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Les sondages montrent que la dernière aventure militaire de Trump est encore moins bien perçue que la guerre du Vietnam
Stephen Semler
Lors d’une audition au Sénat en avril, dominée par le débat sur la guerre en Iran, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a repoussé les critiques des membres sceptiques du Congrès, affirmant : « Je crois que nous avons bel et bien le soutien du peuple américain » dans ce conflit.
Il s’avère que Hegseth avait tort. Deux mois plus tard, nous pouvons désormais affirmer avec certitude que le conflit avec l’Iran est la guerre la plus impopulaire de l’histoire des États-Unis.
Lorsque j’ai comparé, en mai, l’opinion publique sur la guerre en Iran à celle des grands conflits américains précédents, elle n’avait pas encore tout à fait atteint le niveau d’impopularité de la guerre du Vietnam. Mais les sondages de juin montrent que la guerre en Iran a désormais chuté à un soutien net de -32 %, soit en dessous des -31 % enregistrés lors du dernier sondage sur la guerre du Vietnam.
Cela signifie que 32 points de pourcentage de personnes de plus s’opposent à la guerre contre l’Iran qu’il n’y en a qui la soutiennent. (Le soutien net correspond au pourcentage de personnes qui soutiennent la guerre moins le pourcentage de celles qui s’y opposent.)
Mais cela ne suffit pas à rendre compte de l’impopularité historique de la guerre contre l’Iran. D’après mon analyse actualisée de 153 sondages d’opinion portant sur sept conflits majeurs impliquant les États-Unis, la guerre contre l’Iran est la guerre américaine la plus impopulaire de l’histoire à au moins trois égards :
1. La guerre en Iran a débuté avec un soutien de l’opinion publique plus faible que celui de toute autre guerre menée par les États-Unis. Avec un taux de -13 %, c’est la première à avoir démarré avec un soutien net négatif.
2. La guerre contre l’Iran bénéficie actuellement d’un soutien de l’opinion publique plus faible que n’importe quelle autre guerre menée par les États-Unis. Avec un taux de -32 %, elle est même moins populaire que la tristement célèbre guerre du Vietnam.
3. À aucun moment, les Américains n’ont été plus nombreux à soutenir la guerre contre l’Iran qu’à s’y opposer. En termes de soutien net de l’opinion publique, c’est la première guerre américaine à avoir été menée entièrement en territoire négatif.
Le premier graphique ci-dessous illustre les deux premières conclusions, tandis que le second illustre la troisième.

Les données relatives à chaque guerre comprennent le premier sondage réalisé après le début du conflit, le dernier sondage effectué avant la fin de celui-ci — ou, dans le cas de la guerre en Iran, le plus récent — et (pour le deuxième graphique) tous les sondages réalisés entre ces deux dates. (La méthodologie complète est disponible ici.)
Les données relatives aux six premières guerres proviennent de Gallup, qui, pour des raisons obscures, a décidé de ne pas mener de sondages réguliers sur cette guerre. Le partenariat entre The Economist et YouGov a produit les meilleurs sondages sur la guerre en Iran en termes de fréquence, de formulation des questions et de continuité avec les données historiques.

Gallup a demandé aux personnes interrogées si elles estimaient qu’une guerre donnée était ou non une erreur. Les sondages The Economist/YouGov ont demandé aux personnes interrogées si elles soutenaient ou s’opposaient à la guerre. Ces deux types de questions peuvent donner une image plus favorable du soutien à la guerre qu’il n’en est réellement le cas. Comparons, par exemple, les réponses à deux questions posées ce mois-ci par The Economist/YouGov.
Lorsqu’on a demandé aux personnes interrogées si elles soutenaient ou s’opposaient à la guerre, 28 % ont déclaré la soutenir et 60 % s’y opposer. Les chiffres s’inversaient chez les républicains, dont 67 % ont exprimé leur soutien et 20 % leur opposition.
Cependant, lorsque ce même sondage a demandé si les États-Unis « devraient conclure un accord pour mettre fin à la guerre en Iran le plus rapidement possible », les républicains se sont davantage alignés sur l’opinion publique générale, 54 % d’entre eux se prononçant en faveur d’un accord rapide, contre 65 % de l’ensemble des Américains.
Ainsi, parmi les républicains, le soutien à la guerre en Iran s’élève à +47 %, mais le soutien à la poursuite de la guerre — et non à sa fin dès que possible — s’établit à -28 %. Une part importante de la population adulte américaine affirme en effet : « Oui, je soutiens cette guerre ; oui, je veux qu’elle cesse dès que possible. »
Parmi l’ensemble des Américains, le soutien net à la poursuite de la guerre en Iran — par opposition à son arrêt dès que possible — s’élève à -52 %.
Cet article est adapté d’une analyse publiée dans Polygraph.
Stephen Semler est cofondateur du Security Policy Reform Institute, un groupe de réflexion qui élabore des propositions politiques en faveur de la classe ouvrière. Il est également chercheur senior non résident au Center for International Policy et rédige la lettre d’information « Polygraph » sur Substack.