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Etats-Unis, Iran, la guerre contre l'Iran, le coût pour les ménages

Le coût économique du conflit pour les États-Unis a atteint 265 milliards de dollars au cours des quelque huit mois qui se sont écoulés depuis le début des frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran.
Selon les calculs de Mark Zandi, économiste en chef chez Moody’s Analytics, ce montant représente une charge supplémentaire d’environ 2 000 dollars pour le budget d’une famille américaine moyenne.
En partageant ces données mardi sur son compte X, M. Zandi a indiqué que le coût par foyer depuis le début de la guerre s’élevait à environ 2 000 dollars, les pertes économiques à l’échelle nationale atteignant 265 milliards de dollars.
Cette estimation est sept fois supérieure au montant des dépenses militaires directes communiqué au Congrès par le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, qui couvre la période comprise entre le début des frappes, le 28 février, et la fin du mois de juillet.
Alors que les chiffres officiels de M. Hegseth ne concernent que les opérations militaires directes, l’impact du conflit sur les marchés mondiaux et les cours du pétrole fait grimper l’inflation et le coût de la vie au quotidien, alourdissant ainsi le fardeau réel qui pèse sur le budget des ménages.
Les coûts du carburant et du chauffage pèsent sur les budgets
Les dépenses énergétiques représentent la plus grande part des dépenses supplémentaires auxquelles sont confrontés les ménages américains. La flambée des coûts du carburant, du chauffage domestique et des transports a généré une facture supplémentaire d’environ 1 100 dollars par famille.
M. Zandi a noté que le prix de l’essence ordinaire, qui oscillait juste en dessous de 3 dollars le gallon avant la guerre, est passé à 4,37 dollars, tandis que celui du diesel a dépassé les 6 dollars et que celui du kérosène a presque doublé.
Soulignant qu’une hausse marquée des coûts du combustible de chauffage domestique fait grimper les dépenses à l’approche de l’hiver, M. Zandi a déclaré que les niveaux de prix actuels continuent d’alourdir le budget des familles d’environ 50 dollars par semaine.
Des chercheurs du Watson Institute for International and Public Affairs de l’université Brown suivent également l’impact de la hausse des prix des carburants sur les consommateurs.
Selon les données de cet institut, les consommateurs américains ont dépensé 133,3 milliards de dollars supplémentaires en carburants depuis le 28 février.
Au cours de cette période, les prix de l’essence ont augmenté de plus de 46 % et ceux du diesel de plus de 70 %. Sur cette charge supplémentaire supportée par les consommateurs, 73,5 milliards de dollars provenaient de l’essence et 59,8 milliards de dollars du diesel. Ce calcul se traduit par un surcoût de 1 017,76 dollars par foyer à l’échelle nationale.
Les taux d’intérêt des prêts et les dépenses opérationnelles alourdissent la facture
La hausse des taux d’intérêt a constitué un autre facteur déterminant dans le paysage économique.
M. Zandi a indiqué que la hausse des taux d’intérêt avait entraîné un coût d’environ 540 dollars par foyer.
Les taux fixes des prêts immobiliers, qui se situaient en dessous de 6 % avant la guerre, ont grimpé à environ 7,5 %, a précisé M. Zandi, ajoutant que les taux à long terme avaient également augmenté de manière substantielle.
Les opérations militaires directes, quant à elles, représentent un coût de 360 dollars par foyer selon les données du Pentagone.
Toutefois, les experts soulignent que les dépenses liées aux réparations, à la maintenance et au réapprovisionnement en matériel ne sont pas incluses dans les chiffres publiés, ce qui signifie que les dépenses militaires réelles sur le terrain pourraient dépasser les estimations du Pentagone.
Linda Bilmes, spécialiste du budget de guerre qui enseigne les politiques publiques à la Harvard Kennedy School, s’est dite certaine que la facture du conflit atteindra 1 000 milliards de dollars, ajoutant : « Peut-être en sommes-nous déjà là. »
Trump défend ces dépenses alors que le soutien de l’opinion publique s’effrite
La pression économique croissante alimente une vague de contestation contre la campagne militaire et la manière dont le président américain Donald Trump gère le processus.
Un sondage du Pew Research Center réalisé du 28 septembre au 4 octobre auprès de 5 062 adultes a révélé que 65 % des Américains désapprouvent la manière dont Trump gère les frappes contre l’Iran.
La proportion de ceux qui considèrent que le recours à la force militaire est justifié a baissé de quatre points de pourcentage par rapport au mois de mars, tombant à 34 %.
Soulignant que le coût total a anéanti environ la moitié des gains de revenus des ménages américains moyens au cours des huit derniers mois, M. Zandi a déclaré qu’il était naturel que le soutien de l’opinion publique à la guerre reste aussi faible.
Selon les chiffres communiqués par l’analyste électoral Nate Silver, la cote de popularité nette de Trump a chuté à son plus bas niveau historique, à moins 23,5 points.
Défendant l’intervention militaire contre l’Iran, Trump a qualifié ces coûts de « petit prix à payer pour assurer la sécurité de notre pays et du monde ».
Alors que la flambée du coût de la vie accentue la pression sur les républicains à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, Trump a annoncé le mois dernier qu’il verserait une aide en espèces de 5 000 dollars à chaque adulte du pays si son parti conservait la majorité dans les deux chambres du Congrès.