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Le 16 septembre 2026, le porte-parole militaire du mouvement Ansar Allah du Yémen, plus communément connus sous la désignations des Houthis, le général Yahya Saree, a annoncé que les défenses aériennes yéménites avaient abattu un avion de chasse F-15 de l’armée de l’air royale saoudienne au-dessus du gouvernorat de Ma’rib. L’appareil aurait mené des « opérations hostiles dans le cadre de sa mobilisation militaire » lorsqu’il a été touché par un missile sol-air de « fabrication locale ». Les médias houthis ont ensuite diffusé des images montrant l’épave de ce qui semble être un F-15SA, notamment une partie de la queue arborant l’emblème du drapeau saoudien.

Ce ciblage n’était pas un incident isolé. Saree a affirmé qu’après cette première destruction, les forces houthistes avaient tiré d’autres missiles de défense aérienne de fabrication locale sur deux formations successives de F-15 saoudiens et d’Eurofighter Typhoon qui avaient pénétré dans l’espace aérien de Ma’rib à la recherche de l’épave, les forçant ainsi à battre en retraite. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite n’a pas confirmé cette perte, et cette affirmation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

Le système d’arme qui a abattu le F-15SA a été décrite par des sources houthistes comme un « missile sol-air de fabrication locale ». Le modèle exact n’a pas été révélé, mais les Houthis n’ont cessé d’étoffer leur arsenal de défense aérienne tout au long de la guerre, en adaptant des missiles sol-air datant de l’ère soviétique et, selon des spécialistes en armement, en intégrant des composants fournis par l’Iran dans des systèmes assemblés localement.

La vidéo de la destruction en vol montrait les systèmes infrarouges à vision frontale (FLIR) au sol typiques qui avaient déjà été observés lors de précédentes opérations de défense aérienne menées par les Houthis. Il s’agit d’une capacité disparate, mais elle a prouvé à maintes reprises qu’elle pouvait menacer des chasseurs de quatrième génération sophistiqués opérant à moyenne altitude.

Cet incident s’est produit au cours d’une semaine marquée par d’intenses opérations aériennes saoudiennes. M. Saree a déclaré que des avions de chasse saoudiens de type F-15 et Eurofighter Typhoon avaient mené plus de 450 frappes aériennes dans sept provinces yéménites au cours de la semaine écoulée, au départ des bases aériennes de Khamis Mushait et de Taïf, en Arabie saoudite. Ces frappes visaient les provinces de Taïz, Lahj, Al-Jawf, Hajjah, Marib, Saada et Al-Bayda.

C’est ce rythme opérationnel — des centaines de sorties par semaine au départ de bases saoudiennes — qui met en lumière la fiction fondamentale du conflit au Yémen.

Le gouvernement yéménite, reconnu au niveau international, affirme depuis longtemps disposer d’une force aérienne capable de frapper les positions houthistes. En réalité, toutes les sorties de combat d’avions à voilure fixe attribuées à l’« armée de l’air yéménite » sont effectuées par l’armée de l’air royale saoudienne.

Le F-15SA constitue l’épine dorsale de la capacité de frappe saoudienne au Yémen. L’Arabie saoudite exploite à la fois d’anciens modèles F-15S et la variante plus récente F-15SA, construite en collaboration avec Boeing dans le cadre d’un accord conclu dans les années 2010, qui a permis d’ajouter des commandes de type « fly-by-wire », un radar à balayage électronique actif et des stations d’armement supplémentaires. Ces appareils sont pilotés par des pilotes saoudiens, entretenus par des équipes saoudiennes et décollent depuis des bases aériennes saoudiennes. Le gouvernement yéménite ne dispose d’aucune flotte de chasseurs indépendante dotée de capacités comparables.

Cet arrangement répond à un double objectif. Premièrement, il permet à Riyad d’affirmer sa puissance au Yémen tout en conservant une dénégation plausible quant aux coûts politiques liés aux victimes civiles. D’autre part, il permet au gouvernement internationalement reconnu de revendiquer la souveraineté sur des opérations militaires qui, en réalité, sont entièrement d’origine étrangère. Lorsqu’une frappe aérienne « yéménite » tue des civils, le gouvernement d’Aden peut se décharger de toute responsabilité. Lorsqu’un avion saoudien est abattu, la perte incombe uniquement à Riyad.

Les Houthis comprennent parfaitement cette dynamique. En prenant pour cible le F-15, ils ne se contentent pas d’abattre un avion : ils dévoilent le mensonge selon lequel le gouvernement reconnu du Yémen contrôlerait son propre espace aérien. Chaque avion saoudien qui s’écrase au-dessus de Ma’rib rappelle que la « force aérienne yéménite » n’est qu’un jeu de mots servant à masquer la puissance aérienne saoudienne.

Longtemps sous-estimés et même ridiculisés pour la rusticité et la simplicité de leurs armement (une Kalachnikov increvable et des sandales), les Houthis s’avèrent de redoutables guerriers. Ce n’est pas la première fois qu’ils réussissent à abattre des drones et des avions de combat de 4e génération.

Un avion de combat F-15 n’est pas un drone. Il s’agit d’un chasseur de supériorité aérienne biréacteur hautement performant, doté de systèmes avancés de guerre électronique et d’un rayon d’action qui en fait l’une des plateformes les plus performantes de la région. Le fait que les Houthis revendiquent avoir abattu cet appareil indique que leur réseau de défense aérienne a évolué au-delà des systèmes rudimentaires qui caractérisaient les premières années de la guerre.

Pour l’Arabie saoudite, cette perte est à la fois matérielle et symbolique. Le F-15SA représente un investissement considérable dans la puissance aérienne, et sa vulnérabilité face aux missiles de fabrication locale sape la valeur dissuasive de la campagne aérienne saoudienne.

Lorsque les forces houthis ont abattu un F-15 saoudien au-dessus de Ma’rib, l’attention s’est immédiatement portée sur l’avion : son épave, ses insignes saoudiens, l’embarras politique pour Riyad. Mais la question la plus intéressante concerne le missile lui-même.

Quel type de système de défense aérienne, mis au point par un acteur non étatique dans un pays soumis à un blocus depuis plus d’une décennie, est capable d’abattre un chasseur de quatrième génération aussi performant que le F-15 ? La réponse, selon un nombre croissant de rapports des services de renseignement et de l’ONU, trace une ligne reliant Ma’rib à Téhéran, puis à Pyongyang.

Si le missile qui a abattu le F-15 au-dessus de Ma’rib suit le même schéma que le reste de l’arsenal houthi, son origine n’est pas yéménite. Il s’agit d’un système assemblé à partir de kits en pièces détachées fournis par l’Iran, basé sur des conceptions nord-coréennes et intégrant probablement des composants provenant de Pyongyang.

Le lien entre la Corée du Nord, l’Iran et les Houthis s’inscrit dans un schéma plus large. La Corée du Nord n’est plus seulement un problème propre à la péninsule coréenne. Elle fait partie d’un réseau de coopération militaire qualifié de « révisionniste » par Washington impliquant la Russie, la Chine et l’Iran. Cette alliance a été rendue possible par l’assaut généralisé lancé par les États-Unis contre deux de ses membres. L’Iran étudie la manière dont Israël, les États-Unis et leurs partenaires régionaux réagissent aux salves de missiles et de drones ; la Corée du Nord étudie le même sujet. La Russie ne cesse d’adapter ses frappes aux défenses de l’OTAN en Ukraine. Les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite, les Émirats Arabes Unis et le trafic maritime en mer Rouge constituent, en réalité, des exercices de tir réel qui fournissent des données tant à Pyongyang qu’à Téhéran.

Le F-15SA des forces aériennes royales saoudienne a dont été abattu par un missile qui venait de nulle part puisque le Yémen est soumis à un embargo total. Cela signifie que l’arme des sanctions et des blocus a échoué.

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