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NOURNEWS – Le Conseil de paix de Gaza a été créé avec la promesse d’une reconstruction et de la fin de la crise humanitaire. Cependant, les conditions imposées pour le désarmement, la poursuite de l’occupation et les retards dans l’obtention des financements soulèvent une question sérieuse : la « paix » sert-elle de prétexte pour consolider l’occupation israélienne de Gaza ?

Gaza, la plus grande prison à ciel ouvert du monde, reste sous l’ombre des attaques et des crimes quotidiens du régime israélien. Or, ce qui est de plus en plus préoccupant dans les développements récents, c’est la transformation progressive du concept de « paix » : il ne s’agit plus de mettre fin à l’occupation, mais de la gérer et de la pérenniser. Alors que les accords précédents mettaient l’accent sur le retrait des forces d’occupation de Gaza, Nikolay Mladenov, l’envoyé spécial du « Conseil de paix de Gaza », a annoncé qu’Israël ne se retirerait que des zones où l’élimination complète des armes et des tunnels aurait été officiellement déclarée.

Cette position présente des similitudes évidentes avec celles de Benjamin Netanyahu et de Bezalel Smotrich, des responsables qui ont décrit le désarmement de Gaza comme une condition préalable à sa reconstruction. Cet alignement soulève une question fondamentale : le conseil mis en place à l’initiative de l’administration Trump a-t-il véritablement défini sa mission comme étant de mettre fin à la crise et à la guerre, ou est-il en train de devenir un mécanisme destiné à fournir une couverture politique et financière à la poursuite de l’occupation ?

La vérification : une clé pour une porte qui ne s’ouvre jamais

L’expérience du comportement du régime israélien et de ses soutiens occidentaux montre que des concepts tels que « vérification », « déclaration officielle » et « respect des engagements » peuvent se transformer en un processus sans fin visant à créer de nouvelles conditions. Le dossier nucléaire iranien en est un exemple flagrant : malgré la mise en œuvre des engagements et des mesures de surveillance étendues, le maintien d’une ambiguïté persistante est devenu un outil permettant d’exercer une pression politique.

On craint désormais que le même schéma ne se répète à Gaza. Cela signifierait que le retrait de l’occupant ne servirait pas de point de départ à la reconstruction, mais plutôt de récompense conditionnelle dépendant du respect d’une série d’exigences dont la réalisation reste entre les mains de la partie même qui est l’occupant. Dans un tel cadre, la « vérification » ne prendra fin que lorsqu’il ne restera plus rien d’une Gaza palestinienne et indépendante.

Cette logique ne se limite pas à Gaza. Au Liban et en Syrie, le désarmement des groupes de résistance et la mise en place de nouveaux dispositifs de sécurité font également partie des principaux moyens de pression utilisés par le régime israélien. Si cette voie se poursuit sans garanties quant au retrait des forces d’occupation, elle pourrait étendre la géographie de l’occupation plutôt que d’assurer la sécurité.

La paix avec l’argent des autres, la guerre aux dépens des autres

L’action menée depuis plusieurs mois par le Conseil de la paix montre que deux politiques apparemment différentes, mais partageant un objectif commun, avancent sous l’égide de cette structure : d’une part, la reconstruction et la gestion de la crise humanitaire afin de réduire la pression publique sur le régime israélien ; d’autre part, le passage de la guerre à une nouvelle phase dans laquelle d’autres pays en supportent les coûts tandis qu’Israël tire profit des gains en matière de sécurité.

Selon les estimations, le coût de la reconstruction de Gaza s’élèverait à environ 70 milliards de dollars. Le Conseil pour la paix, créé en janvier 2026 avec le soutien massif et la promotion active de Donald Trump, était censé servir de mécanisme central pour cet effort de reconstruction et pour mobiliser l’aide internationale. Les États membres se sont engagés à verser 7 milliards de dollars d’aide humanitaire, tandis que les États-Unis ont également promis 10 milliards de dollars. Cependant, le fonds officiel du Conseil auprès de la Banque mondiale a en réalité souffert d’un manque de ressources au cours de ses premiers mois de fonctionnement.

Sur les neuf pays qui s’étaient engagés à apporter leur aide lors de la réunion de Washington, seuls les Émirats arabes unis et le Maroc ont versé des montants limités, tandis que les États-Unis n’ont pas non plus honoré leur engagement de 10 milliards de dollars. Parallèlement, de sévères restrictions continuent d’être imposées à l’entrée des camions d’aide humanitaire à Gaza ; une contradiction qui met en évidence le fossé entre les discours sur la reconstruction et les réalités sur le terrain.

La sécurité locale : seul moyen de briser le cycle de l’occupation

Si le Conseil de la paix, au lieu de mettre fin à l’occupation, devient un mécanisme destiné à la gérer, les conséquences de ce processus ne se limiteront pas à la Palestine seule. La poursuite des attaques du régime israélien, les développements au Liban et en Syrie, les menaces américaines contre l’Iran et les efforts visant à entraîner les pays de la région dans des guerres d’usure prolongées sont autant de signes d’une refonte de l’ordre sécuritaire en Asie occidentale fondée sur les intérêts de Tel-Aviv et de Washington ; un ordre qui met également en péril la sécurité de l’Arabie saoudite, du Pakistan, de la Turquie et d’autres pays de la région.

Dans ces circonstances, l’accord de sécurité trilatéral de La Mecque est désormais soumis à un véritable test : les pays de la région dépasseront-ils le stade des accords politiques pour faire face à une menace commune et parvenir à une action conjointe ?

Une sécurité durable en Asie occidentale ne viendra pas de l’extérieur de la région. Les pays qui accueillent des bases militaires et des armes américaines ne peuvent pas, dans le même temps, parler de « sécurité autonome ». Une transformation fondamentale de cette situation passe par une indépendance stratégique et la mise en place d’un mécanisme de sécurité régional, fondé sur la coopération entre les pays de la région plutôt que sur la dépendance vis-à-vis de puissances extérieures à la région.

Dans ce cadre, mettre fin à la présence militaire américaine, former une alliance de sécurité indépendante entre les pays de la région et apporter un soutien concret aux droits du peuple palestinien pourraient constituer la première étape pour briser un cercle vicieux où l’occupation est présentée au nom de la paix, la guerre au nom de la sécurité et la destruction au nom de la reconstruction.


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