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TÉHÉRAN (Tasnim) – Le professeur d’université Hamid Reza Moqaddamfar a exposé dix conséquences stratégiques de la confrontation entre l’Iran, les États-Unis et Israël, affirmant que ce conflit allait au-delà de l’échec de Washington et de Tel-Aviv à atteindre leurs objectifs militaires et remettait en cause les piliers fondamentaux de la puissance américaine.
S’exprimant lors d’un rassemblement de professeurs d’université de Mashhad et d’autres régions de la province du Khorasan Razavi, M. Moqaddamfar a présenté les dix points suivants :
1. Ormuz a remis en cause la puissance américaine : l’Iran a démontré que les États-Unis ne peuvent pas imposer leur volonté dans le détroit d’Ormuz, sapant ainsi la prétention de longue date de Washington à garantir la sécurité énergétique et la liberté de navigation dans la région.
2. Les bases américaines sont devenues des points faibles : le vaste réseau de bases militaires américaines à travers la région, auparavant considéré comme un avantage stratégique, s’est transformé en une vulnérabilité majeure, car il pourrait faire l’objet d’attaques iraniennes et nécessiter des ressources considérables pour être défendu.
3. La supériorité des services de renseignement américains a été remise en cause : selon Moqaddamfar, les frappes contre des installations sensibles des services de renseignement ont remis en cause l’hypothèse selon laquelle les réseaux de renseignement et les installations stratégiques américains seraient hors de portée de leurs adversaires.
4. Le mythe de la supériorité absolue des États-Unis en matière de technologie militaire a été brisé : les dégâts signalés sur des avions, drones, systèmes navals et autres équipements américains de pointe ont démontré que même la technologie militaire américaine la plus sophistiquée n’est pas invulnérable.
5. L’impact psychologique s’étend à l’échelle mondiale : la vulnérabilité perçue des systèmes américains de pointe affecte à la fois les rivaux de Washington, en renforçant leur confiance dans le développement de contre-mesures, et ses alliés, en soulevant des questions quant à la fiabilité des garanties de sécurité américaines.
6. Les alliés des États-Unis réévaluent leurs calculs en matière de sécurité : les États de la région envisagent de plus en plus de diversifier leurs relations étrangères, de réduire leur dépendance unilatérale vis-à-vis de Washington en matière de sécurité et de développer des mécanismes de sécurité régionaux.
7. L’Iran a renversé l’équation de « l’économie de guerre » : l’Iran a utilisé sa position géopolitique et ses capacités militaires pour répercuter une partie des coûts économiques du conflit sur les États-Unis et l’économie mondiale, affectant ainsi les marchés de l’énergie, le secteur des assurances, le transport maritime et les marchés financiers.
8. La guerre a influencé les calculs nationaux américains : la hausse des coûts énergétiques, la consommation de munitions, les besoins en matière de défense aérienne, les coûts liés à la protection des bases et les perturbations des marchés ont fait que le conflit a de plus en plus pesé sur les calculs militaires, économiques et politiques internes de Washington.
9. Les trois piliers de la puissance américaine ont été confrontés à un défi majeur : la puissance militaire, la puissance économique et l’hégémonie constituent les principaux piliers de l’influence mondiale des États-Unis, et le conflit a remis en cause la perception de l’invulnérabilité militaire américaine, sa capacité à répercuter les coûts économiques sur d’autres, ainsi que sa légitimité politique et sa capacité à protéger ses alliés.
10. Les conséquences vont au-delà de la victoire ou de la défaite : l’importance stratégique du conflit réside dans le fait qu’il remet en cause plusieurs hypothèses concernant la puissance américaine : sa capacité à contrôler la géographie de la guerre, la sécurité de ses bases, l’invulnérabilité de ses armes de pointe, sa capacité à externaliser les coûts de la guerre et sa capacité à garantir la sécurité de ses alliés. Il a décrit ces développements comme un tournant dans l’ordre sécuritaire régional et mondial.