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TÉHÉRAN (Tasnim) – Le Qatar a accepté d’autoriser une équipe d’experts iraniens à rencontrer les pilotes iraniens détenus dans ce pays arabe, a déclaré un responsable militaire, alors que Téhéran poursuit ses efforts pour déterminer leur état et obtenir leur retour.
Le général de brigade Mohammad Baqerzadeh, commandant du Comité de recherche des disparus au combat relevant de l’état-major général des forces armées iraniennes, a déclaré samedi que ses démarches concernant les prisonniers iraniens au Qatar et au Koweït se poursuivaient.
Il a appelé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à envoyer dès que possible un avion sanitaire au Qatar afin de rapatrier les pilotes capturés, qui, selon lui, sont gravement blessés et malades.
Le général a salué la décision du gouvernement qatari d’accueillir l’équipe d’experts de la République islamique d’Iran et a appelé à ce que la coopération nécessaire soit assurée.
Il a également exprimé son inquiétude quant aux conditions de détention des prisonniers, affirmant que « le lieu où les prisonniers sont détenus sur l’eau n’est pas adapté ». Le général a exhorté le gouvernement qatari à les transférer sur la terre ferme et dans un hôpital bien équipé dès que possible afin de protéger leur santé.
Concernant les autres prisonniers iraniens au Koweït, M. Baqerzadeh a évoqué l’accord initial du gouvernement koweïtien d’autoriser l’ambassadeur iranien à rencontrer les prisonniers qui y sont détenus, déclarant : « Cette mesure a fait naître une lueur d’espoir quant à la libération rapide de ces chers compatriotes. »
Il a appelé le Koweït à respecter les droits des quatre prisonniers iraniens conformément aux quatre Conventions de Genève et à faciliter un premier contact entre eux et leurs familles.
Le commandant militaire iranien a également exhorté le CICR à faciliter les appels vidéo entre les prisonniers iraniens et leurs familles, en évoquant une initiative grâce à laquelle l’organisation organise depuis des années des communications vidéo entre les détenus de Guantanamo et leurs proches afin de rassurer ces derniers.
M. Baqerzadeh a déclaré que le CICR était donc censé prendre des mesures similaires en faveur des prisonniers iraniens, tout en œuvrant de toute urgence à leur libération. Il a appelé le bureau du CICR chargé des pays arabes de la région à prendre l’initiative dans ce domaine et à prendre les mesures nécessaires.
L’Iran a récemment rendu publique pour la première fois son évaluation selon laquelle trois des pilotes portés disparus à la suite d’une opération menée le 2 mars contre la base aérienne d’Al-Udeid, gérée par les États-Unis au Qatar, ont été capturés vivants par les forces qataries.
Le général de brigade Baqerzadeh a soulevé cette question dans une lettre adressée le 15 août à la présidente du CICR, Mirjana Spoljaric Egger, exprimant sa profonde inquiétude quant à leur sort et exhortant l’organisation à enquêter sur leur situation et à faciliter leur libération.
Selon Baqerzadeh, deux Su-24 de l’armée de l’air iranienne ont mené cette mission mais ont été touchés par les défenses aériennes ennemies lors de leur retour, forçant leurs équipages à s’éjecter. L’un des quatre pilotes, le général de brigade Majid Kazemi, a trouvé la mort au combat ; des tests ADN ont par la suite confirmé son décès et sa dépouille a été rapatriée en Iran. Baqerzadeh a identifié les trois autres pilotes comme étant Javad Salehi, Abdolmajid Dashtian et Omran Behraveshian, précisant qu’ils avaient été capturés vivants par les forces qataries.
Le responsable militaire iranien a déclaré que Téhéran n’avait pas réussi, malgré des démarches diplomatiques, à rencontrer ou à interroger les trois pilotes, ni à établir un contact entre eux et leurs familles. Il a invoqué les dispositions de la Troisième Convention de Genève relatives aux prisonniers de guerre et a appelé le CICR à établir d’urgence un contact avec les pilotes, à rendre compte de leur état de santé et à contribuer à obtenir leur « libération rapide ».
Cette révélation fait suite à des mois d’incertitude quant au sort des pilotes. Les responsables iraniens ont à plusieurs reprises exhorté le Qatar à clarifier leur statut et à agir conformément au droit international humanitaire, tandis que les autorités qataries ont déclaré ne disposer d’aucune information concernant les aviateurs portés disparus. L’opération du 2 mars s’est inscrite dans le cadre d’une riposte militaire plus large de l’Iran aux attaques américaines et israéliennes qui ont débuté le 28 février.