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Larry C. Johnson
Donald Trump a dû passer la nuit dernière dans un Holiday Inn, car lorsqu’il a quitté la Maison Blanche vendredi pour se rendre en Floride afin de prononcer un discours à The Villages, une communauté de retraités connue pour ses maladies sexuellement transmissibles, il se prenait pour un avocat. Le vendredi 1er mai marquait la date à laquelle la loi sur les pouvoirs de guerre l’obligeait à demander l’autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre en Iran. Mais Trump, raisonnant comme un avocat à la petite semaine, a annoncé que la guerre avec l’Iran était terminée.
Mon cher ami, Ray McGovern, pense que Trump est peut-être sérieux (et je prie pour que Ray ait raison) et qu’il a été poussé à faire cette annonce parce que Vladimir Poutine, lors de leur conversation téléphonique de mardi, avait averti Trump de ne pas attaquer l’Iran.
J’ai évoqué une autre possibilité avec Ray et le juge aujourd’hui… Trump va attendre quelques jours, puis lancer une nouvelle série d’attaques contre l’Iran et prétendre que le délai de 60 jours prévu par la loi sur les pouvoirs de guerre recommence à zéro, car il s’agit d’une « nouvelle » guerre.
Je pense que Trump ordonnera une nouvelle attaque contre l’Iran dans les jours à venir. Au cours des dix derniers jours, on a assisté à un déploiement massif d’avions militaires américains en Asie occidentale. Ils transportent des missiles et des bombes, ainsi que des renforts de l’armée de terre et de la marine. L’armée américaine est prête à exécuter de nouvelles missions si le président Trump en donne l’ordre.
L’amiral Cooper, commandant du CENTCOM, ainsi que le général commandant les forces aériennes et l’amiral commandant les forces navales, ont mis à jour leurs plans en vue d’une nouvelle campagne aérienne. Ils ont également, en réponse à un ordre de Donald Trump, préparé des options pour la prise de l’île de Kharg et/ou de l’île de Qemsh, ainsi que des options pour un raid sur un site nucléaire iranien.
Bien que le CENTCOM ait planifié de nouvelles opérations, l’amiral Cooper et ses deux commandants subordonnés auraient conseillé au président Trump de ne pas renouveler les options militaires contre l’Iran. Ils estiment que de nouvelles frappes militaires ne permettront pas d’atteindre l’objectif consistant à forcer l’Iran à faire des concessions et à ouvrir le détroit d’Ormuz. Plus important encore, une campagne aérienne épuiserait davantage les stocks américains de missiles de croisière Tomahawk, de JASSM (Joint Air-to-Surface Standoff Missiles), d’intercepteurs Patriot PAC 3 et d’intercepteurs THAAD.
Au 1er et 2 mai 2026, la position officielle du gouvernement iranien — communiquée par l’intermédiaire de médiateurs pakistanais et de déclarations publiques du président Masoud Pezeshkian, de responsables du ministère des Affaires étrangères et de personnalités proches du Corps des gardiens de la révolution islamique — est qu’il ne rouvrira pas le détroit d’Ormuz ni ne désescaladera pleinement la situation tant que les États-Unis n’auront pas satisfait à plusieurs conditions fondamentales.
L’Iran a qualifié à plusieurs reprises ces conditions de « lignes rouges » non négociables et a rejeté les propositions américaines exigeant des concessions nucléaires immédiates ou le maintien du blocus naval. Dans sa dernière offre révisée (transmise aux États-Unis via le Pakistan), l’Iran stipule que :
Les États-Unis doivent immédiatement lever leur blocus naval des ports iraniens.
Les deux parties doivent s’accorder sur une fin définitive de la guerre (ou un cessez-le-feu garanti à long terme).
En échange direct, l’Iran mettra fin à son blocus, à ses opérations de minage et à ses attaques dans le détroit d’Ormuz et le rouvrira entièrement à la navigation internationale.
Les discussions sur le programme nucléaire iranien seraient reportées à une phase ultérieure, une fois la crise immédiate résolue.
Le président Trump a déclaré publiquement qu’il n’était « pas satisfait » de cette proposition, principalement parce qu’elle retarde les négociations sur le nucléaire. La position de l’Iran concernant l’enrichissement nucléaire s’est durcie au cours des deux dernières semaines. L’Iran insiste désormais sur le fait que, en tant que signataire du Traité de non-prolifération et ayant autorisé les inspections de l’AIEA sur ses sites nucléaires, il dispose d’un droit légal et souverain d’enrichir de l’uranium.
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran sont au point mort. L’Iran, cependant, s’est montré très actif sur le front diplomatique. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a passé une série d’appels téléphoniques, principalement le vendredi 1er mai 2026 (certaines activités s’étant peut-être prolongées depuis le jeudi 30 avril), aux pays suivants :
Turquie,Égypte,Qatar,Irak,Arabie saoudite,Azerbaïdjan.
M. Araghchi a informé ses homologues des derniers efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, notamment de la proposition révisée de l’Iran concernant le détroit d’Ormuz, le blocus et la désescalade régionale. J’espère que nous passerons un week-end calme, mais les perspectives d’un règlement négocié semblent s’amenuiser. Je continuerai à suivre la situation et à vous tenir informés.
