sous le « langage de la libération », servant toujours les intérêts stratégiques de lobbies mais également de grands intérêts financiers.

Les propagandistes du régime qui se font passer pour la « chambre d’écho » des groupes de réflexion, les anciens responsables des services de renseignement qui interviennent sur les chaînes d’information en continu, les auteurs d’éditoriaux qui ont passé vingt ans à vous répéter à tue-tête que l’Afghanistan relevait de la « reconstruction nationale » et l’Irak de la « promotion de la démocratie » dans une envolée lyrique cachant à peine une dissonance cognitive sévère vous disent désormais que la guerre contre l’Iran concerne un machin bizarre nommé « prolifération nucléaire » et une licorne arc-en-ciel désignée sous le terme de « stabilité régionale ».

Ce sont des menteurs. Des menteurs professionnels. Non pas parce qu’ils n’y croient pas — certains y croient sincèrement —, mais parce que leur croyance sert à fournir une justification intellectuelle au même mécanisme d’exploitation qui fonctionne sans relâche depuis 2001. Ce ne sont pas des analystes. Ce sont des courtisans. Des limaces ayant trouvé une niche commode et confortable.

Les analystes les plus perspicaces ont compris depuis des années que la « guerre contre le terrorisme » n’a jamais été la véritable guerre. Il s’agissait d’un cadre conceptuel — un moyen d’organiser la violence mondiale autour d’une menace qui ne pourrait jamais être définitivement vaincue, car sa défaite mettrait fin à la justification même de cette guerre.

Ce cadre est désormais obsolète. Le nouveau cadre est celui de la « rivalité entre grandes puissances » — et celle-ci se déroule simultanément sur plusieurs fronts. D’où la disparition de la guerre contre le terrorisme et son remplacement éphémère par une crise sanitaire mondiale ayant échoué puis par une guerre mondiale hybride à plusieurs fronts chauds.

L’Ukraine est le front européen. La Russie et l’Ukraine sont engagées dans une guerre d’usure qui, selon les prévisions du chef des services secrets de Kiev, épuisera les ressources russes d’ici 2028, avec un moral « très bas » et plus de « 1 400 victimes par jour ». C’est une illusion. Depuis le Tsar Pierre Ier, la Russie a toujours déjoué les pronostics en perdant quand elle paraissait forte et gagnant quand elle semblait faible. Toute l’Europe s’est ruée dans cette guerre face aux  » nouveaux avatars des Huns » en mettant toutes les ressources disponibles dans l’effort de guerre contre la Russie au détriment de la croissance économique. Le conflit en Ukraine ne se terminera pas en 2028, ni même en 2038 et la disparition d’un des deux belligérants. Il continuera bien au-delà du prochain siècle. Trump et Poutine échangent des appels téléphoniques au sujet d’un « accord » qui ne se concrétise jamais. Il ne s’agit plus du cadre conceptuel et commercial d’une « guerre contre le terrorisme ». Il s’agit d’une guerre hybride mondiale — sabotage, intermédiaires, cyberopérations, guerre de l’information, coercition économique —, c’est-à-dire l’ensemble des formes de conflit entre États menées en deçà du seuil de la confrontation directe et au-delà de ce seuil au front désigné sur le territoire du proxy.

L’Iran est le front du Moyen-Orient. La campagne menée par les États-Unis et Israël contre Téhéran s’est transformée en un conflit régional de plus grande ampleur. L’Iran ne s’est pas effondré sous le coup de milliers de missiles et de bombes. Israël n’est plus sanctuarisé et a été ciblé par des centaines de missiles balistiques et des milliers de drones iraniens. Les rebelles houthis attaquent des villes saoudiennes. Capturent le détroit stratégique de Bab-Al-Mandeb. Des pétroliers sont pris pour cible dans le golfe d’Oman et dans les eaux irakiennes. L’Iran frappe des bases américaines en Jordanie et dans le Golfe. Le détroit d’Ormuz — par lequel transitait autrefois un cinquième de l’ensemble des expéditions mondiales de pétrole et de GNL — est de fait fermé. Et les États-Unis envisagent discrètement de réduire leur présence militaire au Moyen-Orient, car la guerre a mis en évidence à quel point ces bases sont en réalité vulnérables.

Ce n’est pas une victoire. C’est de l’usure. C’est un empire à court d’idées, à court d’alliés prêts à en assumer les coûts, et à court de moyens militaires pour maintenir la présence qu’il a mise en place après le 11 septembre.

Le porte-avions USS Abraham Lincoln — symbole flottant de la puissance américaine — est rentré au port après 286 jours en mer, ressemblant à une épave rouillée, son capitaine admettant qu’il « ressemble à une voiture sale dans un parking ». Les meilleurs analystes militaires chinois parlent d’« atrophie musculaire » — un décalage croissant entre les ambitions hégémoniques et les capacités réelles. Le navire est une métaphore. L’empire, c’est le navire.

Pour un citoyen américain honnête, la seule manière honnête de commémorer ce 11 septembre, c’est de refuser de le faire.

Vous n’assistez pas aux cérémonies où les responsables politiques qui ont voté en faveur de la guerre en Irak prononcent des discours sur l’unité. Vous ne regardez pas les rétrospectives diffusées sur les chaînes d’information en continu qui présentent les 25 dernières années comme une tragédie inévitable plutôt que comme une série de choix effectués par des personnes identifiables pour des raisons identifiables. Vous ne partagez pas les mèmes complotistes qui vous donnent l’impression d’être « éveillé » sans pour autant changer quoi que ce soit.

La guerre contre le terrorisme n’a jamais porté sur le terrorisme. Elle visait une mobilisation permanente : la transformation de l’État américain en une machine de guerre capable de projeter sa puissance partout sur la planète, indéfiniment, sans avoir à rendre de comptes. Cette machine fonctionne toujours. Elle a simplement changé de cibles. L’Afghanistan. L’Irak. La Libye. La Syrie. Le Yémen. La Somalie. Le Pakistan. Et aujourd’hui : l’Ukraine par procuration, l’Iran directement, et l’ordre mondial tout entier comme champ de bataille ultime.

Les personnes innocentes qui ont perdu la vie le 11 septembre 2001 méritent mieux que d’être commémorées comme la justification de 4,7 millions de morts supplémentaires, un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Elles méritent que justice soit faite en désignant les vrais coupables, pas une cérémonie. Elles méritent un monde où leur mort ne serve pas d’arme dans la guerre sans fin menée par d’autres, pour le profit et la spéculation.

25 ans plus tard, le monde de 2001 n’existe plus. Tout s’écroule à vue d’œil. La guerre en tant que moyen devenu une fin en soi avant de se transformer en bourbier sans issue n’est plus une qu’une fuite en avant. Une fuite en avant suicidaire. Car ne vous y trompez pas, ce monde est en train de se suicider en accéléré.

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