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NOURNEWS – Trump, qui est entré en guerre le 28 février en partant du principe que les capacités de l’Iran s’effondreraient rapidement et qui est même allé jusqu’à parler de déterminer la future direction de l’Iran, a désormais dévoilé un « Jour J économique » après avoir échoué à atteindre ses objectifs sur le champ de bataille militaire ; une nouvelle guerre économique qui découle de la même erreur d’appréciation et qui pourrait s’avérer bien plus coûteuse pour Washington cette fois-ci.
Dans son dernier message, Donald Trump a annoncé le lancement de ce qu’il a qualifié d’« opération économique la plus dévastatrice jamais menée contre un pays » et a écrit : « Ce sera une guerre économique et un isolement d’une ampleur sans précédent. » Il a menacé tout pays autorisant ses institutions financières, ses entreprises, ses aéroports ou ses entités gouvernementales à fournir « toute forme de bouée de sauvetage » à l’Iran de subir des « conséquences économiques massives ». Trump a également visé les ventes de pétrole, les lignes de swap, les transferts d’argent, les bureaux de change, les immatriculations de navires et les sociétés écrans, concluant : « Ce sera un J-Day économique. »
Le terme militaire « J-Day » désigne la date de lancement d’une opération majeure et décisive et, pour le grand public, il est surtout associé au 6 juin 1944, date du début du débarquement en Normandie et de l’invasion à grande échelle de l’Europe par les Alliés. Par conséquent, lorsque Trump évoque un « Jour J économique », il tente de faire référence au début d’une offensive économique de grande envergure contre l’Iran ; une attaque qui ferait appel aux sanctions, au pétrole, au secteur bancaire, au transport maritime et à la pression sur les réseaux financiers plutôt qu’aux missiles et aux bombes.
Cependant, derrière cette rhétorique agressive se cache une réalité plus importante : Trump répète une fois de plus la même erreur d’appréciation qu’il avait commise le 28 février.
À l’époque, les États-Unis et le régime israélien s’étaient lancés dans la guerre en partant du constat que la capacité de riposte de l’Iran, sa résilience et sa capacité à résister à la pression avaient été gravement affaiblies, et qu’une frappe militaire de grande envergure pourrait contraindre Téhéran à s’effondrer, à battre en retraite ou à accepter les exigences de Washington. Trump est même allé jusqu’à affirmer qu’il désignerait le futur dirigeant de l’Iran. Or, non seulement la guerre totale et intense menée contre l’Iran n’a pas produit les résultats escomptés à Washington, mais aujourd’hui, suite à l’échec américain sur le front militaire, Trump est passé de la proclamation de la victoire à l’annonce du début d’une « guerre économique » et au retour aux mêmes méthodes utilisées par ses prédécesseurs, qu’il avait pourtant vivement critiqués.
Ce revirement témoigne en soi d’un changement sur le champ de bataille. Trump, dont on attendait qu’il modifie l’équation avec l’Iran par la force militaire, est désormais revenu aux mêmes outils que sont les sanctions et la pression économique ; à cette différence près que, cette fois encore, il a sous-estimé les capacités de l’Iran et s’engage dans une nouvelle arène pleine d’incertitudes.
D’autre part, les coûts de cette voie pour les États-Unis ne peuvent être ignorés. La dette nationale américaine a désormais dépassé les 40 000 milliards de dollars, tandis que les coûts liés au service de la dette sont devenus l’un des postes les plus lourds du budget fédéral, exerçant une pression considérable sur les structures politiques, économiques et même militaires du pays. Dans le même temps, le marché énergétique américain est sous pression. Les prix du diesel ont atteint environ 5,47 dollars le gallon, se rapprochant de leurs plus hauts historiques. Le Financial Times a rapporté que la hausse des prix du diesel a entraîné une augmentation des coûts de transport, de l’agriculture et de la production, répercutant ainsi la pression inflationniste sur l’ensemble de l’économie.
Le diesel revêt une importance particulière car, contrairement à l’essence, il est directement lié au coût du transport de marchandises, du transport routier, des machines agricoles, de la construction et des chaînes d’approvisionnement. Par conséquent, la hausse des prix du diesel ne se traduit pas simplement par un carburant plus cher ; elle entraîne une augmentation des coûts de production et de transport et, en fin de compte, une hausse des prix des biens de consommation. À l’approche des élections de mi-mandat au Congrès américain, une telle pression pourrait avoir un coût politique élevé pour l’administration Trump. La hausse des prix de l’essence a déjà exercé une pression considérable sur les ménages américains, des estimations indiquant que les consommateurs américains ont déboursé des dizaines de milliards de dollars en coûts supplémentaires.
Dans cette perspective, le « Jour J économique » n’est pas nécessairement un signe de la force de Trump ; il s’agit plutôt d’un signe clair de sa tentative de compenser son incapacité à obtenir des résultats sur le front militaire. Compte tenu de son évaluation erronée de la capacité économique, des réseaux commerciaux et de la résilience de l’Iran – à l’instar de ses calculs militaires erronés avant d’entrer en guerre –, sa dernière initiative a peu de chances de produire le résultat escompté par Washington.
Trump a déjà sous-estimé la capacité de riposte de l’Iran, ce qui a conduit à une guerre qui n’a pas atteint ses objectifs politiques déclarés et s’est soldée par un revers important. Aujourd’hui, la même erreur de calcul se répète sous la forme d’une « guerre économique ».
Cette fois encore, la réalité iranienne ne correspond pas aux calculs de Trump, et le « Jour J économique » ne marque pas la capitulation de l’Iran, mais bien le début d’une deuxième défaite stratégique pour Trump et une escalade de la crise pour lui-même, notamment à la veille d’une élection où l’économie et les prix des carburants pourraient devenir des enjeux déterminants.
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