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Arabie, Etats-Unis, FMP, Irak, Saoudite
Les frappes conjointes américano-saoudiennes contre les Forces de mobilisation populaire (FMP) en Irak représentent bien plus qu’une simple opération militaire. Elles marquent le début d’une nouvelle phase d’escalade de la crise régionale. En violant la souveraineté de l’Irak, en exacerbant l’insécurité et en coïncidant avec l’approche de l’Arba’een, cette opération semble poursuivre des objectifs qui dépassent largement le champ de bataille.
Nournews : Les attaques conjointes américano-saoudiennes contre des cibles situées dans les provinces irakiennes de Wasit, Karbala, Ninive, Salah al-Din, Kirkouk, Diyala et Bassorah ne peuvent être considérées comme une simple opération militaire limitée. Elles constituent au contraire une violation flagrante de la souveraineté nationale de l’Irak et une attaque contre l’un des piliers officiels de la structure de sécurité du pays.
Ces frappes ont été justifiées par une allégation non fondée selon laquelle la résistance irakienne aurait lancé une attaque de drone contre l’Arabie saoudite. Cependant, les éléments disponibles suggèrent que, loin de démontrer la puissance de Washington et de Riyad, cette opération constitue une tentative de dissimuler leurs revers stratégiques — notamment face à la résistance yéménite — et d’ouvrir un nouveau chapitre d’instabilité régionale. Une telle ligne de conduite pourrait, à terme, exposer ses architectes aux conséquences sécuritaires et politiques les plus graves.
Les Forces populaires mobilisées (PMF) : la véritable cible de l’attaque et un test pour le droit international
En réalité, la récente attaque ne visait pas ce que les médias occidentaux décrivent comme des « milices soutenues par l’Iran », mais une composante de l’appareil de sécurité officiel irakien. Bien que les Forces de mobilisation populaire (PMF) aient été initialement créées à la suite d’un décret religieux visant à lutter contre le terrorisme, elles ont par la suite été intégrées dans le cadre juridique irakien en tant que force officielle chargée de préserver la sécurité nationale aux côtés des forces armées irakiennes. Leur financement, leur équipement et leur soutien logistique sont tous fournis par le gouvernement irakien. Qualifier ces frappes d’« attaque contre le quartier général d’une milice » n’est donc guère plus qu’une tentative de légitimer un acte d’agression manifeste.
De plus, les responsables irakiens ont catégoriquement nié qu’une quelconque attaque contre l’Arabie saoudite ait été lancée depuis le territoire irakien. La résistance irakienne a toujours revendiqué ouvertement ses opérations, et le secret n’a jamais fait partie de son approche opérationnelle. Par conséquent, s’appuyer sur une allégation non vérifiée pour justifier une action militaire contre le territoire irakien manque de crédibilité juridique et constitue une violation flagrante du droit international et de la souveraineté d’un État indépendant. Le silence de ceux qui prétendent défendre le droit international — y compris les Nations unies — soulève des questions sérieuses qui invitent à la réflexion.
Arbaeen : la crainte du « soft power » du monde musulman
Le moment choisi pour ces attaques, à l’approche du plus grand rassemblement religieux annuel au monde, renforce l’hypothèse selon laquelle les objectifs de l’opération dépassent les considérations militaires. Depuis des années, l’Arbaeen a évolué, passant d’une simple célébration religieuse à un symbole de solidarité entre les nations musulmanes et à une démonstration du « soft power » du mouvement de résistance.
L’expérience passée a montré que, chaque fois que ce rassemblement massif approche, des efforts sont déployés pour semer l’insécurité, propager la peur psychologique et dissuader les pèlerins d’y participer.
Considérées dans ce contexte, les récentes attaques peuvent être perçues comme s’inscrivant dans la même stratégie — une stratégie visant à créer un climat de menace afin d’entraver la diffusion du message de l’Arba’een et de réduire la participation massive des pèlerins. Pourtant, l’expérience a également démontré que de telles mesures n’ont pas réussi à diminuer l’importance de l’événement ; au contraire, elles ont renforcé la détermination des pèlerins à y assister et à défendre leurs idéaux.
Le pari risqué de Riyad et la nouvelle donne en matière de sécurité régionale
L’opération conjointe américano-saoudienne ne peut être analysée indépendamment de la chaîne plus large des récents développements régionaux. De l’intensification des attaques contre le Yémen et Gaza à la pression sécuritaire croissante exercée sur l’Axe de la Résistance, une série d’actions coordonnées semble se mettre en place, signalant l’entrée de Washington dans une nouvelle phase de gestion des tensions en Asie occidentale.
Dans ce cadre, l’Arabie saoudite apparaît moins comme un acteur indépendant que comme un participant à une stratégie plus large conçue par les États-Unis pour redéfinir l’équilibre des pouvoirs régional — une stratégie qui reflète l’échec des options militaires et politiques précédentes plutôt que leur succès.
Ces développements soulignent une fois de plus la nécessité de s’orienter vers un cadre de sécurité régional autonome, une approche que la République islamique d’Iran prône depuis des années. Dans le même temps, du point de vue de Téhéran, le maintien des pressions, des menaces et des actions militaires parallèlement aux appels à la négociation constitue une politique contradictoire et inacceptable.
En conséquence, l’Iran affirme qu’il se réserve le droit inhérent de défendre ses intérêts nationaux et sa sécurité, tout en soulignant qu’une stabilité régionale durable ne peut être atteinte que lorsque l’intervention étrangère prendra fin et que les dispositifs de sécurité régionaux reposeront sur une coopé e entre les pays de la région plutôt que sur l’intervention de puissances extrarégionales.
Nournews