Étiquettes
administration américaine, des mensonges et des tromperies, notre parole ne vaut plus rien
par Ron Paul
Le schéma des reportages médiatiques – basés sur des fuites de la Maison Blanche – selon lequel un accord avec l’Iran est sur le point d’être conclu est devenu prévisible. Alors qu’autrefois les marchés fluctuaient de manière spectaculaire (et que certains initiés réalisaient d’énormes profits grâce à ces informations), chaque fois que nous entendons dire que l’accord est presque conclu pour finalement le voir échouer, les marchés ne bougent pratiquement pas.
Il est dangereux d’avoir une administration américaine à laquelle personne, ni aux États-Unis ni dans le reste du monde, ne croit. Lorsque des « sources » de la Maison Blanche affirment qu’un accord est en vue, pour voir ensuite le président Trump publier un autre graphique généré par IA montrant l’armée américaine – ou lui-même – tirant des missiles sur l’Iran, la futilité de s’engager avec les États-Unis s’en trouve renforcée aux yeux du reste du monde.
Ce n’est pas faire preuve de force. C’est le signe d’une faillite morale et éthique. Et c’est dangereux. Dans un monde où aucun autre pays ne voit l’intérêt de négocier pour mettre fin aux différends avec le gouvernement américain, la seule solution est de se préparer à recourir à la force contre lui.
Un gouvernement américain dont la parole ne vaut rien se retrouvera bientôt face à un monde qui refuse de lui parler.
C’est ce que nous avons vu avec la réponse iranienne aux attaques surprises américaines de juin dernier et de ce 28 février. À deux reprises, les États-Unis ont utilisé des mensonges et la supercherie – prétendant que nous négociions en tant que partenaire honnête – pour couvrir une attaque planifiée de longue date. Comment un pays peut-il négocier dans de telles circonstances ?
Il existe un mot pour cela : le nihilisme. C’est la conviction qu’il n’y a pas de vérité. Seulement des mensonges et des tromperies commodes pour imposer sa volonté. Le nihilisme gouvernemental mène à des faillites tant financières que morales. Près de 40 000 milliards de dollars de dette démontrent la première faillite, tandis que notre politique étrangère de guerre et d’agression démontre la seconde.
Un monde qui considère la force comme le seul moyen de négocier avec les États-Unis ne nous attaquera peut-être pas immédiatement. Mais il s’y préparera. C’est ce que l’Iran a fait au cours des quatre dernières décennies. C’est ce qu’ont fait nos « rivaux », la Chine et la Russie. D’autres leur emboîtent le pas.
Le gouvernement et ses porte-parole néoconservateurs continuent de faire croire au peuple américain que nous disposons de l’armée la plus puissante de l’histoire du monde. Et s’il est vrai que nous disposons d’une armée puissante, plus coûteuse que la plupart des autres réunies et capable de projeter sa force à l’échelle mondiale, cela n’a aucune importance.
Malgré la propagande incessante du « secrétaire à la Guerre » Hegseth, nous apprenons peu à peu la vérité sur la guerre d’agression menée par les États-Unis contre l’Iran. Quelques semaines de combats seulement ont presque épuisé notre arsenal, sans pour autant entamer celui de l’Iran. Malgré les affirmations initiales de l’administration américaine selon lesquelles 90 % ou plus de l’armée iranienne avait été détruite, nous savons désormais que c’est tout le contraire : près de 90 % de l’armée iranienne reste intacte.
Ce que nous aurions dû retenir de ces vingt années gâchées en Afghanistan – à savoir qu’une nation qui se bat pour son territoire dispose d’un avantage considérable – n’a toujours pas été compris.
Disposer de « l’armée la plus puissante du monde » n’a aucune importance si les États-Unis continuent de poursuivre un empire militaire mondial. Il n’y aura jamais d’armée assez forte pour cela. C’est une leçon que nous venons d’apprendre en Iran.
Si le peuple américain n’est pas prêt à exiger de ses élus qu’ils respectent la Constitution et rétablissent notre réputation d’intermédiaires honnêtes, je crains que les conséquences futures de notre nihilisme actuel ne soient graves.