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NOURNEWS – Le sommet des BRICS en Inde, qui a dépassé le cadre d’une simple rencontre économique, a mis en évidence de nouvelles possibilités de convergence mondiale, où l’engagement de l’Iran auprès de l’Inde et de ses voisins a souligné le rôle stratégique de Téhéran et la nécessité de dépasser l’unilatéralisme.

Le sommet des dirigeants des pays du BRICS, auquel ont participé le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Indonésie, les Émirats arabes unis et la République islamique d’Iran, a été organisé par l’Inde et s’est conclu par la publication d’une déclaration finale. Ce sommet a tracé la voie à suivre pour le groupe, à un moment où les développements survenus au cours de ses travaux – en particulier les thèmes abordés lors des réunions et les discours du Dr Masoud Pezeshkian, président de la République islamique d’Iran – ont mis en évidence l’émergence de capacités qui, si les États membres parvenaient à s’accorder, pourraient transformer les BRICS d’un simple cadre économique en un acteur efficace au sein de l’ordre mondial émergent.

L’Iran et l’Inde : une diplomatie au service des intérêts nationaux

À première vue, la visite du président iranien en Inde s’inscrit dans la continuité de la politique de rapprochement avec les pays de la région et les puissances émergentes, une politique qui figure parmi les priorités de l’appareil de politique étrangère de la République islamique d’Iran depuis quelques années. Les capacités de l’Iran et sa position dans les équations régionales et mondiales sont telles que même les dirigeants indiens, malgré leur orientation plus marquée vers l’Occident, ont souligné la nécessité d’approfondir les relations avec Téhéran. La remise symbolique d’un « châle de l’amitié » au président iranien a également été un signe de respect particulier et de détermination à approfondir les relations.

L’approche de Téhéran en matière de dialogue avec New Delhi démontre également que la République islamique d’Iran mène sa politique étrangère dans le cadre de ses intérêts nationaux, sans se laisser enfermer dans des alignements étroits. Parallèlement à ses relations étroites avec la Russie, la Chine et le Pakistan, l’Iran entretient également un dialogue constructif avec l’Inde, un pays qui a lui-même des divergences avec certaines de ces puissances.

Plus important encore, bien que l’Inde ait entretenu des relations étroites avec les États-Unis et le régime israélien ces dernières années, les événements qui ont suivi la guerre du Ramadan, et en particulier la gestion par l’Iran du détroit d’Ormuz, ont confronté New Delhi à de nouvelles réalités. L’Inde en est venue à reconnaître que, sans dialogue avec Téhéran, jouer un rôle efficace, voire garantir un approvisionnement stable en énergie en provenance d’Asie occidentale, se heurterait à de sérieuses limites. Cette prise de conscience représente une reconnaissance, de la part de l’une des principales puissances émergentes mondiales, de la position et de la force de l’Iran, et peut en soi constituer une avancée importante dans la création d’une synergie entre l’action sur le terrain et la diplomatie au service des intérêts nationaux.

Une diplomatie de bon voisinage, même au plus fort de la confrontation

L’un des aspects notables de la visite du président en Inde a été sa rencontre avec le prince héritier des Émirats arabes unis, une rencontre dont l’importance dépassait celle d’un simple échange politique. À plusieurs reprises, les Émirats arabes unis se sont alignés sur les politiques anti-iraniennes des États-Unis et du régime israélien, allant même jusqu’à devenir une plaque tournante de certaines actions contre l’Iran, notamment dans le domaine économique. Néanmoins, Téhéran n’a pas fermé la voie du dialogue avec ses voisins, même au plus fort de la confrontation.

Cette approche démontre que la République islamique d’Iran considère que la sécurité régionale dépend de la convergence entre les pays voisins. Dans le cadre de cette politique, une réponse ferme, rapide et écrasante aux agresseurs va de pair avec la poursuite de la diplomatie et du dialogue. Une telle combinaison peut être considérée comme un signe de maturité politique, de puissance militaire et de résilience face aux pressions et aux menaces, car la véritable puissance ne se limite pas uniquement à la capacité de riposter militairement, mais se manifeste également par la capacité à gérer simultanément le terrain et la diplomatie.

L’Iran : une capacité stratégique face aux sanctions

L’un des messages importants du sommet des BRICS a été la poursuite d’une tendance déjà manifeste lors du sommet de Shanghai : l’accent mis par divers pays sur le recours aux capacités de l’Iran pour contrer le terrorisme économique occidental et atteindre des objectifs économiques communs. Le message clair de cette tendance est que le projet visant à isoler l’Iran est en contradiction avec les réalités des relations internationales.

Le président iranien a également souligné les vastes capacités de son pays dans son allocution et a annoncé que la République islamique d’Iran était prête à jouer le rôle de partenaire stratégique des BRICS dans les chaînes d’approvisionnement en énergie, en denrées alimentaires et en transports. Les capacités de l’Iran en matière d’intelligence artificielle et de connaissances mondiales de pointe, l’utilisation des monnaies nationales dans les échanges, ainsi que le renforcement de la banque commune des BRICS figuraient également parmi les propositions avancées.

En s’appuyant sur ses capacités propres, mises en évidence lors de la guerre du Ramadan, l’Iran peut également jouer un rôle efficace dans la mise en place de mécanismes autonomes en matière de sécurité et d’économie. Dans ce cadre, le soutien économique et politique apporté à l’Iran par les membres du BRICS pourrait déboucher sur la création d’un mécanisme concret permettant de contrer les pressions unilatérales des États-Unis.

La gestion par l’Iran du détroit d’Ormuz constitue également l’un des éléments décisifs de cette équation, une réalité qui empêchera les conditions régionales de revenir à la situation antérieure. Du point de vue de Téhéran, cette gestion relève à la fois de la légitime défense et d’une contribution à la sauvegarde de la sécurité énergétique mondiale face aux efforts américains visant à dominer les voies navigables et les ressources stratégiques de la planète.

Les BRICS : d’une déclaration commune à un acteur mondial

La déclaration finale du sommet des BRICS est sans doute le document le plus important pour évaluer le potentiel de ce groupe. Contrairement à de nombreuses réunions occidentales, où les divergences empêchent même la publication d’un texte commun, cette déclaration a été adoptée par consensus entre les membres et a abordé un large éventail de questions mondiales importantes.

La condamnation des attaques contre des installations nucléaires pacifiques et des infrastructures civiles ; l’accent mis sur la résolution des tensions en Asie occidentale par la retenue et le respect de la souveraineté des pays ; l’opposition aux sanctions unilatérales et aux mesures coercitives ; le soutien à l’adhésion de l’Iran à l’Organisation mondiale du commerce ; le renforcement des échanges commerciaux en monnaies nationales et de l’indépendance vis-à-vis du système financier occidental ; la réforme de la gouvernance mondiale et des institutions financières internationales ; et le soutien à la Palestine figuraient parmi les principaux thèmes de la déclaration.

Le soutien à la souveraineté du Liban, la condamnation de l’agression du régime israélien, la protection de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale des pays, l’accent mis sur un Moyen-Orient exempt d’armes nucléaires, la lutte contre le terrorisme sans double standard, le renforcement du multilatéralisme et de la multipolarisation de l’ordre mondial, la reconnaissance du rôle du Sud global, ainsi que la coopération dans les domaines de l’énergie et des minerais stratégiques figuraient parmi les autres questions mises en avant.

Pris dans leur ensemble, ces éléments montrent que les BRICS ne sont plus seulement un rassemblement annuel, mais peuvent évoluer vers une alliance aux objectifs mondiaux ambitieux, qui, si elle dépasse le stade des déclarations pour mettre en place des mécanismes concrets, sera capable de jouer un rôle dans la définition de l’ordre mondial émergent. À l’heure où l’unilatéralisme occidental-sioniste menace la sécurité mondiale, le renforcement des approches pragmatiques est une nécessité indéniable. La République islamique d’Iran s’est également déclarée prête à coopérer aux efforts visant à façonner un ordre plus juste et multipolaire.

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