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Par John Helmer, Moscou
 

Le président Vladimir Poutine est-il confronté à un moment, à l’image de la Première Guerre mondiale, où il doit choisir entre lutter pour éliminer la menace ou négocier un armistice ?  Ou est-il confronté à un moment de « nazification » allemande, comme dans les années 1930 ? Ou bien Poutine se trompe-t-il sur l’identité de ceux qui font partie du « parti de la guerre » et de ceux qui peuvent être dissuadés de le rejoindre ?

« Le parti européen de la guerre part d’une perception erronée de la situation globale et de l’évolution du front », a déclaré Poutine au président Donald Trump lors de leur entretien téléphonique dimanche 4 juillet.   Il a ensuite tenté d’expliquer ce qui se passe sur le champ de bataille ukrainien.

Quelle perception est erronée ?

Le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, a déclaré le lendemain : « Une guerre est en cours, c’est une véritable guerre. Tout a commencé par une opération militaire spéciale. Cela se poursuit comme une guerre, car Berlin, Paris, La Haye, Oslo et, malheureusement, Washington soutiennent Kiev. On les aide à viser grâce à leurs satellites, on les aide à diriger des armes étrangères vers nos cibles via l’ensemble de leurs infrastructures. »  

Eh bien, si c’est ce que croit Poutine, à quoi cela servira-t-il à Poutine d’accueillir à nouveau au Kremlin les négociateurs de Trump, Steven Witkoff et Jared Kushner ? Peskov a ajouté, dans le même communiqué de presse du 5 juillet : « Ils sont très occupés en ce moment. Dès qu’ils auront plus de temps libre, ils seront toujours les bienvenus à Moscou. »  

Trump n’a pas fait mention de cet appel avec Poutine dans ses tweets quotidiens. Mais lorsqu’un journaliste lui a demandé le 5 juillet « pourquoi [Poutine] ne ressent-il aucune pression après s’être entretenu avec vous ? », Trump a répondu : « Eh bien, je pense qu’il ressent bel et bien de la pression. Il veut y mettre fin et l’Ukraine veut y mettre fin, et nous sommes en pourparlers et nous verrons si nous pouvons y mettre un terme… Et le président Poutine veut que cela cesse, je vous l’affirme très fermement, c’était un bon appel. Et le président Zelensky veut en fait que cela cesse maintenant. Nous allons nous rendre à l’OTAN, et nous allons en discuter. Et je pense que nous allons y parvenir — je pense que nous allons y mettre un terme. C’est une situation terrible. »  

Poutine insiste sur le fait que Trump n’approuve pas, et ne signera pas à nouveau, la stratégie de l’OTAN consistant à exercer une « pression » permanente sur la Russie. « Je tiens à souligner », a déclaré Poutine à ses commandants militaires sur le front, « que tant le régime de Kiev que les soi-disants artisans de la paix européens, dont l’objectif réel n’est pas la paix mais la poursuite de la guerre contre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien, confirment par leurs déclarations et leurs actions concrètes notre hypothèse concernant leurs véritables intentions. Je tiens à souligner que la déclaration commune du 7 juin 2026, signée par certains dirigeants de l’UE, saluait l’utilisation innovante, selon leurs propres termes, des technologies sans pilote par le régime de Kiev. »

Poutine faisait référence à la déclaration du 7 juin publiée à Londres par les dirigeants allemands, français et britanniques en présence de Vladimir Zelensky. « Ils ont discuté de la manière de tirer parti du prochain sommet du G7 à Évian, de la prochaine réunion de la Coalition des volontaires et du sommet de l’OTAN à Ankara pour coordonner au mieux la poursuite du soutien à l’Ukraine en fonction de ses besoins prioritaires, notamment en exerçant une pression accrue sur l’économie de guerre russe et en renforçant les engagements de soutien militaire et de défense en faveur de l’Ukraine lors du sommet de l’OTAN. »

Poutine a omis de mentionner que dix jours plus tard, lors du sommet du G7 à Évian le 17 juin, Trump a signé cette déclaration : « Nous, les dirigeants du G7, sommes unis dans notre soutien indéfectible à l’Ukraine pour la défense de sa liberté, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale… Afin de soutenir et d’accélérer cette nouvelle dynamique, nous convenons d’augmenter la fourniture de capacités de défense aérienne, de systèmes et d’intercepteurs supplémentaires, ainsi que de capacités à longue portée. Nous sommes également prêts à envisager d’accorder à l’Ukraine des licences permettant d’accroître sa production militaire… Nous nous engageons à intensifier la pression sur l’économie de guerre russe. Dans ce contexte, nous renforcerons nos sanctions, notamment celles visant les secteurs du pétrole et du gaz. Nous estimons que le moment est venu de prendre des mesures supplémentaires. »  

Pression stratégique – Trump y est favorable.

Poutine refuse d’y croire.

John Helmer