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Débâcle stratégique, Etats-Unis, Fuck_Google, Géopolitique, Iran, Israël, Revers militaire, Stratégie

La décision des États-Unis et d’Israël de lancer une attaque surprise de grande envergure contre l’Iran n’est pas seulement un revers militaire majeur. Il s’agit, sans exagération, de la plus grande erreur géostratégique de l’ère moderne. Et cela ne s’est pas produit par hasard. C’est le résultat direct d’une profonde erreur d’appréciation stratégique : la conviction arrogante selon laquelle une force écrasante peut briser la volonté d’une nation.
Le principe de départ était d’une simplicité à couper le souffle. Éliminer les dirigeants, paralyser les infrastructures, et le régime s’effondrerait. Les partisans de cette stratégie croyaient en un effet synergique selon lequel des frappes extérieures déclencheraient un soulèvement interne, menant à une victoire rapide. C’était un peu le scénario libyen et ces idiots finis croyaient que l’Iran était un peu comme le Venezuela ou la Colombie.
Les renseignements étaient précis grâce à la surveillance ubiquitaire des géants de la technologie US, tous engagés dans ce que Washington considère comme son effort de guerre le plus important depuis les années 1941-1945. Les cibles avaient été identifiées. La machine de guerre était prête.
C’était là l’erreur fondamentale. Les stratèges ont traité l’Iran comme une machine que l’on pouvait démonter. Ils n’ont pas su le considérer comme une société façonnée par l’histoire, la fierté et un récit de résistance. Résultat ? Au lieu de s’effondrer, les dirigeants iraniens ont gagné en cohésion et en légitimité. Au lieu de capituler, une nation marquée par la guerre s’est unie.
Comment mesure-t-on une erreur monumentale ? À l’aune de l’écart entre le plan et la réalité.
Le front économique : les planificateurs pensaient pouvoir limiter les dégâts. Ils se sont lourdement trompés. L’Iran a réagi en transformant le détroit stratégique d’Ormuz, un goulet d’étranglement pour environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, en arme de destruction massive plus efficace qu’une bombe atomique. Les marchés mondiaux de l’énergie ont été plongés dans la tourmente. La demande de Washington, qui souhaitait que ses alliés et vassaux rampant à terre participent à des missions d’escorte, a été accueillie avec une hésitation historique mais logique, signe que les États-Unis, poussés par Israël, avaient créé un problème qu’ils ne pouvaient jamais résoudre seuls.
Sur le plan militaire : les États-Unis et Israël disposent des systèmes de défense aérienne les plus avancés au monde. Mais l’Iran a dévoilé une riposte d’une simplicité dévastatrice : le drone « Shahed-136 ». Coûtant entre 2 000 et 5 000 dollars pièce, ces « petites motocyclettes volantes » ont été opposées à des missiles intercepteurs Patriot d’une valeur de 3,87 millions de dollars. Dans une guerre d’usure, le calcul de l’Iran s’est avéré payant. Des rapports confirment que les États-Unis et leurs alliés du Golfe ont épuisé jusqu’à 80 % de leurs stocks de missiles intercepteurs. Trump a beau démentir cet épuisement, il le confirme par la chasse à ceux, en interne, qui ont fait fuiter ces informations à la presse. C’est un cauchemar logistique.
La réalité stratégique : un cadeau fait à l’Iran
L’échec le plus cuisant est d’ordre politique et stratégique. Les États-Unis ont cherché à rétablir leur hégémonie au Moyen-Orient en menant une guerre totale pour la survie d’Israël. Au lieu de cela, ils ont mis en évidence leurs propres limites. Les États du Golfe, qui comptaient autrefois sur les États-Unis pour assurer leur sécurité, considèrent désormais les bases américaines comme des cibles privilégiées pour les attaques plutôt que comme une protection.
De plus, le conflit a contraint Washington à reconnaître l’Iran comme une puissance régionale. Le protocole d’accord (MoU) qui en a résulté n’exige ni un changement de régime ni le démantèlement du programme de missiles iranien. Il reconnaît essentiellement Téhéran comme une puissance avec laquelle il faut négocier ses intérêts, plutôt que de la bombarder. L’Iran a acquis, grâce à sa résilience à toute épreuve, un poids diplomatique qu’il n’aurait jamais pu obtenir à la table des négociations.
Cette erreur ne tenait pas seulement à des renseignements erronés ; c’était un échec de la « connaissance ». Les systèmes modernes pouvaient suivre une cible, mais ils étaient aveugles au contexte culturel et historique. L’histoire, la littérature et l’empathie ont été sacrifiées sur l’autel de la technologie de la Silicon Halley. Si vous vous demandez parfois comment les empires tombent, tout commence par un moment comme celui-ci. Un moment où le pouvoir l’emporte sur le bon sens. Un moment où on laisse les bombes parler, pour finalement se rendre compte qu’elles ont crié les mots de notre propre défaite. L’Iran a donc mis fin à l’hubris de Washington et Tel-Aviv et créé une situation bloquée d’où il sera impossible d’en sortir indemne. Les États-Unis sont forcées de revenir vers la guerre hybride et plus précisément économique pour espérer un effondrement qui ne viendra pas car la configuration géostratégique a changé.
C’est un cul-de-sac stratégique. l’État profond US, lequel n’est autre que la mafia créée par Meyer Lansky pour le compte d’Israël (Lansky a été rejeté pour ses services, ce qui démontre à quel point Israël n’a pas d’amis), s’est précipité tête la première dans une aventure sans fin et surtout sans issue. Il pourra en rejeter la faute sur le simulacre Donald Trump, désigné par ses soins comme une simple façade pour focaliser les critiques. La réalité n’en sera pas autrement: la guerre contre l’Iran est la plus grande débâcle du tandem États-Unis/Israël en ce 21e siècle.