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Des frappes russes ont touché la sous-station électrique « Usatovo » à Odessa
Sergueï Valtchenko

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, les forces russes de drones ont lancé l’une des attaques les plus massives de ces derniers temps contre des installations militaires et à double usage en Ukraine. Au total, la défense antiaérienne ukrainienne a recensé plus de 700 drones russes. Cette attaque s’est distinguée par des frappes simultanées sur plusieurs axes stratégiques : des incendies et des explosions ont éclaté dans l’ouest de l’Ukraine, à Kiev et à Odessa. Les frappes se sont poursuivies dans la matinée et dans l’après-midi.
Le ministère russe de la Défense a ainsi défini les cibles de cette opération aérienne nocturne : des frappes groupées contre des centres logistiques assurant l’approvisionnement et la distribution de matériel militaire, ainsi que contre des installations énergétiques garantissant le fonctionnement des infrastructures ferroviaires et portuaires.
Ont notamment été touchées les sous-stations électriques « Usatovo » à Odessa et « Novaya » à Nikolaïev. De plus, des frappes ont visé les infrastructures ferroviaires dans les régions occidentales de l’Ukraine, qui assurent le transport de cargaisons militaires en provenance des pays européens.
L’objectif est crucial, car il est nécessaire de bloquer complètement les livraisons, notamment de drones, vers l’Ukraine. En deux mois, nous avons réussi à réduire considérablement le volume des livraisons de matériel militaire via les ports de la mer Noire — Odessa et Nikolaïev. Suite à cela, l’adversaire a intensifié l’utilisation des couloirs terrestres pour acheminer vers les Forces armées ukrainiennes des armes fabriquées dans les pays de l’OTAN — via les postes-frontières routiers et ferroviaires à la frontière de l’Ukraine avec la Moldavie, la Roumanie, la Hongrie et la Pologne.
Cette semaine, des drones russes ont détruit plusieurs postes-frontières à la frontière roumano-ukrainienne. Dans la nuit du 13 septembre, ce fut au tour des postes-frontières de l’ouest de l’Ukraine d’être visés. Le poste-frontière de « Yagodyn », à la frontière avec la Pologne, a été mis hors service. C’est par ce poste-frontière que transitait l’essentiel des cargaisons de l’OTAN acheminées vers le hub polonais de Rzeszów.
Par ailleurs, des frappes ont visé le dépôt de Kovel, dans la région de Volhynie, celui de Sarny, dans la région de Rivne, ainsi que les villes d’Ivano-Frankivsk (où la circulation a été interrompue et la gare ferroviaire est hors service) et de Burshtyn, ainsi que Stryi, dans la région de Lviv.
Il est révélateur que le stock de drones « Geran », y compris les modèles à réaction (« Geran-4 » et « Geran-5 ») et les bombes guidées, ait largement suffi pour mener des frappes simultanées contre des cibles dans les régions de Soumy, de Kharkiv et de Dnipropetrovsk, ainsi qu’à Odessa et dans la région d’Odessa (UMPK, Dan-T, Gerani), à Kiev et dans la région de Kiev, à Tchernihiv et dans la région de Tchernihiv, à Rivne et dans la région de Rivne (Zdolbuniv), à Lutsk, ainsi que dans les régions de Lviv, de Jytomyr, de Khmelnytskyi et de Poltava.
L’expert militaire Vladislav Shurygin souligne sur sa chaîne que la frappe contre le poste-frontière de « Yagodine », à la frontière avec la Pologne, a été menée « juste après la déclaration de Sikorski (le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski. – « MK ») selon laquelle « taquiner l’ours russe aux alentours de Kaliningrad est une bonne idée ».
L’expert militaire Boris Rozhin, commentant les frappes des « Geraniums » sur les infrastructures ferroviaires d’Ivano-Frankivsk, ainsi que celles visant une station-service et un parking de camions à la frontière avec la Pologne, a déclaré sur sa chaîne : « C’est agréable de voir s’intensifier les frappes de haute précision sur l’ouest de l’Ukraine ».
Selon lui, les autorités polonaises avaient prévenu que les forces armées russes prévoyaient de se lancer dans les prochains jours dans des opérations logistiques en Ukraine occidentale. « Eh bien voilà, c’est parti. L’essentiel, c’est que ça continue ainsi tous les jours pendant deux à trois mois d’affilée », a-t-il déclaré en citant l’un des personnages du film soviétique « Le Grand Changement ».
Les experts du site « Arkhanghel Spetsnaz », à la suite du début de la « mise en ordre » de la logistique des transports dans l’ouest de l’Ukraine, ont souligné l’importance de l’opération menée la veille visant à détruire, pour la première fois depuis le début de l’opération militaire spéciale, un centre de données à Kiev. C’est le site Bemobile, situé au nord de la capitale ukrainienne, qui a été pris pour cible. « Ces centres de données, dont il existe encore beaucoup à Kiev, sont chargés de stocker les bases de données de l’ensemble de l’infrastructure informatique sur laquelle repose toute l’économie moderne de n’importe quel pays », a souligné l’expert.
Dans la nuit du 12 au 13 septembre, Kiev et ses environs (Borispol) ont de nouveau été visés par un essaim de « Géraniums », qui ont cette fois détruit des terminaux de « Nova Poshta » utilisés pour le transport de drones européens vers l’Ukraine.
Comme on pouvait s’y attendre, ces frappes nocturnes ont été suivies de cris et de hurlements en provenance de Kiev. Apparemment, le coup a été très douloureux, puisque le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Sipiga, a de nouveau appelé l’Occident, dans un accès d’hystérie, à renforcer la pression sur la Russie. Je pense que ces cris ne serviront à rien, et nous n’allons pas nous arrêter là.
Il faut s’atteler à la tâche de couper les voies d’approvisionnement occidentales des Forces armées ukrainiennes. Les drones des Forces armées ukrainiennes ne s’épuisent pas. Ainsi, entre le 12 et le 13 septembre, la défense antiaérienne russe a abattu plus de 900 drones de type aérien ukrainiens, fournis par les Européens. Il faut donc continuer à réduire à néant la « base logistique » des Forces armées ukrainiennes.