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Juan Cole

Photo de Rhys Moult sur Unsplash

Selon CNBC, la guerre contre l’Iran va éroder le pouvoir d’achat des consommateurs américains cet été, notamment en raison des prix élevés du diesel.

Cette prévision aide à expliquer l’effondrement de la cote de popularité de Trump concernant sa guerre contre l’Iran, d’une stupidité ahurissante. Même au sein de sa base « MAGA », le soutien à la guerre n’était que d’environ 50 % en mai dernier. Il n’est plus aujourd’hui que d’un tiers. Et il s’agit là de la base de Trump. Dans le reste du pays, les gens souhaitent que tout cela soit terminé depuis hier, à chaque fois qu’ils font le plein.

Rabobank a revu à la baisse ses prévisions de croissance économique pour les Pays-Bas au cours des deux prochains trimestres, les ramenant à 0,2 % en raison des prix élevés du diesel et du gaz fossile, et s’attend à ce que le pouvoir d’achat réel du consommateur néerlandais moyen diminue. BBC Monitoring rapporte : « Hugo Erken, responsable de l’économie néerlandaise au sein de la division de recherche de Rabobank, décrit ces perspectives comme “une crise au ralenti” et prévient que “les pires hausses de prix sont encore à venir” ».

En Turquie, le Parti républicain du peuple, parti d’opposition, affirme qu’en raison des prix élevés du diesel, les agriculteurs turcs sont « incapables de produire » (Artışların çiftçiye üretim yapamaz). Ce serait une mauvaise nouvelle pour ceux qui, par exemple, mangent.

Au sein de l’Union européenne, l’inflation moyenne des carburants de transport a dépassé les 20 % au printemps et restait élevée en juin, avec une hausse de 13,7 % en glissement annuel. Elle est à nouveau en forte hausse.

L’Inde et l’Afrique du Sud souffrent également d’une forte inflation liée aux prix des carburants.

Depuis deux décennies, les porte-parole des grandes compagnies pétrolières s’en prennent aux énergies vertes, qu’ils qualifient de peu fiables et intermittentes. Le soleil, disent-ils, ne brille pas la nuit et le vent ne souffle pas toujours. Cette ligne d’attaque a toutefois été définitivement mise en échec par deux évolutions. L’essor des mégabatteries sur les réseaux chinois et californiens, par exemple, a permis de stocker l’énergie solaire et éolienne pour la restituer en cas de besoin.

L’autre évolution, stimulée par les guerres en Ukraine et en Iran, est le caractère de plus en plus aléatoire et intermittent des combustibles fossiles eux-mêmes. Bien qu’elle ait changé de tactique la semaine dernière, l’Ukraine avait frappé des raffineries russes au cours du mois dernier, provoquant des pénuries de carburant et contraignant la Russie à suspendre ses exportations de diesel. L’administration Trump a déchiré le protocole d’accord avec l’Iran il y a dix jours et a commencé à bombarder intensivement ce pays, ce qui a conduit à une quasi-fermeture du détroit d’Ormuz. Puis, cette semaine, le gouvernement des « Aides de Dieu » (Ansar Allah) du Yémen du Nord a annoncé qu’il ciblerait le trafic maritime à destination et en provenance des ports saoudiens de la mer Rouge transitant par Bab al-Mandeb (« La Porte des Larmes »), qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden, puis à l’océan Indien.

Ces événements ont fait remonter le prix du Brent au-delà de 90 dollars le baril. L’arrêt par la Russie de ses exportations de gazole jusqu’à la fin du mois, qui s’ajoute à l’interruption des exportations de gazole et d’essence en provenance du Golfe, pose des défis particuliers aux économies mondiales.

Le diesel est le moteur des sociétés modernes, indispensable au transport routier, à l’agriculture et à l’industrie. Aux États-Unis, les prix ont remonté à 5 dollars le gallon (davantage en Californie, qui est liée au marché asiatique). Les prix du diesel sont particulièrement inélastiques : en d’autres termes, lorsqu’il est cher, on ne peut pas simplement réduire sa consommation. Les entreprises de transport routier qui acheminent les denrées alimentaires des agriculteurs vers les supermarchés doivent prendre la route même si le prix du plein est élevé. Les gens ont besoin de nourriture. De nombreuses entreprises de transport routier voient leurs marges bénéficiaires se réduire car elles doivent dépenser beaucoup en diesel.

Mais le surcoût du carburant entraîne alors une hausse des prix des produits de base, en particulier des denrées alimentaires, acheminés par camion. Ainsi, les pénuries de diesel telles que celles provoquées par le triple goulot d’étranglement de nos guerres de drones et de missiles du XXIe siècle sont particulièrement inflationnistes.

La guerre contre l’Iran avait fait grimper l’inflation américaine à 4,2 % en mai. Après la signature du protocole d’accord et la reprise du transport maritime dans le Golfe, le taux d’inflation aux États-Unis est retombé à 3,5 % en juin. Mais aujourd’hui ? Il va probablement remonter, non seulement d’ici la fin de l’année, mais aussi jusqu’en 2027 (selon ce qui se passera en Russie et en Iran).

Il semble presque certain que de nombreuses familles de travailleurs vont souffrir cette année de la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant, en raison de l’attaque insensée de Trump contre l’Iran.

Les consommateurs qui en ont les moyens peuvent se protéger en achetant des voitures électriques, qu’ils associeront à des panneaux solaires installés sur leur toit et à des batteries domestiques. Quant au remplacement du diesel, la Chine a mis au point de gros camions électriques et souhaite « mettre en circulation au moins 1,6 million de poids lourds électriques d’ici 2030 », selon le SCMP. Depuis qu’ils ont installé un imbécile de classe mondiale à la Maison Blanche, les électeurs américains, en revanche, n’auront d’autre choix que de souffrir… pendant très longtemps.

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