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Thomas Palley

Les attentats du 11 septembre contre le World Trade Center et le Pentagone ont entraîné une série de catastrophes auto-infligées pour les États-Unis. Ils ont été exploités par les pires éléments de notre système politique pour créer une société de surveillance, augmenter les dépenses militaires et renforcer l’impérialisme américain à l’étranger. Ces mesures ont été prises au nom de notre sécurité, en exploitant nos peurs, et ont été présentées sous le couvert du patriotisme. Tout le monde s’est demandé « comment cela avait pu arriver ». Personne ne s’est demandé « pourquoi cela s’est produit ». Personne n’a envisagé que peut-être « ils sont venus ici parce que nous sommes là-bas ».

Les conséquences ont été désastreuses. Notre réaction au 11 septembre nous a enfermés dans une spirale politique vicieuse dont il est douteux que nous puissions nous échapper. À mesure que d’autres pays réagissent à notre militarisme impérialiste, cela fournit à nos militaristes impérialistes (libéraux et conservateurs) la justification pour exiger davantage de dépenses militaires, davantage de guerres et davantage de surveillance.

Parallèlement, la société de surveillance permet des avancées technologiques rapides sans garde-fous protecteurs, ancrant ainsi des protocoles dignes de « Big Brother » qui exposent notre liberté à une suspension à tout moment.

Et aujourd’hui, en moyenne, nous infligeons à d’autres un 11 septembre (3 000 morts) tous les deux mois environ, par le biais de notre implication directe et indirecte dans des guerres à l’étranger.

Notre classe politique a présenté la réponse américaine comme une « guerre contre le terrorisme » mondiale destinée à protéger la liberté. Cependant, elle n’a cessé d’utiliser la menace terroriste pour justifier le démantèlement des libertés civiles. Cette menace a également favorisé la résurgence du racisme. La communauté musulmane a été la première visée. Puis ce fut le tour des étrangers et des immigrés. Aujourd’hui, la vis se resserre sur les militants politiques de tous bords – qu’ils défendent les droits civils et électoraux, qu’ils protestent contre un génocide ou contre la destruction de l’environnement.

C’est là la trame d’une tragédie grecque ou shakespearienne. Un événement tragique exploité par des politiciens fourbes et opportunistes. Une société avide de vengeance et aveugle au rôle de ses propres agressions moralisatrices. Et une succession de longues guerres à l’étranger où il n’y a pas de vainqueurs, et dont la conduite ronge la liberté.

Thomas Palley