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De nouvelles mesures devraient interdire tout investissement dans les entreprises des colonies israéliennes illégales.

Le Premier ministre britannique Andy Burnham s’adresse aux médias après avoir assisté à un événement en avant-première de l’exposition consacrée à la Tapisserie de Bayeux, au British Museum de Londres, le 2 septembre (AFP)

Imran Mulla

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, devrait annoncer mardi l’interdiction des échanges commerciaux avec les colonies israéliennes illégales, selon les informations recueillies par Middle East Eye.

Cette interdiction devrait permettre au Royaume-Uni de se conformer à l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice en juillet 2024, ont indiqué des sources de Whitehall à MEE.

L’arrêt de la CIJ a déclaré illégale l’occupation israélienne des territoires palestiniens et a obligé les États – y compris la Grande-Bretagne – à prendre des mesures pour s’y opposer.

À cette fin, l’interdiction devrait empêcher tout investissement dans les entreprises des colonies.

Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires occupés, a déclaré lundi que « tous les États ont l’obligation – et non pas simplement la possibilité – de ne pas reconnaître la légalité de cette situation et de ne pas apporter d’aide ni d’assistance pour la maintenir ».

Mme Albanese a déclaré qu’une interdiction du commerce avec les colonies devait s’inscrire dans le cadre d’« un véritable changement de paradigme concernant Israël et la Palestine, visant en fin de compte à mettre en œuvre l’avis consultatif de la Cour internationale de justice en 2024 ».

Le Labour Muslim Network (LMN) et l’International Centre of Justice for Palestinians (ICJP) ont publié la semaine dernière une note d’information juridique indiquant que le Royaume-Uni devrait mettre en œuvre « une interdiction totale pour les citoyens et les entreprises britanniques de mener des activités économiques et financières dans les colonies israéliennes illégales, ainsi que de participer à des activités qui soutiennent l’économie globale des colonies illégales ».

La note précise : « Le cadre juridique régissant les colonies est fermement ancré dans le droit international humanitaire, y compris dans les traités auxquels le Royaume-Uni est partie.

« Le Royaume-Uni est tenu non seulement de respecter le droit international humanitaire, mais aussi, en vertu de l’article 1 commun aux Conventions de Genève, d’en garantir le respect en toutes circonstances. »

Cette prise de position intervient alors que le nouveau projet de colonie israélienne E1, à l’est de Jérusalem, est sur le point de couper de fait en deux la Cisjordanie occupée.

La semaine dernière, le gouvernement israélien a menacé la Grande-Bretagne de représailles en raison des mesures attendues. « Si la Grande-Bretagne agit contre Israël, Israël agira contre la Grande-Bretagne », a averti le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

La pression américaine s’intensifie

Le fils du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Yair Netanyahu, a laissé entendre la semaine dernière que les îles Malouines appartenaient à l’Argentine et non à la Grande-Bretagne.

Yair n’est pas ministre, mais à la suite de ses propos, le président américain Donald Trump a laissé entendre que Washington pourrait reconsidérer sa position sur la souveraineté britannique sur ces îles.

Jeudi dernier, Trump a laissé entendre qu’il ne soutiendrait pas la Grande-Bretagne si l’Argentine venait à envahir les îles Malouines, déclarant à GB News : « Votre pays n’était pas là pour m’aider » lorsque les États-Unis et Israël ont lancé leur attaque contre l’Iran en février.

Le président argentin Javier Milei a déclaré la semaine dernière que la souveraineté nationale de l’Argentine avait été « violée » et que son pays défendrait ses intérêts « bec et ongles, peu importe qui cela dérange ».

Vendredi matin, lors d’un discours à la nation, Milei a menacé de sanctions les compagnies pétrolières qui cherchent à forer autour des Malouines, ajoutant que les « vents du changement » favorisaient les revendications de l’Argentine sur ces îles.

Une note du Pentagone datant d’avril, qui a fait l’objet d’une fuite, suggérait que Washington pourrait utiliser les Malouines comme moyen de pression dans les négociations avec le Royaume-Uni.

Toutefois, le ministère britannique des Affaires étrangères serait en train de finaliser les préparatifs en vue d’annoncer des sanctions mardi.

Miliband a publié une vidéo en fin de semaine dernière dans laquelle il déclarait : « Je sors tout juste d’une réunion où nous avons parlé de Gaza avec des personnes qui s’y sont rendues et qui se trouvent actuellement sur le terrain, et franchement, ce qui s’y passe est horrible. »

Il a affirmé que « nous, en tant que gouvernement britannique, comme l’a dit le Premier ministre, devons agir, et agir de manière plus décisive que nous ne l’avons fait jusqu’à présent ».

En réponse, le compte officiel X du ministère israélien des Affaires étrangères s’en est pris à Miliband et a déclaré que « les faits importaient peu (lorsqu’il s’agit de réaliser une vidéo destinée à un public politique) » pour le ministre britannique des Affaires étrangères.

Mike Huckabee, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, a partagé la publication du ministère israélien des Affaires étrangères et a commenté : « Les Britanniques ont perdu la tête. La haine des Juifs de leur gouvernement ne connaît ni limites ni faits. »

Miliband est juif et ses parents ont perdu des membres de leur famille lors de l’Holocauste.

MEE