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Asaad Abu Khalil
Que Netanyahu ait gagné ou non. Que les Arabes aient participé au gouvernement ou non. Les Arabes de la Knesset ne sont qu’une façade depuis le début. Et Mansour Abbas incarne une nouvelle forme de sionisme islamiste qui satisfait Netanyahu sans l’inquiéter. Les élections aboutissent à un gouvernement de coalition dont les Arabes sont exclus.
Sans le vote arabe, Netanyahu aurait formé une majorité absolue (ce qui signifie que le génocide jouit d’une grande popularité chez les Juifs). Les deux camps rivaux en Israël expriment ouvertement leur dégoût envers la composante arabe et excluent toute coopération avec les Arabes, même si cela leur faciliterait la gouvernance. Le racisme l’emporte toujours. Et au Liban, certains te font l’éloge des institutions de l’État israélien. Quelles institutions ?
La Cour suprême, qui suscite l’admiration des libéraux occidentaux, approuve plus de 95 % des demandes du gouvernement en matière de sécurité et de torture. Et les institutions sont dociles : regardez comment Netanyahou a traité pendant des années un pouvoir judiciaire qui l’a condamné pour de multiples chefs d’accusation de corruption. Il décide de reporter l’audience, de prononcer une peine et quitte la salle d’audience lorsque les propos du juge ne lui plaisent pas. Une justice corrompue dans un système corrompu où le chef du gouvernement est impliqué dans des affaires de corruption depuis bien avant le célèbre scandale d’Isaac Rabin. Mais chez nous, dans les médias arabes – et au sein des institutions sionistes en Occident –, des Arabes se font payer pour blanchir l’image d’Israël auprès des Arabes et promouvoir son exemple comme un modèle à suivre, afin que nous oublions les crimes de génocide en cours.
Ils disent : « Vous niez qu’Israël soit une démocratie ? » Bien sûr. À la fondation du Liban, les Juifs libanais jouissaient, dans les années 1920 et 1930 (et par la suite), de libertés et d’une égalité qui surpassaient les droits et libertés des Arabes en Israël aujourd’hui. Les Juifs libanais avaient le droit de promouvoir le sionisme (ce qui constituait une extravagance en matière d’octroi de libertés à une époque où les communistes et les nationalistes arabes syriens étaient jetés en prison).
Israël est un État démocratique pour les Juifs européens, mais c’est une démocratie au même titre que l’Afrique du Sud était un État démocratique pour ses colons blancs. Les institutions israéliennes ne sont pas au service de l’individu, mais servent l’objectif d’imposer la domination et la tyrannie d’une classe qui a imposé son occupation à la majorité après en avoir expulsé la plupart et avoir fait venir des immigrants pour inverser la démographie sur une base raciste. Avez-vous lu que des Arabes ont été emprisonnés à cause de tweets sur Facebook ? Exactement comme cela se passe aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite. Mais ceux qui vantent l’exemple d’Israël se trouvent justement être des admirateurs des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite. Pas étonnant.