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Lors de mon entretien avec Sulaiman l’autre soir, j’ai réagi avec étonnement et scepticisme à l’annonce du CENTCOM selon laquelle l’USS Boxer était envoyé en mer d’Oman. Il a été déployé début mars et, selon de nombreuses sources, se dirigeait vers le golfe Persique. Il s’avère que j’avais tort.
Lorsque la 11e Unité expéditionnaire des Marines (MEU) a quitté San Diego le 18 mars 2026 avec 2 200 Marines à son bord, tout le monde savait qu’elle était envoyée pour participer à l’opération « Epic Fury ». La 11e MEU a embarqué à bord de l’USS Boxer et faisait partie d’un groupe amphibie prêt au combat (ou ARG). Le terme « ARG » est le terme standard utilisé par la Marine pour désigner une formation composée de trois navires de guerre amphibies qui se déploient ensemble en tant qu’ensemble. La composition type — à laquelle le groupe du Boxer se conforme exactement — comprend un navire d’assaut amphibie à grand pont (LHD ou LHA, comme le Boxer) servant de navire amiral, un navire de transport amphibie (LPD, comme le Portland) et un navire de débarquement (LSD, comme le Comstock).
Lorsque le Boxer a quitté San Diego les 18 et 19 mars, sa destination était véritablement indéterminée : les responsables militaires avaient alors laissé entendre que le groupe remplacerait soit l’ARG Tripoli basé en Asie, soit suivrait ce dernier au Moyen-Orient dans le cadre de l’opération Epic Fury. Il est arrivé à Pearl Harbor vers les 29 et 30 mars, puis a immédiatement quitté Hawaï pour mettre le cap à l’ouest le 1er avril. De là, il a passé près de trois mois dans le Pacifique, et non au Moyen-Orient, menant dans un premier temps des opérations de secours suite au typhon Sinlaku à Guam et dans les Mariannes du Nord du 22 au 28 avril. Il a ensuite traversé le détroit de Surigao. Le Boxer est entré dans la mer d’Andaman le 17 mai, puis dans la mer de Chine méridionale le 2 juin et à nouveau le 13 juin, avant de faire escale à Singapour vers le 20-22 juin, puis de traverser l’océan Indien.
Nous sommes désormais en juillet et le CENTCOM a annoncé que le Boxer et l’USS Portland — les deux autres navires de l’ARG — opèrent désormais au Moyen-Orient dans le cadre d’un déploiement prévu, précisant que l’USS Comstock — le troisième navire de l’ARG — se trouvait déjà dans la région depuis début mai. Un reportage local de San Diego daté du 5 juillet a confirmé que le groupe était arrivé le 30 juin avec à son bord environ 2 200 Marines de Camp Pendleton, et a décrit l’escadre aérienne du Boxer, composée de F-35B, d’Ospreys et d’hélicoptères, ainsi que d’aéroglisseurs sur le pont-garage.
Que se passe-t-il donc ? Je pense qu’il s’agit là d’une démonstration de force peu convaincante, même si certains provocateurs sur les réseaux sociaux s’inquiètent de savoir si Trump va leur ordonner de prendre d’assaut une plage quelque part dans la région. Alors que les funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei sont toujours en cours, je doute que les États-Unis tentent une quelconque action militaire. Si les États-Unis décidaient tout de même de frapper l’Iran à la suite des informations parues lundi soir selon lesquelles l’Iran aurait touché deux autres navires qui tentaient de se faufiler dans les eaux omanaises, l’Iran risquerait alors de réagir avec plus de férocité et d’intensité que lors du dernier échange de missiles et de drones il y a deux semaines.
Je plains les Marines confinés sur ces navires. Difficile de mener les entraînements et les exercices physiques habituellement associés aux activités du Corps des Marines des États-Unis. On dirait qu’ils vont rester au large des côtes d’Oman… Je ne sais pas si une permission à terre est prévue. Oman n’est pas réputé pour être une ville festive où l’on sert des gallons de bière fraîche.
Par ailleurs, les funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei battent tous les records d’affluence… Le nombre de personnes présentes devrait dépasser les 40 millions, ce qui représente près de la moitié de la population totale de l’Iran… Et l’Occident prétendait que l’ayatollah était impopulaire. C’est un événement sans précédent dans l’histoire de l’humanité… On n’a jamais vu un rassemblement aussi massif de personnes venues rendre hommage à un défunt.