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Club de discussion de Valdai, séance plénière de la 23e réunion annuelle, Vladimir Poutine
Vladimir Poutine a pris la parole lors de la séance plénière de la 23e réunion annuelle du Club de discussion de Valdai. Le thème de cette année est « La responsabilité envers l’avenir : les limites du possible, ou des possibilités illimitées ?

La discussion était animée par Fiodor Loukianov, directeur de recherche de la Fondation pour le développement et le soutien du Club de discussion de Valdai.
Fiodor Loukianov : Chers amis, Mesdames et Messieurs.
C’est un plaisir de vous accueillir à la séance plénière de la 23e réunion annuelle du Club de discussion de Valdai. J’ai le plaisir d’inviter le président Vladimir Poutine à se joindre à nous.
Monsieur le Président, bienvenue. Nous sommes très heureux que, comme les années précédentes, vous ayez pris le temps de nous rencontrer.
Les réunions de Valdai sont toujours riches en événements. Apparemment, en phase avec la dynamique mondiale, elles deviennent de plus en plus denses et intenses, et l’ambiance est également de plus en plus optimiste, c’est le moins qu’on puisse dire.
Cette année, si je devais énumérer les principaux enseignements de cette réunion, ce forum que nous avons tenu ces trois derniers jours, la première chose que je mentionnerais serait le changement. Il est clair que nous assistons à des changements dans tous les domaines de l’activité humaine ; deuxièmement, la responsabilité, car plus les changements sont importants, moins nous avons de certitudes quant à la manière dont les choses évolueront à l’avenir, et plus la responsabilité que nous portons tous face à ces évolutions est grande ; et troisièmement, aussi surprenant que cela puisse paraître – et nous en avons longuement discuté –, le concept de sérénité.
Notre rapport annuel de cette année s’intitule « Pas de panique ». Compte tenu des circonstances difficiles, nous suggérons d’éviter la pire réaction possible, à savoir céder à la panique.
Je pense que, de par votre fonction, vous avez une meilleure idée des enjeux internationaux les plus importants à l’heure actuelle ; c’est donc avec plaisir que je vous invite à prendre la parole.
Le président de la Russie, Vladimir Poutine : Mesdames et Messieurs, chers collègues.
Comme le veut la tradition, nous sommes réunis à l’occasion du forum annuel du Club de discussion de Valdai pour débattre des enjeux mondiaux les plus urgents.
Nous avons toujours cherché non seulement à dresser un état des lieux du monde, mais aussi à esquisser les contours de l’ordre mondial émergent.
Je suis convaincu que l’héritage intellectuel du Club et ses nombreuses années de dialogue direct et franc seront certainement mis à contribution lorsque nous devrons tous – Orient et Occident, Nord et Sud – tôt ou tard nous mettre d’accord sur les principes qui permettront de façonner un nouvel ordre mondial capable d’assurer le progrès et le développement de l’humanité pour les décennies à venir.
Malheureusement, nous devons admettre que nous sommes aujourd’hui confrontés à des défis différents : des défis plus pressants et plus aigus. Bien que le modérateur ait évoqué la nécessité de rassurer tout le monde, ces problèmes aigus n’ont pas disparu.
Les tendances alarmantes que nous observons sur la scène internationale nous obligent à réfléchir avant tout non pas à la manière d’organiser plus judicieusement, plus efficacement et plus équitablement les interactions mondiales à l’avenir – bien que tout cela soit, bien sûr, d’une importance vitale –, mais à la manière de préserver la paix et la sécurité mondiales ici et maintenant, à un moment où de nombreuses normes juridiques établies ont été mises de côté et où de nouvelles n’ont pas encore vu le jour.
Que faut-il faire pour éviter les scénarios les plus catastrophiques ? La responsabilité de notre avenir commun est bien plus qu’un simple slogan abstrait. Elle implique un ensemble de mesures concrètes visant à empêcher que l’humanité ne soit poussée au bord de l’extinction et à éviter des conséquences irréparables.
Le monde a atteint un tournant décisif dans son évolution. Cela ne tient pas uniquement à la politique ; la politique, comme toujours, est la conséquence de changements profonds. Des transformations s’opèrent dans tous les domaines : de la quasi-totalité des secteurs technologiques aux structures sociales de nos sociétés ; du climat à la médecine ; de la science militaire à la bioéthique ; de l’avenir de l’énergie aux évolutions démographiques ; et de la numérisation universelle et de l’intelligence artificielle à des modèles de développement économique entièrement nouveaux. La liste est longue. Pris dans leur ensemble, ces facteurs créent les conditions d’une transformation fondamentale. Nous ne sommes pas encore en mesure d’évaluer pleinement ni d’interpréter de manière définitive toutes les circonstances et les conséquences de ce bouleversement, ne serait-ce que parce que ces changements se déroulent simultanément et que leur impact sur les sociétés et les États est contradictoire. Mais j’y reviendrai plus tard.
L’ampleur des changements qui se sont déjà produits, et de ceux qui sont encore à venir, est véritablement immense. Nous semblons en avoir conscience – comme en témoignent les nombreux débats qui ont lieu sur l’avenir, souvent teintés d’anxiété face à l’incertitude et à l’imprévisibilité –, mais l’humanité n’a pas encore pleinement saisi la véritable ampleur du défi auquel elle est confrontée. Nous entrons dans une réalité totalement nouvelle et sans précédent. Les menaces et les dangers sont inextricablement liés aux opportunités et aux perspectives ; ils ne peuvent être dissociés les uns des autres. C’est tout notre mode de vie qui est en train de changer.
Je le répète, il ne s’agit pas seulement, ni même principalement, de changements dans l’équilibre des pouvoirs entre les grandes puissances ou de la redistribution de l’influence économique et technologique. Tout cela est bien sûr important et se produit bel et bien. Ce qui importe le plus, cependant, c’est que ces changements affectent la nature biologique et morale des êtres humains, touchent au plus profond de notre être et ont un impact sur notre mode de vie et les fondements de notre vision du monde. La technologie ouvre, au sens propre du terme, des perspectives fantastiques pour allonger la durée de vie et améliorer la qualité de vie. Cependant, elle porte également les risques de destruction de l’humanité tout entière à un tout autre niveau, que ce soit à la suite de conflits militaires, d’une dégradation rapide de l’environnement ou d’une perte de contrôle sur les processus technologiques qui ont été mis en marche.
De toute évidence, un tel climat ne peut qu’exacerber l’anxiété des individus et des sociétés, et entraîner une montée des tensions internes découlant de l’incertitude et d’un manque de compréhension de ce que l’avenir nous réserve. L’une des conséquences est la « fièvre » politique intérieure qui sévit dans de nombreux pays, d’autant plus que les systèmes partisans traditionnels parviennent de moins en moins à refléter des structures sociales en mutation rapide. Pour tout État, quelle que soit la qualité de son organisation ou les traditions culturelles et historiques sur lesquelles il s’appuie, la stabilité interne – vous en conviendrez, je pense – prime toujours sur tout le reste. Pour la préserver, les gouvernements peuvent prendre toute une série de mesures, y compris des mesures qui ont des répercussions au-delà de leurs frontières, dans les pays voisins, les régions et, en fait, dans le monde entier. En d’autres termes, ils peuvent, malheureusement, exporter de l’instabilité qui ne fait qu’exacerber et aggraver les tensions et – si je puis m’exprimer ainsi – accroître encore davantage les tensions générales dans le contexte international.
Quel que soit le scénario qui se dessinera dans le monde au cours des années à venir, les conflits internationaux risquent malheureusement de se poursuivre. Cela tient en partie au fait que les profonds bouleversements actuellement en cours, ainsi que les opportunités qu’ils créent, alimentent et encouragent les ambitions et la volonté de prendre des risques en vue d’un gain qui peut sembler considérable. J’aimerais me tromper dans cette analyse, mais les tendances durables auxquelles nous assistons suggèrent malheureusement le contraire.
Nous restons toutefois convaincus qu’à long terme, à mesure que le monde s’éloignera de l’hégémonie occidentale, la situation internationale s’améliorera progressivement pour aboutir à un ordre international multipolaire plus stable, démocratique et libre. Il est toutefois tout aussi évident que, sur la voie menant à un tel ordre mondial, les États, les communautés et chaque individu seront confrontés à divers risques. C’est inévitable en période de profonds bouleversements. C’est pourquoi minimiser les risques à tous les niveaux, du plus global au plus personnel, est aujourd’hui la tâche essentielle des décideurs politiques, des chefs d’entreprise et des personnalités éminentes du monde scientifique et de la société en général. Beaucoup dépend de ces personnes. La responsabilité consiste également à aider les gens à comprendre ces risques et à s’y préparer, afin que les individus et les familles ne soient pas livrés à eux-mêmes face aux problèmes liés à la sécurité, à l’évolution du marché du travail ou à l’environnement numérique, pour n’en citer que quelques-uns.
Qu’est-ce qui importe le plus de nos jours : la prudence et le bon sens pour éviter d’être emportés par une avalanche de changements incontrôlés, ou s’en tenir à une approche affirmée pour surmonter des scénarios défavorables ou tirer parti des circonstances existantes au service de nos propres besoins ? Il n’y a pas de réponse tranchée à cette question, car chaque cas particulier exige sa propre ligne de conduite rationnelle.
Bien sûr, les décideurs cherchent à s’adapter à ce qui se passe autour de nous. Cependant, face à ce qu’ils appellent la « polycrise », omniprésente et généralisée, ces décideurs peinent à voir au-delà de leurs tracas administratifs quotidiens et de leurs échéances pour adopter une perspective plus tournée vers l’avenir, au-delà de la polycrise. Le poids de la responsabilité est immense, et les erreurs auront un coût désastreux, y compris pour l’avenir. Les objectifs immédiats ont tendance à reléguer les objectifs stratégiques au second plan. Si cela est évidemment compréhensible, c’est aussi extrêmement dangereux. Il serait impossible de relever bon nombre des défis actuels sans tenir compte de la manière dont nos actions d’aujourd’hui vont affecter notre avenir. Comme l’a dit un grand classique de la pensée politique russe, il faut savoir voir la forêt derrière les arbres.
Quelle est donc la situation globale ? Il est évident que les mécanismes visant à trouver un équilibre entre les intérêts et les actions des États, tels qu’ils ont évolué au cours des années précédentes, ne sont plus en mesure de remplir pleinement et efficacement leur fonction de régulation. Non pas parce qu’ils sont inefficaces, mais parce que les conditions dans lesquelles ils ont été créés à l’époque ont changé. Bien sûr, la nouvelle réalité qui se dessine contribuera à l’élaboration de nouveaux instruments, mais ce sera un processus de longue haleine. Soyons honnêtes : aujourd’hui, certaines organisations internationales ne parviennent souvent pas à atténuer les risques et vont parfois jusqu’à les créer et les provoquer en servant les intérêts d’un seul pays ou d’un groupe de nations. Or, ces structures avaient été conçues pour servir un objectif différent.
Des voix critiques se sont également élevées à l’encontre des Nations unies, une structure fondamentale. Selon sa Charte, celle-ci doit fonctionner comme un mécanisme central de coordination dans les affaires internationales. Ces critiques ne sont bien sûr pas toujours objectives, mais il existe bel et bien des objections fondées. Dans une certaine mesure, elles découlent du fait que les Nations unies, même si elles constituent l’organisation internationale la plus représentative, ne respectent pas pleinement les principes collectifs et démocratiques dans leur mode de gestion par rapport à leur conception initiale. Un groupe restreint de pays occidentaux exerce une influence disproportionnée. Il constitue, à tous égards, une minorité mondiale tout en cherchant à s’approprier des fonctions administratives. Et comme ces pays voient leur influence diminuer au profit d’une majorité mondiale de plus en plus indépendante et sûre d’elle-même, le déséquilibre au sein du système des Nations unies devient de plus en plus évident. Il s’agit d’un problème systémique qui ne peut être résolu en un clin d’œil.
La Russie continue de soutenir l’idée d’une réforme équitable des Nations unies, mais une telle réforme est impossible sans un consensus interne qui est difficile à obtenir aujourd’hui. Permettez-moi de réaffirmer que nous prônons sans relâche une structure des Nations unies qui reflète pleinement la diversité du monde, dans laquelle les pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et du Moyen-Orient joueraient un rôle bien plus important au sein de l’Organisation. Par ailleurs, il est essentiel de reconnaître que la réforme de l’ONU va bien au-delà du simple élargissement du Conseil de sécurité ou de l’adoption d’autres mesures visant à assurer une représentation géographique plus équilibrée au sein des instances dirigeantes internationales. Elle implique également de redéfinir la substance même de l’Organisation, ses priorités, y compris celles de demain – d’autant plus que les changements mondiaux font apparaître toute une série de nouveaux dilemmes qui n’existaient tout simplement pas auparavant.
L’exemple le plus évident est celui de l’intelligence artificielle – une technologie avec laquelle nous devons tous apprendre à vivre et à travailler. Comment son développement rapide affectera-t-il les capacités intellectuelles de l’humanité, ou son patrimoine spirituel et culturel ? Ce n’est pas un hasard si le concept de « numérisation consciente » fait actuellement l’objet de débats. Cela signifie refuser l’intégration incontrôlée de telles technologies dans des domaines qui ont toujours été vitaux et sensibles pour le développement moral de l’être humain. En effet, les implications sociales et humanitaires de la diffusion de l’intelligence artificielle sont actuellement examinées de manière encore plus attentive et approfondie que ses aspects techniques ou économiques. Les experts expriment de plus en plus leur inquiétude quant au fait que la prolifération de l’intelligence artificielle pourrait représenter une nouvelle tentative de réduire chacun à un dénominateur commun, en le dépouillant de son individualité – cette fois par le biais d’algorithmes configurés par d’autres. Un tel totalitarisme numérique serait tout autant une impasse, tout aussi sombre et inhumain, que les sociétés totalitaires du passé que nous connaissons tous.
Il existe une autre question importante, qui se pose déjà aujourd’hui et qui deviendra encore plus pressante dans un avenir proche : comment les États, confrontés à une numérisation de plus en plus étendue, peuvent-ils garantir leur souveraineté dans ce domaine ? En d’autres termes, comment peuvent-ils préserver leur sécurité et leur identité propre sans s’isoler du progrès mondial ni prendre de retard dans le développement technologique ?
Un autre domaine dans lequel la science et la technologie transforment radicalement le monde est la capacité des êtres humains à s’immiscer profondément dans ce qui était auparavant considéré comme le domaine du Créateur : les modifications génétiques du corps, le façonnement de la personnalité, la programmation du comportement humain et même de la pensée elle-même. Il est essentiel que les pays et les communautés unissent leurs efforts pour trouver ensemble des solutions mutuellement acceptables à ces questions extrêmement délicates, déterminantes et véritablement existentielles.
Il serait logique de mener ce travail au sein des cadres internationaux existants. Or, comme je l’ai déjà souligné, bon nombre de ces organisations subissent une influence excessive de la part des pays occidentaux, qui ne s’intéressent pas au progrès universel, mais uniquement au maintien de leur propre pouvoir. Les institutions qui fonctionnaient bien après la Seconde Guerre mondiale ne reflètent plus la réalité du deuxième quart de ce siècle. Est-il possible de les réformer avec succès afin qu’elles s’adaptent aux réalités modernes ? La question reste ouverte.
De nouvelles communautés internationales émergent également, nées de la situation internationale actuelle. Bien sûr, elles offrent de grandes perspectives, qu’il s’agisse d’associations régionales ou de structures mondiales telles que les BRICS. Cependant, il faut admettre qu’elles ont toutes encore beaucoup de travail à accomplir pour définir leur fonctionnement, les domaines d’application optimaux et les limites de leurs propres capacités. Bien sûr, on ne peut guère s’attendre à ce que des organisations relativement récentes remodèlent rapidement l’ordre mondial et construisent une architecture multipolaire ; c’est un chemin long et semé d’embûches, comportant de nombreuses inconnues, mais qui mènera sans aucun doute à des résultats.
Cela signifie-t-il que nous sommes désormais condamnés au chaos ? Non, il est certainement prématuré de porter un tel jugement. D’une manière générale, un monde régi par des normes clairement définies et par les institutions qui les font respecter – un monde ordonné, pour ainsi dire – est une invention récente, qui n’est apparue qu’au cours du siècle dernier. Tous les siècles précédents s’en sont passés. Comme nous le savons, les résultats ont été mitigés, c’est le moins qu’on puisse dire : l’arrogance, l’envie et la cupidité ont toujours miné la politique mondiale, et elles sont toujours présentes aujourd’hui.
Néanmoins, les puissances responsables se sont toujours livré à une concurrence d’une manière ou d’une autre, mais elles ont également travaillé ensemble, collaboré pour établir des cadres régissant leurs relations entre elles et avec les petits États, et, en règle générale, ont toujours cherché à maintenir la stabilité.
Dans le contexte de la crise actuelle des institutions et de l’érosion du droit international, les grandes puissances assument une responsabilité énorme, à la mesure de leurs immenses capacités. Ces États ont le pouvoir de prendre des mesures susceptibles d’inverser les tendances mondiales vers davantage de prévisibilité et de sécurité ou, à l’inverse, d’exacerber tous les problèmes existants. Ce pouvoir est décuplé par les technologies innovantes que j’ai mentionnées précédemment. Il est clair que l’avenir du monde et de chaque individu dépend de l’efficacité avec laquelle les risques seront gérés en cette période de changements brusques.
L’absence de règles universellement reconnues et d’une conception commune du principe d’une sécurité égale et indivisible – voire l’abandon pur et simple de ce principe – encourage souvent les comportements égoïstes. Dans certains cas, cela se traduit par des tentatives agressives visant à s’assurer des avantages unilatéraux, à aggraver la confusion et à en tirer parti pour promouvoir ses propres intérêts. La politique internationale en fournit des exemples presque quotidiennement. Tous les tabous imaginables et inimaginables sont bafoués. Je ne vais pas les passer en revue maintenant. Je pense que chacun dans cette salle comprend parfaitement de quoi je parle. Je suis profondément convaincu qu’un domaine aussi complexe que les relations internationales exige néanmoins de la prudence et le respect non seulement des lois établies, mais aussi, comme le disent les juristes, du droit coutumier, c’est-à-dire non seulement de la lettre mais aussi de l’esprit de la loi, ainsi que des pratiques établies et universellement reconnues.
Les contraintes morales et éthiques ainsi que les normes élémentaires de décence ont toujours leur importance, car leur respect offre au moins la possibilité de maintenir une forme de dialogue. À l’inverse, le non-respect systématique des engagements, la tromperie, la transformation de la communication en une farce et de toute discussion de fond en un exercice de propagande, ainsi que la moquerie et la déformation flagrantes des faits au nom de gains éphémères détruisent les fondements mêmes de la coexistence internationale.
Une telle approche, si l’on peut dire, de la conduite des affaires internationales est imprudente et dangereuse. Un gain temporaire obtenu de cette manière peut se transformer en revers à long terme et, surtout, aggraver la situation pour tout le monde, car l’interdépendance du monde est une réalité qui n’est pas près de disparaître. Le principe de la « loi du plus fort » semble parfois guider certains acteurs internationaux convaincus de leur propre exceptionnalisme militaro-politique, économique et, selon eux, moral. L’histoire nous a parfaitement appris que cela ne finit jamais bien.
A suivre
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